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Un implant contre l'anémie

La capsule, de la taille d'une pièce de cinq centimes, est implantée dans l'avant-bras du malade. www.snf.ch

L'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne vient de tester sur l'homme une thérapie contre l'anémie. Il s'agit d'un implant placé sous la peau qui fabrique de l'EPO.

Ce contenu a été publié le 19 mars 2002 - 20:04

«Avec ce test sur l'homme, nous pouvons parler d'une belle avancée scientifique», lance le docteur William Pralong, chef de projet à L'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL).

La mise au point de cette thérapie a nécessité huit années de recherche. Elle a été financée par le Fonds national suisse pour la recherche scientifique (FNS).

Aujourd'hui, l'implantation de cette capsule sur un patient humain ouvre de nombreuses autres perspectives thérapeutiques.

Aucun risque de rejet

«La capsule, de la taille d'une pièce de cinq centimes, est implantée dans l'avant-bras du malade. L'opération nécessite une simple anesthésie locale», explique le chercheur. Et d'ajouter: «une fois placée, elle n'a plus qu'à faire son travail».

Et pour travailler, la capsule est chargée de près de deux millions de cellules humaines modifiées génétiquement. «Ces cellules vont se disperser dans l'organisme et fabriqueront de l'EPO (érythropoïtéine). Il s'agit d'une hormone, vitale qui manque aux anémiques. Elle permet l'oxygénation du sang».

La dispersion de ces cellules sera régulée grâce à une membrane microscopique située dans la capsule. Cette méthode fonctionne sans encombre. «Après les tests sur les animaux, l'implant sur les patients semble être bien toléré», précise William Pralong.

La preuve: les risques de rejet de l'implant sont quasiment impossible assure le médecin. Car «ces cellules ne peuvent pas provoquer de rejet immunologique».

Un gène-suicide

Quant aux cellules humaines injectées dans l'organisme, via la capsule, elles ne peuvent pas être cancérigènes. «Elles contiennent un gène-suicide qui tuerait la cellule en cas de développement chaotique», précise William Pralong.

Cette thérapie présente de nombreux avantages. D'abord, elle assure un confort inespéré aux patients. Les malades n'auront plus à subir deux ou trois injections d'EPO par jour, comme c'est le cas actuellement.

Mais, surtout, la même technique permettra de soigner d'autres maladies. «Nous pouvons déjà envisager des implants permettant de soigner la maladie de Parkinson, explique le médecin. Mais aussi l'hémophilie ou le diabète».

Car le principe reste toujours le même. Il suffit de définir la substance ou l'hormone que les cellules devront fabriquer.

Succès commercial probable

Cela dit, le propre d'une nouvelle thérapie est d'être, après certification médicale, commercialisée. «Il est évident que cet implant a un avenir commercial à l'échelle planétaire», répond William Pralong. Car de nombreux pays ne peuvent pas se procurer facilement la fameuse EPO.

Cependant, la commercialisation d'un nouveau brevet est, notamment, tributaire de règles liées à la propriété intellectuelle. Dans ce cas, la société AMGEN détient le monopole sur ce gène permettant aux cellules de fabriquer de l'EPO.

Ce qui signifie concrètement que, si la capsule connaît un grand succès commercial, ce ne sont pas les chercheurs, ni ceux qui les financent qui gagneront le plus d'argent. Mais AMGEN.

swissinfo/Jean-Louis Thomas

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