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Une oasis fleurie au cœur de Budapest

Martin Aeschlimann et Katja Schläfli dans leur magasin de Budapest. swissinfo.ch

Partis il y a quatre ans pour la Hongrie, Katja Schläfli et Martin Aeschlimann sont devenus un exemple d'une émigration réussie.

Ce contenu a été publié le 04 décembre 2006 - 10:20

Les deux jeunes Bernois ont ouvert à Budapest un magasin de fleurs qui est devenu leur lieu de travail, leur maison, leur petite oasis au milieu de la capitale hongroise.

«Nous ne savions strictement rien de la Hongrie. Nous n'avions pas d'amis à Budapest. Nous ne savions pas non plus où trouver des fleurs. Et, de plus, nous ne savions même pas dire 'fleur' en hongrois», racontent Katja Schläfli et Martin Aeschlimann.

Mais les deux jeunes Suisses ne se sont pas découragés pour autant. Il y a quatre ans, quasiment sur un coup de tête, ils ont décidé d'abandonner le confort et la sécurité de la Suisse pour défier le sort en Hongrie.

Depuis lors, ils ont non seulement appris à dire «fleur» en hongrois, mais ouvert un magasin au centre de Budapest, qui est rapidement devenu «le» fleuriste de la métropole hongroise.

Terre inconnue

Katja Schläfli et Martin Aeschlimann sont nés et ont grandi dans le canton de Berne. Elle, un diplôme de fleuriste en poche, a travaillé dans plusieurs magasins en Suisse. Lui, jardinier diplômé, a fait ses premières armes dans l'importation de fleurs.

Et ils vivaient ainsi une vie plutôt tranquille, avec un salaire fixe et sans trop de projets d'avenir. Mais un jour, une de leurs connaissances mariée à un ex-réfugié hongrois leur a fait miroiter cette idée étrange: pourquoi pas ouvrir un commerce de fleurs à Budapest?

«L'idée m'a plu, même si l'Europe centrale nous était totalement étrangère. Je connaissais Vienne. Mais plus à l'est, c'était pour moi une sorte de grand vide», se rappelle Katja Schläfli.

«Nous sommes donc venus visiter Budapest. Nous avons découvert une ville fascinante, en pleine transformation, qui nous a semblé offrir de nouvelles perspectives. Et nous nous sommes dit: 'essayons'!»

Culture de la beauté

Peu de temps après, les deux jeunes gens, qui n'avaient pas 30 ans, s'installaient dans la capitale hongroise. Une ville qui semble faite pour qui aime les fleurs, symboles de la beauté.

«Dès le départ, nous avons eu l'impression qu'il règne une culture de la beauté à Budapest. D'innombrables palais et magnifiques édifices témoignent des splendeurs de la monarchie, malgré la poussière et l'incurie des dernières décennies», déclare Katja Schläfli.

A Budapest, les deux expatriés se sont aussitôt mis en quête d'un lieu adapté pour ouvrir un magasin. «Nous avions mené notre petite étude de marché en arpentant la ville à pied. Jusqu'à ce que nous trouvions ce local», raconte Martin Aeschlimann.

Situé dans un vieil immeuble du centre ville, les deux jeunes Suisses en ont fait l'un des plus beaux magasins de Budapest, grâce à une alchimie réussie d'élégance et de bon goût.

Une formule qui gagne

Mais les débuts n'ont pas été faciles: les Hongrois n'avaient pas encore l'habitude de magasins tels que celui-ci et avaient presque peur d'en franchir le seuil.

«Ici, un produit élégant fait penser que c'est cher. Si nos fleurs leur paraissaient plus chères, c'est parce que nous les exposions d'une autre manière. Nous ne les mettions pas dans des vases de plastique, mais nous cherchions à mettre en valeur leur beauté naturelle», explique Katja Schläfli.

Les deux Bernois ont tenu bon et travaillé dur. Et, en l'espace de deux ans, leur formule a permis à leur magasin de sortir du lot, de se constituer sa clientèle. Aujourd'hui, les affaires marchent rondement: divers produits sont venus s'ajouter aux fleurs et un restaurant a été créé.

«Nous offrons à notre clientèle des produits de qualité, mais aussi un bon service avec, par exemple, un bon accueil. Cela aussi, c'est encore plutôt rare en Hongrie où, en général, on ne salue pas les clients qui entrent dans un magasin», ajoute Katja Schläfli.

Un atout

Les premiers temps, en Hongrie, les nerfs des deux jeunes gens ont été mis à rude épreuve, notamment en raison des lacunes des services publics ou de la fiabilité toute relative de la main d'oeuvre.

«Il faut s'habituer à ces choses-là, sinon on est mal parti. En six mois, on se rend compte si on va surmonter ces problèmes ou non. Il faut apprendre à être plus flexible qu'en Suisse, où tout est toujours bien réglé», affirme Martin Aeschlimann.

Aujourd'hui, tous deux sont contents de leur choix. A Budapest, ils ont trouvé des amis et des gens prêts à les aider, au besoin. Et le magasin est devenu, selon leurs dires, leur petite «oasis» au milieu de la grande ville. Ils s'y sentent si bien qu'ils ne savent pas s'ils reviendront un jour en Suisse.

«Nous ne savons pas si nous retournerons vivre en Suisse. Mais bien sûr la Suisse restera toujours pour nous un atout, si on pense à la mentalité, à l'éducation, à la formation professionnelle que nous y avons reçu», souligne Martin Aeschlimann.

swissinfo, Armando Mombelli, Budapest
(Traduction de l'italien: Isabelle Eichenberger)

Faits

A fin 2005, 634'216 Suisses vivaient à l'étranger, dont 1650 en Hongrie.
Deux tiers des Suisses de l'étranger résident en Europe.
Trois quarts d'entre eux bénéficient de la double nationalité.
105'000 sont inscrits sur les registres électoraux.

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Katja Schläfli et Martin Aeschlimann

Katja Schläfli est née en 1973 à Aarberg, dans le canton de Berne. Après un apprentissage et un diplôme de fleuriste, elle a travaillé chez plusieurs fleuristes en Suisse. Pendant 5 ans, elle a dirigé une boutique à Zurich.

Martin Aeschlimann est né en 1972 dans la même ville. Il a fait un diplôme de jardinier et a aussi travaillé dans le commerce et l'importation de fleurs.

Les deux jeunes Suisses se sont installés en Hongrie en 2002. Ils ont ouvert un magasin de fleurs, puis un restaurant à la Király utca 9, dans le centre historique de Budapest.

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