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Une tragédie qui a rapproché deux peuples

Le Palais du parlement à Budapest, habillé pour la circonstance aux couleurs nationales. Keystone

A Budapest, Moritz Leuenberger a rappelé les liens forts qui existent entre les peuples helvétique et magyar depuis 1956, lorsque la Suisse a accueilli 14'000 réfugiés hongrois.

Ce contenu a été publié le 23 octobre 2006 - 19:47

Invité aux cérémonies du 50e anniversaire du soulèvement de Budapest, le président de la Confédération a parlé de la politique européenne de la Suisse devant un auditoire d'étudiants hongrois.

«L'intervention des troupes soviétiques en Hongrie a été une tragédie. Mais l'arrivée et l'intégration en Suisse de milliers de personnes fuyant la répression communiste aura au moins permis à de nombreux Suisses et à de nombreux Hongrois de tisser des liens d'amitié», a dit Moritz Leuenberger lundi à Budapest.

Le président de la Confédération participait aux festivités organisées par les autorités hongroises en mémoire de la révolution du 23 octobre et des victimes de l'intervention soviétique, qui, en un mois, avait mis fin aux espoirs d'indépendance et de démocratie du peuple hongrois.

Un anniversaire tenu dans un climat de tensions et de divisions. Tout en lançant un appel à l'unité nationale, les autorités ont fait disperser une manifestation à coups de canons à eau, de grenades lacrymogènes et de balles en caoutchouc, tandis que le principal parti d'opposition organisait ses propres commémorations.

La cérémonie officielle, tenue le matin dans l'imposant Palais du parlement de Budapest, a réuni de nombreux chefs d'Etat et de gouvernement, notamment de l'Union européenne et des pays qui ont offert l'asile aux quelque 200'000 Hongrois ayant fui à l'étranger il y a 50 ans pour éviter la répression du régime à la solde de Moscou.

A l'époque, dans un mouvement de solidarité sans précédent, la Suisse avait accueilli 14'000 de ces réfugiés.

Une nouvelle ère de sécurité

«En 1956, j'avais dix ans, a rappelé Moritz Leuenberger. Et je me souviens de ma peur de voir un jour les troupes soviétiques aux portes de la Suisse. Je n'arrivais pas à dormir, et mon père, qui cherchait à me rassurer, avait lui aussi bien du mal à cacher sa préoccupation».

«Aujourd'hui, a poursuivi le président de la Confédération, les enfants suisses, comme les enfants hongrois, ne doivent plus avoir peur de la guerre. Le réunification du continent et l'instauration d'un ordre de paix en Europe font partie des acquis politiques fondamentaux, auxquels ont également contribué la résistance et le courage du peuple hongrois».

Moritz Leuenberger a tenu à souligner que ces acquis ne doivent pas pour autant être considérés comme un chose évidente. Il est en effet nécessaire de se battre tous les jours pour maintenir la paix et la démocratie en Europe.

Hommage au photographe de la révolution

Dans l'après-midi, Moritz Leuenberger a participé à l'inauguration du buste de Jean-Pierre Pedrazzini sur la Place de la République de Budapest. Le monument se trouve à quelques mètres de l'endroit où ce grand photographe du magazine Paris Match, d'origine tessinoise, est tombé le 30 octobre 1956, blessé à mort alors qu'il tentait de porter secours à un jeune résistant atteint par les balles des soldats soviétiques.

«Les images prises à Budapest par Jean-Pierre Pedrazzini ont fait le tour du monde, elles sont devenues un morceau de notre mémoire collective. Il a réussi à capter l'âme de cette révolution», a dit Catherine Colonna, ministre française des Affaires européennes.

A la rencontre des jeunes

Moritz Leuenberger, quant à lui, a terminé sa visite à Budapest par une rencontre avec quelques dizaines d'étudiants hongrois de l'Université Andrassy, de langue allemande.

Organisée par Présence Suisse, cette conférence a permis au président de la Confédération de présenter la démocratie helvétique et la politique européenne de la Suisse, qui, même en Hongrie, suscite une certaine curiosité.

«Il y a 30 ans, personne n'aurait pu penser que la Hongrie allaient entrer dans l'Union européenne – surtout avant la Suisse», a relevé Moritz Leuenberger.

«Au lieu de l'adhésion, la Suisse a choisi la voie des accords bilatéraux, a expliqué le président. Pour certains, cette voie permettra d'éviter d'adhérer. Mais pour d'autres, comme moi, elle nous permettra d'entrer un jour dans l'Union. Quand nous aurons trouvé des accords sur tout, il n'y aura en effet plus d'obstacle à l'adhésion».

swissinfo, Armando Mombelli à Budapest
(Traduction de l'italien: Marc-André Miserez)

En bref

Le 23 octobre 1956 à Budapest, une manifestation estudiantine s'est transformé en quelques heures en une immense marche de protestation contre le régime communiste, auquel avaient adhéré des centaines de milliers de Hongrois.

Le 24 octobre, la population d'autres villes est descendue dans la rue pour réclamer la liberté de la presse et d'opinion, des élections libres et l'indépendance vis-à-vis de l'Union soviétique.

Le 4 novembre, les troupes soviétiques ont écrasé dans le sang la révolte. Pendant ces événements d'une dizaine de jours, 2600 Hongrois ont été tués. Des milliers d'autres ont été emprisonnés et des centaines exécutés.

De novembre à décembre, 200'000 hongrois ont fui vers l'Europe occidentale. La Suisse en a accueilli environ 14'000.

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Faits

Environ 4000 personnes de nationalité hongroise vivent actuellement en Suisse.
Quelque 1600 Suisses résident en Hongrie. La grande majorité sont d'anciens réfugiés hongrois retournés dans leur pays à la retraite.

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