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Une solution suisse pour la sécurité autour du G8

Les autorités genevoises craignent les débordements lors de la manifestation anti-G8. Keystone Archive

Le gouvernement refuse l'engagement de policiers allemands durant le Sommet du G8 à Evian. Il n'exclut pas des forces cantonales supplémentaires.

Ce contenu a été publié le 09 mai 2003 - 16:31

Le canton de Genève doit réexaminer les modalités de la manifestation prévue le 1er juin.

La manifestation anti-G8 aura bien lieu, comme il était prévu, le 1er juin prochain à Genève. Réunis en session extraordinaire, les députés du législatif du canton de Genève ont en effet rejeté les propositions du Parti libéral et de l'Union démocratique du centre (UDC) qui demandaient l'interdiction du rassemblement.

Le Grand Conseil genevois a en revanche adopté une motion de la gauche réaffirmant la vocation internationale de la ville du bout du lac.

Pour sa part, la conseillère d'Etat Micheline Spoerri, responsable du Département cantonal de justice et police, a déclaré que le gouvernement genevois prendrait ses responsabilités.

Suite au refus de la Confédération de demander des renforts à l'Allemagne, les autorités genevoises envisagent de limiter le périmètre de la manifestation et de renforcer le service d'ordre au centre-ville.

Effectifs revus à la baisse

Le canton de Genève demandait 1'500 hommes de plus pour assurer la sécurité lors de la manifestation anti-G8. Il en obtiendra 720, envoyés par les polices cantonales.

Il pourrait en obtenir davantage, si les cantons et les villes du pays parviennent à dégager des forces supplémentaires. C'est du moins le souhait, exprimé vendredi, par la Confédération.

Eviter de tenir la réputation

Le message du gouvernement suisse est clair et net. Il n'est pas question de solliciter l'aide des polices allemandes, comme le demande Genève. Le Conseil fédéral craint que cela nuise à la réputation internationale de la Suisse et de Genève.

La Suisse serait jugée incapable d'assurer la sécurité de manifestations de grande ampleur, explique la ministre des Affaires étrangères, Micheline Calmy-Rey.

Cela dit, l'engagement sur sol suisse de policiers allemands n'aurait pas été une première. Puisque lors du dernier World Economic Forum de Davos, les forces de l'ordre bavaroises et du Bade-Wurtemberg ont envoyé à Coire six camions à eau et une cinquantaine d'hommes.

Peter Arbenz sur le front

Sa décision de vendredi, le gouvernement l'assortit de deux volets. D'abord, il charge l'ex-«Monsieur Réfugiés» Peter Arbenz de mener le dialogue pour éviter que la manifestation du 1er juin ne dégénère.

Mais surtout, Berne invite les autorités genevoises à mieux cerner les risques et à réexaminer l'ampleur de la manifestation du 1er juin, en marge du Sommet d'Evian.

En clair, le gouvernement genevois est prié d'adapter la manifestation aux moyens de police dont il dispose.

USIS renaît de ses cendres

Au-delà de la décision de vendredi, c'est l'idée d'une réorganisation des forces de l'ordre, voire d'une centralisation qui ressurgit devant la difficulté de mobiliser suffisamment de policiers.

D'autant que la Suisse accueille en décembre prochain le Sommet mondial sur la Société de la communication. Et un mois plus tard le World Economic Forum.

USIS, le dernier projet de réorganisation en date, ressort des tiroirs pour être discuté au plus haut niveau de l'Etat. Il prévoyait à l'origine la création d'un corps de police de 1000 hommes formés à la sécurité des sommets internationaux.

Mais il est confronté à plusieurs écueils. Le mauvais état des finances fédérales d'abord, mais aussi le tabou du contrôle cantonal sur les polices, et la crise des vocations policières.

Dans le journal Le Temps, le président de la Conférence des directeurs des départements cantonaux de justice et police se montre optimiste pour l'avenir d'USIS. Mais Jörg Schild estime que la centralisation n'est pas utile hors du terrain de l'investigation pénale.

Selon lui, les solutions de police existent sur le plan national même devant une situation extrême comme celle du G8. Il annonce du reste que son canton, Bâle, pourrait envoyer 90 policiers à Genève.

Ces policiers viendraient s'ajouter aux 720 hommes - et non 800 comme promis au départ - prêtés par les autres cantons.

swissinfo, Pierre-François Besson

Faits

Le sommet du G8 se tiendra du 1er au 3 juin à Evian, à proximité de la frontière suisse.
Les autorités des trois cantons riverains craignent des débordements lors de la manifestation des anti-G8 le 1er juin à Genève.
Environ 10 000 hommes sont prévus pour assurer la sécurité.
Parmi eux: 5600 soldats suisses. Le solde sera composé de policiers.

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