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Un Suisse sur six avoue ouvertement son antisémitisme

Un sondage montre que l’antisémitisme reste tenace en Suisse. Seize pour cent des Helvètes n’hésitent pas à se déclarer foncièrement hostiles aux Juifs. Ces derniers pourront cependant aussi trouver dans les chiffres des raisons d’espérer.

Ce contenu a été publié le 15 mars 2000 - 18:28

Un sondage montre que l’antisémitisme reste tenace en Suisse. Seize pour cent des Helvètes n’hésitent pas à se déclarer foncièrement hostiles aux Juifs. Ces derniers pourront cependant aussi trouver dans les chiffres des raisons d’espérer.

Publié mercredi, le sondage a été réalisé par l’Institut GfS à la demande de la Coordination intercommunautaire contre l’antisémitisme (CIDAD) et l’American Jewish Committee. Il se base sur les réponses d’un échantillon de 1210 citoyens helvétiques de langue allemande et française.

Outre les seize pour cent de Suisses foncièrement antisémites, le sondage montre que 60 pour cent des citoyens helvétiques peuvent avoir des tendances antisémites selon les thèmes abordés.

Mais le racisme ne se manifeste que peu contre les Juifs en tant que personnes. Ainsi, seuls 8 pour cent des sondés déclarent qu’ils refuseraient d’avoir des Juifs pour voisins. A titre de comparaison, ce pourcentage s’élève à 12 pour cent pour les Noirs, 28 pour cent pour les Arabes et les Turcs et 40 pour cent pour les Albanais du Kosovo.

Pour Brigitte Sion, secrétaire générale de la CIDAD, ces résultats montrent que les Juifs sont bien intégrés en Suisse. En revanche, lorsque ces derniers sont considérés dans leur ensemble, les préjugés sont plus importants.

L’influence supposée des Juifs reste une idée fort répandue. Le nombre de Juifs vivant en Suisse est ainsi largement surestimé. Seuls 6 pour cent des sondés savent qu’il n’y a que 18.000 Juifs domiciliés dans le pays, soit moins d'un pour cent de la population.

Deux autres thèmes liés à l’antisémitisme sont également répandus: 39 pour cent des sondés estiment que les Juifs utilisent le souvenir de la Shoah dans leur intérêt et 32 pour cent les jugent plus loyaux envers Israël qu’envers la Suisse. En revanche l’accusation d’avoir tué Jésus ne fait plus recette. Seuls dix pour cent des sondés accusent encore les Juifs de déicide.

Le débat sur les fonds en déshérence joue bien sûr encore un grand rôle dans le phénomène de l’antisémitisme en Suisse. Deux tiers des sondés estiment que les autorités de l’époque ont eu un comportement justifié et 45 pour cent pensent que la Suisse n’a pas à fournir d’excuses.

Pour Brigitte Sion, le sondage représente une étude importante, car il n’est plus possible désormais de se voiler la face concernant l’existence de l’antisémitisme en Suisse. Mais, si elle juge certaines tendances inquiétantes, d’autres sont plus réjouissantes.

Ainsi, 57 pour cent des sondés pensent que l’antisémitisme est un problème grave, 56 pour cent sont d’accord avec les conclusions du rapport Bergier et 81 pour cent sont favorables à un enseignement de la Shoah à l’école. Autre élément favorable et important selon la secrétaire générale de la CIDAD: chez les jeunes de moins de 25 ans, seuls huit pour cent se déclarent antisémites.

Olivier Pauchard

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