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Une visite qui s'achève au jour du cessez-le-feu

Micheline Calmy-Rey dans le tunnel du Mur des lamentations, avec le grand rabbin Shmuel Rabinovitch. Keystone

La ministre suisse des Affaires étrangères Micheline Calmy-Rey a achevé mardi son séjour de six jours en Israël et dans les territoires palestiniens.

Ce contenu a été publié le 08 février 2005 - 18:40

Le même jour, les leaders israéliens et palestiniens réunis dans la ville égyptienne de Charm el-Cheikh ont proclamé solennellement la fin de plus de quatre ans de violences meurtrières.

Pour la dernière journée de sa visite, Micheline Calmy-Rey s'est rendue en matinée au Mur des lamentations à Jérusalem, avant de visiter la ville de Sderot, cible régulière des roquettes palestiniennes.

Recevant la ministre suisse, le maire de Sderot Elie Moyal lui a montré neuf photos d'habitants tués en 2004 par ces tirs. Cette ville de 24’000 habitants se situe à seulement 600 mètres de la localité palestinienne de Beit Hanoun, dans la bande de Gaza.

Le maire a relevé que 600 roquettes artisanales de type Qassam avaient été lancées depuis 2001 sur la ville, qui connaît de surcroît de graves problèmes de chômage en raison d'une forte immigration russe.

Micheline Calmy-Rey a exprimé sa sympathie aux autorités de Sderot. Elle s'est dite attristée du fait qu'en plus des difficultés économiques et sociales, la ville doive faire face à ces attaques meurtrières.

Visite avec le grand rabbin

En matinée, la cheffe de la diplomatie suisse a visité le «tunnel du Mur occidental», tel que le nomment les juifs. Elle était accompagnée par le grand rabbin Shmuel Rabinovitch, responsable du site le plus sacré du judaïsme.

Ce site a fait l'objet de fouilles archéologiques israéliennes dès la fin de la guerre des Six jours en 1967. Le mur constitue le dernier vestige monumental du Temple juif antique.

Le Mur occidental est situé en contrebas de l'Esplanade des mosquées, troisième lieu saint de l'islam. L'inauguration du tunnel en 1996 avait donné lieu à des émeutes meurtrières, les Palestiniens accusant l'Etat hébreu de remettre en cause avec le tunnel le caractère arabe de Jérusalem.

Le Mur reçoit les voeux des fidèles, inscrits sur des petits morceaux de papiers glissés dans ses interstices. Micheline Calmy-Rey s'est pliée à cette coutume et a introduit, elle aussi, un petit billet dans le mur.

Mur, prisonniers et colonies

La ministre a également rendu visite au président de la Cour suprême israélienne Aharon Barak. L'entretien a notamment porté sur le mur érigé par l'Etat hébreu en Cisjordanie, au grand dam des Palestiniens et de la communauté internationale.

L'entourage de Micheline Calmy-Rey n'a pas fourni de détails sur l'entretien, mis à part le fait que le juge a utilisé le terme de «mur» («wall» en anglais), alors que la terminologie officielle israélienne parle de «barrière antiterroriste».

Avec le magistrat, la ministre a également évoqué deux autres sujets controversés, les prisonniers palestiniens détenus par Israël et la question des colonies juives.

Micheline Calmy-Rey a aussi rencontré mardi des représentants israéliens de l'Initiative de Genève, dont l'ancien ministre de la Justice Yossi Beilin. L'entrevue a porté sur l'évolution de la campagne politique de soutien à ce plan de paix issu de la société civile, soutenu par la Suisse mais vivement critiqué par le gouvernement israélien.

Avant de rentrer en Suisse, la cheffe de la diplomatie suisse fera une escale au Caire, où elle rencontrera mercredi son homologue égyptien Ahmed Aboul Gheit.

Un espoir pour la paix

Mardi également, les dirigeants palestinien Mahmoud Abbas et israélien Ariel Sharon ont solennellement proclamé à l’issue du sommet de Charm el-Cheikh la fin de plus de quatre ans de violences meurtrières.

Cette annonce signale dans la pratique l'arrêt de la deuxième intifada (le soulèvement armé palestinien qui avait éclaté en septembre 2000) et des opérations de l'armée israélienne en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

«Le calme que nos territoires connaîtront à partir de ce jour signale le début d'une nouvelle ère, un début pour la paix et l'espoir», a déclaré Mahmoud Abbas.

«Nous espérons qu'à partir d'aujourd'hui commence une nouvelle ère de calme et d'espoir. Nous voulons mener un dialogue sincère et réel», a assuré de son côté Ariel Sharon.

Ces déclarations suscitent l'espoir d'une relance du processus de paix entre Israéliens et Palestiniens, mais des experts des deux bords mettent en garde contre un excès d'optimisme. L'histoire récente de la région est en effet parsemée d'espoirs vite déçus.

Ainsi, moins de deux heures après la fin du sommet, le mouvement islamiste radical palestinien Hamas déclarait de Gaza et de Beyrouth que l’annonce de l'Autorité palestinienne n'engageait qu’elle.

Le Jihad islamique, un autre mouvement radical, estimait quant à lui que le sommet n'avait «rien apporté de nouveau».

swissinfo et les agences

En bref

- Micheline Calmy-Rey, ministre suisse des Affaires étrangères, a achevé mardi une visite de six jours en Israël et dans les Territoires palestiniens.

- Avant de rentrer en Suisse, la cheffe de la diplomatie helvétique rencontrera mercredi au Caire son homologue égyptien Ahmed Aboul Gheit.

- Leurs entretiens porteront notamment sur la déclaration de cessez-le-feu faite samedi à Charm el-Cheikh par le premier ministre israélien et le président de l’Autorité palestinienne.

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