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Zurich: demandeurs d'asile récalcitrants à part

80% des demandeurs d'asile placés à part sont des dealers, affirment les autorités zurichoises. Keystone Archive

Le canton de Zurich est le seul à disposer d’une structure séparée pour requérants d’asile à problèmes. 100 places sont disponibles.

Ce contenu a été publié le 05 septembre 2003 - 08:25

Le canton a rassuré ses communes jeudi: elles ne devront pas passer à la caisse en cas de nouvelles économies fédérales.

Le canton de Zurich a voulu organiser une grande «journée de l’asile». Démonstration du fonctionnement des procédures et des centres d’accueil, puis bilan et perspectives de la responsable politique du dossier étaient au menu.

La journée a commencé là où toutes les demandes sont triées, au centre de placement des demandeurs d’asile.

Elle s’est poursuivie non loin d’une piste d’aéroport. C’est en effet à côté de Kloten, à Rümlang, que le canton a installé un de ces deux centres pour requérants récalcitrants, une structure unique en Suisse.

Sous les avions

«Le centre a été installé ici pour offrir en même temps une préparation au retour», a déclaré, pince-sans-rire, Eric Jaun, directeur de l’organisation ORS, qui, dans le canton de Zurich, gère une partie des centres d’accueil pour requérants d’asile.

La préparation en question – qui existe de façon officielle dans les mesures de soutien du canton – n’est ici, à Rümlang, qu’un assourdissant bruit d’avions qui décollent ou qui se posent à une cadence soutenue en cette fin de matinée.

Nous sommes justes à côté de la prison de l’aéroport où sont détenues les personnes avant leur expulsion du pays. En service depuis fin 1999, les trois containers formant le centre sont la deuxième unité de ce type, l’autre étant situé en ville de Zurich.

Au total, deux fois cinquante places sont à disposition. «Mais il ne faut pas en conclure que les requérants posent tous des problèmes: nous avons au total plus de 13’000 personnes relevant de l’asile», souligne Ruedi Hofstetter, chef du service social cantonal.

Majorité de trafiquants

Qu’ont fait ces 100 personnes, des hommes pour la plupart, pour être placées là? «Ils ont enfreint les règlements des centres où ils se trouvaient à plusieurs reprises, ou se sont montrés violents, ou encore se sont opposés au renvoi», énumère Eric Jaun.

La directrice du centre de Rümlang, Liliane Beck, précise: «80% d’entre eux sont des dealers. Le but est de les empêcher de trafiquer dans les centres ordinaires. Pour éviter que le trafic ne se déplace dans nos murs, nous fouillons les chambres régulièrement.»

En cas de problèmes, les neuf employés du centre peuvent décréter une interdiction du centre, ou appeler la police. «Nous le faisons systématiquement en cas de menace, que nous ne tolérons sous aucun prétexte», explique Eric Jaun.

Les containers de Rümlang n’ont en tout cas rien d’idyllique. Les chambres à deux lits sont petites et seul un petit chauffage d’appoint est prévu pour les froides journées.

«C’est amplement suffisant: en hiver, c’est un sauna, car les Africains montent le chauffage jusqu’à 30 degrés», rigole Liliane Beck.

Service «minimum»

En moyenne, les «récalcitrants» restent cinq mois avant d’être réintégrés, quand tout va bien, dans les structures normales.

Mais ce jeune Sierra Léonais affirme être là depuis deux ans, avec des allers-retours. La police l’a interdit de centre-ville à Zurich, dit-il, comme elle en a le droit avec les dealers – ce que le jeune homme nie formellement.

Dans le jargon officiel, les deux centres sont des «centres minimaux». Les prestations y sont réduites: les cours d’allemand ne sont pas obligatoires, comme dans les centres d’accueil, et les animations y sont moins nombreuses.

Argent de poche réduit

Les 16,66 francs mis à disposition par la Confédération pour la prise en charge quotidienne de base sont aussi répartis autrement, par le canton.

Ainsi, les «récalcitrants» reçoivent 8,50 francs pour leur alimentation, au lieu de 9,50 dans un centre d’accueil, deux francs d’argent de poche au lieu de trois.

Les centres «minimaux» sont pour l’heure uniques en Suisse. Contrairement aux projets d’«internement» réclamés par certains cantons, les pensionnaires zurichois sont libres de sortir.

swissinfo, Ariane Gigon Bormann, Zurich

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