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il y a une vie après la prison

Remember et sa "marraine" Dume: bien décidé à s'en sortir. swissinfo.ch

Derrière la Colombie, l'Afrique du Sud détient le triste record du monde de la criminalité. Soutenue par la Suisse, une ONG travaille à la réinsertion des délinquants.

Este contenido fue publicado el 15 noviembre 2006 - 11:12

Baptisée NICRO, cette organisation bientôt centenaire prend en charge ces jeunes gens avant leur sortie de prison et s'assure qu'ils retrouvent une place dans leur famille et dans la société.

Pietermaritzburg, nom afrikaans, cité anglaise. Avec ses avenues plantées d'arbres, ses maisons élégantes, son "Town Hall" et ses églises de brique rouge, difficile de croire que la capitale du KwaZulu Natal connaît un taux de criminalité comparable au reste du pays.

Mais que l'on s'éloigne un peu du centre et on passe vite à des couleurs plus africaines. C'est là, dans un petit pavillon décati, que vit un jeune homme de 20 ans, timide et filiforme, qui préfère ne s'appeler que «Remember».

Un malheur tellement banal

Comme «souviens-toi». Des années de galère, que ce nom sera un jour celui du chanteur de rap que tu veux devenir.

Abandonné par son père, élevé par sa tante entre deux cousins irascibles et chouchoutés, le garçon à qui on ne donne rien d'autre qu'une couverture pour dormir à même le sol va chercher dehors ce qu'il ne trouve pas à la maison.

A 13 ans, on le place dans un foyer. Il en sort trois ans plus tard pour retrouver la rue, la fausse solidarité de la bande et le réconfort illusoire des drogues et de l'alcool. Ici, même si on n'en a pas les moyens, il faut paraître. Il vole un short Nike, qui lui vaut son premier mois de prison.

A sa sortie, avec deux potes, il s'introduit par la fenêtre d'un bureau pour y dérober... un réchaud et un fer à repasser. Police, tribunal et nouvelle

condamnation. Pour trois ans cette fois. Amnistié, il n'y passera "que" 16 mois.

Remember n'est pas un "dur", contrairement à 55% des 157'000 détenus d'Afrique du Sud, condamnés ou en attente de l'être pour des agressions violentes (du vol à main armée au meurtre). Son histoire, c'est juste un drame ordinaire de la pauvreté, intolérable lorsqu'on est jeune et qu'on vit au milieu des signes extérieurs de richesse.

«Les incitations à consommer sont devenues si nombreuses, explique Irene Dugmore, directrice régionale de NICRO. Tout le monde veut le portable, les belles fringues ou le MP3 que l'on voit à la télévision, dans les pubs ou dans les boutiques

devant les vitrines desquelles la plupart des gens ne peuvent que rêver. Et pas mal de jeunes volent aussi pour faire un cadeau à leur petite amie, de peur qu'elle ne les quitte».

Sans oublier la dot, sans laquelle un homme ne trouvera jamais à se marier. «Un vrai désastre culturel», soupire Irene.

Suffisamment fort

Des durs, Remember va en croiser en prison. «Si tu ne fais pas partie d'une bande, tu te fais régulièrement bastonner», raconte le jeune homme. Ainsi, quand il entend parler de "Tough enough" (suffisamment fort), le programme de réinsertion de NICRO, il n'hésite pas longtemps.

Le travail commence dans la prison. En groupe ou individuellement, on apprend aux détenus à prendre conscience de leurs erreurs, à regagner une estime d'eux-mêmes, à élaborer un plan de vie.

NICRO encourage les vocations artisanales ou artistiques et organise chaque année des expositions et un concours national.

Les œuvres présentées y sont tantôt sombres comme l'univers carcéral, tantôt lumineuses comme l'espoir d'une vie meilleure.

Cette vie d'après la sortie, NICRO en balise le terrain. Ses assistants vont discuter avec les victimes, avec la famille et avec la communauté dans laquelle l'ex-détenu va devoir se réinsérer.

C'est ainsi que Remember a pu rentrer chez une autre de ses tantes, dont la famille semble s'être plus ou moins faite à sa présence. Et comme pas mal de ses semblables, il a repris le chemin de l'école.

Dume, sa jeune assistante de NICRO va continuer à le suivre pendant une année. «Très peu de nos clients rechutent» affirme Irene, même si NICRO ne tient pas de statistiques et n'a évidemment pas les moyens de s'occuper de tout le monde.

Chanteur ou plombier

Remember travaille le chant le soir dans sa chambre. Ce qui l'attire dans le rap, c'est d'abord la musique. Il n'est pas dupe sur le

monde doré et clinquant qui s'affiche dans les clips vidéo. Mais qui sait? Avant lui Zuko Mgudlwa, ancien client de NICRO, a obtenu un joli succès avec son premier album.

Et s'il ne peut pas être chanteur, il sera plombier.

En attendant, il doit aller à l'école. En sandales. Toujours cette maudite pauvreté... «Comment pouvez-vous parler de qualité de vie quand un écolier n'a même pas une paire de chaussures ?», soupire Irene.

swissinfo, Marc-André Miserez à Pietermaritzburg, KwaZulu Natal

Contexto

- Sur 9 millions de francs suisses d'aide annuelle à l'Afrique australe, la DDC consacre 400'000 francs au programme "Tough enough" de NICRO, qui fonctionne sur un budget annuel de 560'000 francs.

- Cette mission entre dans les orientations de la DDC, dont un des axes en matière de coopération est de favoriser l'accès à l'éducation et à la culture pour les groupes les plus défavorisés.

- Fondée en 1910, l'Association d'aide aux prisonniers d'Afrique du Sud est devenue NICRO en 1970. Elle est active dans les neuf provinces du pays et emploie 240 permanents et quelque 600 bénévoles.

- Ses missions: réinsertion des anciens détenus, soutien aux victimes et octroi de micro crédits à ceux qui veulent démarrer un projet professionnel.

- Chaque année, elle prend en charge quelque 1000 «clients» âgés de 18 à 25 ans. Elle ne communique pas son taux de réussite, mais le qualifie d'«élevé», dans un pays où 75% au moins des prisonniers libérés récidivent.

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Datos clave

A fin 2005, les geôles d'Afrique du Sud accueillaient 157'402 détenus, dont 87'256 accusés d'agressions violentes (meurtres et homicides compris) Les conditions y sont très dures et on y attrape facilement le sida.
Selon les statistiques de la police, le pays a été en 2005 le théâtre de 18'793 meurtres, 24'516 tentatives de meurtre, plus de 620'000 autres agressions, 55'114 viols et près de 1,7 millions d'autres délits.
Ces chiffres, quoiqu'impressionnants, sont néanmoins en baisse régulière depuis quelques années.

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