Navigation

Un sadique zoophile défie les campagnes

Les agriculteurs ont été avertis de garder un oeil bien ouvert sur leur troupeau. Keystone

Depuis quelques semaines, le nord-ouest de la Suisse est aux prises avec un sadique qui mutile et torture les animaux domestiques. La police piétine.

Ce contenu a été publié le 29 juillet 2005 - 14:52

Les paysans appellent la population à l'aide mais mettent en garde contre une justice sommaire. Les enquêteurs ont promis une récompense à qui permettrait d'appréhender le suspect.

La dernière de la série de mutilations est particulièrement choquante. Le sadique zoophile a sacrifié un veau dans un champs de Selzach (Soleure).

Selon la police cantonale, la pauvre bête a été mutilée dans ses parties génitales au moyen d'un objet coupant. Elle a succombé à une hémorragie.

A ce jour, l'inconnu a frappé à 30 reprises, torturant et tuant des animaux. Le nombre des cas pourrait toutefois augmenter, ont indiqué les enquêteurs. Le sadique s'en prend aussi à des bêtes qui ne sont pas en troupeau et, à en croire un psychiatre mandaté par les autorités, ces mutilations pourraient avoir une motivation sexuelle.

Les attaques menées dans les cantons de Soleure, Bâle-Campagne et d'Argovie ont visé des vaches, des moutons, des chevaux, des chats et des lapins. Quelques-uns de ces animaux en sont morts.

Une première en Suisse

Mark Rissi, porte-parole de la Protection suisse des animaux (PSA), a expliqué à swissinfo que «de telles atrocités ne se sont jamais vérifiées auparavant en Suisse. Je n'ai jamais entendu parler d'un sadique en série qui s'en prend aux animaux.»

Souvent les sévices de ce genre sont des faits isolés qui touchent surtout des chevaux et des chats. «Nous ne disposons donc d'aucun profil pour identifier l'auteur de tels actes», déplore Mark Rissi.

Pour tâcher d'y voir plus clair, les enquêteurs ont fait appel à un psychiatre. Il s'agit en l'occurrence du docteur Marc Graf, vice-responsable de la section juridique des cliniques psychiatriques universitaires de Bâle.

Selon ce spécialiste, il n'est effectivement pas aisé de tracer un profil de l'auteur de tels gestes. Le docteur Graf estime toutefois qu'il s'agit d'un homme âgé entre 20 et 40 ans, probablement bien intégré dans la société.

Les enquêteurs ont par ailleurs conclu que les sévices et autres mutilations sont le fait d'une personne qui agit seule. Généralement les actes sexuels sur des animaux sont considérés comme quelque chose de honteux et il n'est pas aisé de trouver des complices.

Marc Graf souligne aussi que le sadique pourrait aussi «expérimenter» sur les animaux des phantasmes qu'il souhaiterait vivre avec d'autres êtres humains.

Taille sur le coupable

L'affaire concerne toute la population suisse et la Protection suisse des animaux a promis une récompense d’environ 20’000 francs pour toute information qui permettrait la capture du pervers. «Beaucoup de gens souhaiteraient que nous augmentions le montant de la taille et ont spontanément proposé de créer un fonds à cet effet», explique Mark Rissi.

La PSA met toutefois la population en garde contre les patrouilles privées de surveillance. «Ce n'est pas le rôle des citoyens d'ouvrir une chasse à l'homme.»

Les associations de paysans lancent un SOS

Le comité des associations régionales de paysans a lancé un appel à l'aide à la population, publié mercredi dans son organe de presse Le journal des paysans. Il s'agit de sensibiliser le public afin que des informations utiles puissent être signalées à la police.

Le comité recommande aussi aux agriculteurs de bien surveiller leur bétail et autres animaux domestiques. Ceux-ci doivent alerter leurs voisins, des chasseurs ou autres randonneurs à vélo qui parcourent les campagnes tôt le matin ou tard le soir et pourraient être des témoins oculaires précieux. Les surveillances nocturnes devraient être signalées aux communes.

L'Association des paysans met aussi en garde contre les risques de justice expéditive. Il ne faut pas essayer d'arrêter le sadique à moins d'un cas évident de flagrant délit et il faut être conscient que l'individu peut aussi représenter un danger pour les hommes.

Les mutilations et sévices contre les animaux doivent être prises au sérieux de la même manière que les délits commis contre des êtres humains, exige de son côté la Fondation pour les droits des animaux.

Elle déplore l'attitude des responsables de l'enquête qui ont souvent souligné qu'en fin de compte, les victimes ne sont «que des bêtes.» La Fondation demande enfin que les autorités politiques fassent preuve de plus de volonté dans la conduite de l'enquête et la capture du sadique zoophile.

swissinfo, Urs Maurer
(Traduction/adaptation de l'allemand, Gemma d'Urso)

Faits

Durant ces deux derniers mois, un sadique a torturé environ 30 animaux, provoquant la mort d'une partie d'entre eux.
La police soupçonne qu'un seul auteur agit, mais elle ne dispose d'aucun indice concret.
La population a été appelée à signaler tout évènement suspect aux nr. de téléphone 117 ou 112.
Une récompense de quelque 20'000 francs a été promise pour tout renseignement qui permettrait la capture du coupable.

End of insertion

Cet article a été importé automatiquement de notre ancien site vers le nouveau. Si vous remarquez un problème de visualisation, nous vous prions de nous en excuser et vous engageons à nous le signaler à cette adresse: community-feedback@swissinfo.ch

En conformité avec les normes du JTI

En conformité avec les normes du JTI

Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative

Joignez-vous à la discussion

Partager cet article

Changer le mot de passe

Souhaitez-vous vraiment supprimer votre profil?