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Zurich et Bâle mettent la main au porte-monnaie

Zurich s’efforce de sauver son aéroport, avec sa fonction de plaque-tournante intercontinentale. Keystone Archive

En annonçant 300 millions pour soutenir Crossair, Zurich montre la voie pour les cantons dotés d'un aéroport. Bâle lui emboîte le pas. Genève attend.

Ce contenu a été publié le 22 octobre 2001 - 20:34

«Le canton de Zurich est depuis un demi-siècle étroitement associé au transport aérien suisse, pour le meilleur et pour le pire. Aujourd'hui nous vivons le pire». Le conseiller d'Etat Ruedi Jeker n'a guère cherché à embellir la situation, en ouvrant lundi le débat consacré par le Parlement cantonal au dossier Swissair.

Pour le responsable zurichois de l'économie, qui s'est appliqué à rappeler la chronique de l'effondrement de Swissair, les événements de ces dernières semaines ont même parfois pris «les dimensions d'un tragédie antique».

Sa conclusion: «le canton de Zurich ne peut pas rester les bras croisés», alors que la Confédération et les milieux économiques s'efforcent de trouver une solution.

Plaque-tournante intercontinentale

Le gouvernement zurichois est donc prêt à investir dans la nouvelle Crossair. Le montant: 300 millions de francs, qui devront bien sûr recevoir l'assentiment des députés. «A quoi servirait l'infrastructure d'un hub sans une compagnie aérienne pour l'utiliser?», fait remarquer Ruedi Jeker.

Car c'est bien son aéroport, avec sa fonction de plaque-tournante intercontinentale, que Zurich s'efforce de sauver. «Il ne s'agit pas ici de la restructuration d'un groupe ou d'une entreprise, explique Ruedi Jeker. Il s'agit d'un système de transport public, d'un service de base pour notre pays et pour la place économique zurichoise.»

Avaler la pilule

Ainsi, le Conseil d'Etat propose, en plus des 300 millions destinés à Crossair, de soutenir la société qui gère l'aéroport de Zurich, par le biais d'un cautionnement qui pourrait aller jusqu'à 100 millions de francs.

But de la manœuvre: permettre à Unique de sauvegarder certaines opérations indispensables au fonctionnement de l'aéroport, jusque-là assurées par certaines sociétés du groupe Swissair.

Là encore, il reviendra au Parlement cantonal de se prononcer. Tant les socialistes que les démocrates-chrétiens ont salué le plan du gouvernement.

Pour la socialiste Dorothee Jaun, qui au passage a dénoncé la responsabilité des radicaux dans cette affaire, «il est indispensable d'avaler la pilule», afin de sauver des milliers d'emplois et de préserver le développement économique du canton.

Opposition de l'UDC

Les radicaux, justement, offrent un soutient plus mesuré à la proposition, présentée pourtant par l'un de leurs conseillers d'Etat. Le chef de leur groupe, Balz Hösly, a souligné la nécessité de soutenir l'aéroport, qualifié de «moteur économique». Mais il s'est montré plutôt sceptique quant à un engagement du canton dans la nouvelle Crossair.

«Nous ne voulons pas d'une compagnie aérienne étatique», a martelé Balz Hösly. Du côté de l'Union démocratique du centre, l'opposition est claire et nette. «Une compagnie aérienne qui ne devrait son existence qu'aux subventions de l'Etat ne serait pas à même de survivre», a déclaré le chef du groupe UDC, Ernst Schibli. Quant aux Verts, ils refusent eux aussi l'idée d'un investissement dans la nouvelle compagnie.

La ville et le canton de Bâle s'engagent aussi

Les millions du canton ne sont donc pas encore dans la poche de Crossair. La ville de Zurich devrait également participer au capital de la nouvelle société. L'exécutif municipal a signalé lundi qu'il comptait investir au moins 50 millions de francs.

Parmi les autres cantons dotés d'un aéroport, Bâle a également bougé. Les gouvernements des deux demi-cantons se sont réunis dimanche. Bâle-Ville est prêt à investir 26 millions de francs, Bâle-Campagne 5 millions, dans la nouvelle compagnie aérienne.

Genève attend

Le canton de Genève, lui, souhaite plus d'information concernant la nouvelle compagnie aérienne, avant de s'engager. Réuni lundi en séance extraordinaire, le Conseil d'Etat a, en particulier, demandé des garanties pour l'aéroport international de Genève, soulignant que le projet actuel concentre les vols long-courriers à Zurich.

Le gouvernement cantonal attend également un business plan qui indique clairement les chances de réussite de la nouvelle société. Le Conseil d'Etat veut enfin connaître le montant de l'ensemble des participations fédérales, cantonales et privées, avant de lui-même se prononcer.

Pierre Gobet avec Frédéric Burnand

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