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Un film suisse dénonce les méfaits de l'embargo contre l'Irak

Une femme irakienne avec son enfant mortellement malade dans un hôpital de Bagdad. Keystone

Coproduit par la coopération suisse (DDC) et la télévision suisse italienne, un reportage dénonce les conséquences humaines de l´embargo qui sanctionne l'Irak. Tourné en octobre par un réalisateur tessinois, le film doit sortir à la fin du mois.

Ce contenu a été publié le 10 novembre 2000 - 13:23

«La première séquence du film se passe dans l'Hôpital Saddam. Une mère attend de savoir si son fils atteint de leucémie pourra être soigné. Le manque de médicaments oblige en effet le médecin à choisir entre plusieurs enfants lequel sera soigné», souligne Gianni Padlina, réalisateur tessinois du film.

«La séquence se termine sur le visage désespéré de la mère apprenant que son fils ne sera pas sauvé», précise encore Gianni Padlina qui reste marqué par cette scène, tournée lors d'un voyage d'une dizaine de jours en octobre à Bagdad.

Auteur d'un film précédent sur l'embargo contre Cuba, Gianni Padlina raconte qu'il a été contacté par le patron de la DDC. Walter Fust lui a proposé de tourner un film sur les effets de l'embargo en Irak. Walter Fust lui a également fourni un sésame pour filmer librement au pays de Saddam Hussein. Il s'agit de Hans von Sponeck, ancien coordinateur humanitaire des Nations Unies en Irak.

Hans von Sponeck a démissionné de son poste en février dernier, un peu plus d'une année après la démission de son prédécesseur, Denis Halliday. Hans von Sponeck entendait par ce geste dénoncer les effets du régime de sanction imposé depuis dix ans par l'ONU et l'insuffisance du programme «pétrole contre nourriture» censé les adoucir.

Selon Gianni Padlina, Hans von Sponeck est depuis lors devenu une sorte de héros en Irak. «Nous avons obtenu une interview du Premier ministre Tarek Aziz, alors que des télévisions étrangères l'attendaient depuis des mois», explique le réalisateur tessinois, qui raconte également avoir filmé Hans von Sponeck fustigeant la secrétaire d'Etat américaine Madeleine Albright devant un parlement irakien aux anges.

Le fil rouge du film est une fillette et les affres d'une journée de sa vie. Le but du film, selon Hans von Sponeck, est de montrer comment les enfants d'Irak sont les premières victimes de l'embargo. Une réalité confirmée par un rapport de l'UNICEF publié l'année passée.

Il ne reste plus, dès lors, qu'à attendre la sortie de «why» - titre prévu du film - pour juger s'il ne fait pas preuve d'une certaine complaisance à l'égard du régime irakien. La DDC, qui a déboursé 70 000 francs pour sa réalisation, attend d'ailleurs de visionner le reportage avant une éventuelle distribution, selon Toni Linder, l'un des responsables de la coopération suisse.

Frédéric Burnand

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