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Vision solaire pour le lac Léman

Le projet Hope I à quelque chose d'utopique. swissinfo.ch

Hope I: c'est le nom d´un projet un peu fou qui prévoit d´installer sur l´eau, entre Lausanne et Evian, la plus grande centrale solaire du monde. Son but: produire de l´énergie, mais servir aussi d´attraction touristique et de vitrine technologique.

Ce contenu a été publié le 08 décembre 2000 - 20:04

Une grosse fleur posée sur le lac. C'est la vision présentée ce vendredi bien loin des rives du Léman, dans la région zurichoise, par les initiateurs de Hope I. Cela donne, en termes plus techniques, une centrale solaire s'étirant sur pas moins de 5,5 kilomètres carrés, d'une puissance de 550 mégawatt - comparable donc à une centrale nucléaire.

Cela devrait permettre de produire un kilowattheure pour un prix situé entre 12 et 15 centimes. Mais la centrale aurait aussi une fonction touristique et culturelle, avec un auditorium de 5000 places. Elle jouerait également le rôle de plate-forme de développement et de transfert en matière technologique. Une sorte de capitale mondiale du solaire.

L'idée a germé dans la tête de Kurt Müller, un conseiller d'entreprises, basé dans le canton d'Argovie, qui revendique l'aspect pionnier de son projet: «Les Suisses jouissent du plus haut degré de prospérité du monde. Nous devons montrer l'exemple, montrer à l'humanité que nous voulons une prospérité qui soit plus propre et qui ne détruise pas ce qui a été créé.»

Pour passer de cette vision à la réalité - la mise en service est prévue pour août 2003 - Kurt Müller et ses associés prévoient un investissement d'un milliard de francs suisses. Avec pour prochain objectif, d'ici au début des travaux au printemps 2002, de réunir un capital-action de 500 millions de francs, la souscription étant ouverte à tous, au prix de 12 francs l'action.

Hope I n'attend aucun soutient de l'Etat - «il est déjà couvert de dette» note Kurt Müller - mais compte sur celui d'investisseurs institutionnels, d'organisations et d'entreprises, voire de grandes compagnies. Des noms? «Je n'ai pour l'instant rien d'écrit», admet Kurt Müller. On n'en saura pas plus.

Et pourquoi donc le lac Léman? Même si ses rives sont réputées pour leur douceur, bien d'autres régions du monde sont mieux ensoleillées. «On peut retourner la question, répond Jürgen Kleinwächter, un physicien allemand, pionnier des technologies solaires et membre du conseil d'administration de Hope I. Si ça fonctionne en Suisse, ça fonctionnera dans le reste du monde.»

C'est la chance aussi d'en faire un projet binational - puisque l'île, entre Lausanne et Evian, sera à cheval entre la France et la Suisse - et même européen. De plus, la présence à Genève de nombreuses organisations internationales faciliterait les transferts de technologies, en particulier vers les pays du Sud.

Par son coût, ses dimensions, son ambition, le projet à quelque chose d'utopique. Mais Kurt Müller n'est pas d'accord: «C'est une vision. Et les anciens Grecs disaient qu'une vision, c'est un coup d'œil sur la réalité de demain». Pour Jürgen Kleinwächter, Hope I est l'occasion d'attirer l'attention du monde entier sur ce qu'il considère comme l'énergie du XXIième siècle, «un symbole de l'ère solaire qui commence».

Pierre Gobet, Zurich

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