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Un sénateur qui se veut à l'écoute des gens

Alain Berset devient président du Conseil des Etats pour douze mois. Keystone

Le sénateur socialiste Alain Berset a été élu lundi à la présidence du Conseil des Etats (sénat) pour une période d'un an. Il s'agit d'une nouvelle étape pour l'un des politiciens romands les plus en vue de la Berne fédérale. swissinfo l'a rencontré.

Ce contenu a été publié le 02 décembre 2008 - 07:21

swissinfo: Le public connaît surtout le président de la Chambre basse, qui est le «premier citoyen de l'Etat». Comment percevez-vous la fonction de président du Conseil des Etats, plus discrète.

Alain Berset: C'est avant tout une fonction de service aux institutions, plus particulièrement à l'institution qu'est le Conseil des Etats. Le président est chargé de diriger les débats, de préparer les travaux et de représenter le Conseil en Suisse et à l'étranger.

Evidemment, c'est aussi un grand honneur et une tâche assez lourde. Il est vrai que cette fonction est un peu plus discrète que celle de président de la Chambre basse, mais ce n'est pas pour me déplaire...

swissinfo: Avec d'autres parlementaires fribourgeois, vous avez crée des «cafés nationaux» où la population peut vous rencontrer à la fin de chaque session parlementaire. Cela veut-il dire que vous tenterez d'être assez proche des gens durant votre présidence?

A. B. : Lorsqu'on fait de la politique au niveau national, cela veut dire qu'on essaie d'organiser la société le mieux possible et de tenir compte des attentes des gens. Pour y parvenir, il faut naturellement être à l'écoute, faire des rencontres et avoir des contacts.

Je fais cela depuis cinq ans dans les «cafés nationaux» où l'on invite la population, afin d'entendre ce que des gens ont à dire et de partager nos expériences. J'entends bien profiter de cette année présidentielle pour développer ces contacts, notamment en Suisse alémanique où ils sont pour l'heure moins nombreux.

swissinfo: A Fribourg, l'évêque Bernard Genoud a aussi instauré ce genre de rencontres dans des cafés. Cela vous a-t-il inspiré?

A. B. : Ecoutez (rires), nous ne sommes pas partis de cet exemple-là, même s'il l'a fait avant nous. Nous avons pris l'exemple d'un parlementaire alémanique qui le faisait dans son canton.

Avec Christian Levrat [député et président du Parti socialiste, NDLR], nous l'avons fait dès notre première session à Berne. Nous avions très à cœur de rencontrer les gens dans ce cadre, de pouvoir entendre leurs avis. C'est en effet ainsi que l'on fait de la politique efficacement, en tentant de retransmettre leurs préoccupations sur le plan fédéral.

swissinfo: Avec Christian Levrat, vous aviez écrit un livre qui plaidait pour un rapprochement entre la gauche et le centre. Vous constatiez en effet un blocage dû à la présence de la droite nationaliste dans le gouvernement. Selon vous, cette situation s'est-elle améliorée depuis l'éviction de Christoph Blocher?

A. B. : Du point de vue des institutions et du fonctionnement du gouvernement, on peut dire que cela va mieux aujourd'hui qu'au cours de la précédente législature. Le gouvernement fonctionne désormais bien, avec le respect de l'avis des uns et des autres, avec une certaine collégialité et avec un certain respect du secret de fonction. Cela permet d'avoir un fonctionnement relativement serein.

swissinfo: L'une de vos caractéristiques, c'est d'être un politicien professionnel, alors que les politiciens suisses assument souvent leur mandat à côté de leur profession.

A. B. : C'est effectivement mon activité principale. Mais au Conseil des Etats, pour peu que l'on veille faire son travail de manière efficace et complète, que l'on veuille avoir de l'influence sur les dossiers, on ne peut pas faire ce travail à temps partiel. Je constate d'ailleurs que, même si tous ne le disent pas, c'est aussi le cas de l'immense majorité de mes collègues sénateurs.

swissinfo: On vous cite souvent comme un ministre potentiel. Pour reprendre une formule désormais célèbre, est-ce que vous y songez en vous rasant le matin?

A. B. : Mais non, absolument pas (gros rires)! Je suis parlementaire fédéral depuis 5 ans; c'est une activité qui me passionne et dans laquelle je mets toute mon énergie.

Pour l'heure, ma préoccupation est de savoir comment remplir cette fonction de président durant l'année à venir, comment faire pour répondre aux attentes de mes collègues. En effet, il y a des attentes relativement importantes sur l'organisation du travail, sur le calendrier, sur le maintien et le développement d'une ambiance particulière au Conseil des Etats.

C'est donc à cela que je pense en me rasant le matin.

swissinfo: On vous a beaucoup entendu ces derniers temps à propos du sauvetage d'UBS. Allez-vous continuer ce combat au cours des prochains mois?

A. B. : Il est clair que comme président, je suis lié à une certaine retenue. Le président doit fonctionner pour l'ensemble du conseil. Il peut faire des appréciations d'ordre institutionnel, donner des avis, mais peut-être avec un peu moins d'engagement que cela n'a été le cas ces derniers mois.

Par contre, je vais continuer à m'engager dans le travail de commission et à suivre les grands dossiers qui m'ont occupé ces derniers mois, notamment la question de la crise économique et financière. Parce que c'est l'un de mes thèmes clefs de réflexion et d'action politique à Berne.

swissinfo: On vous connaît au niveau politique, mais au niveau privé, quelles sont vos grandes passions?

A. B. : Il ne me reste pas beaucoup de temps, mais je veille à en conserver suffisamment pour ma famille. C'est pour moi extrêmement important.

Sinon, cela fait très longtemps que je joue du piano. En amateur évidemment, mais j'aime encore volontiers me mettre au clavier; je trouve cela très reposant et cela me permet de me reposer et de développer une créativité.

Interview swissinfo, Olivier Pauchard

Biographie

Alain Berset est né en 1972 (36 ans). Il est marié et père de trois enfants.

Titulaire d'un doctorat en sciences économiques et d'une licence en sciences politiques, il est économiste de profession.

Au niveau politique, il a exercé son premier mandat comme membre du parlement de son village de Belfaux. De 2000 à 2004, il a également été président du groupe socialiste de l'Assemblée constituante du canton de Fribourg. Elu au Conseil des Etats en 2003, il est vice-président du groupe parlementaire socialiste depuis janvier 2006.

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Le Conseil des Etats (sénat)

Le Conseil des Etats est la Chambre haute du Parlement fédéral suisse. Il assure la représentation des cantons au niveau du Parlement.

Le Conseil des Etats compte 46 membres. Chaque canton a droit à deux conseillers aux Etats, indépendamment de l'importance de sa population. Chaque demi-canton à droit à un représentant.

Les membres du Conseil des Etats sont appelés conseillers aux Etats. On utilise parfois aussi le terme de sénateur.

Lorsqu'ils siègent ensemble, le Conseil des Etats et le Conseil national forment l'Assemblée fédérale.

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