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Un armateur suisse mis à l'index

Greenpeace dénonce les conditions dans lesquelles sont démantelés les cargos en Inde ou au Bangladesh. Greenpeace

Une délégation d'ouvriers du Bangladesh et de membres de Greenpeace ont protesté mardi à Genève devant le siège de Mediterranean Shipping Company (MSC).

Ce contenu a été publié le 10 juin 2003 - 18:58

L'armateur suisse est accusé d'avoir envoyé à la casse des bateaux encore contaminés par leurs chargements.

Chaque année, près de 500 bateaux sont démontés sur les plages d'Inde, du Bangladesh, de Chine ou de Turquie. Et cela au mépris de l'environnement et surtout de la santé de ceux qui effectuent cette besogne.

«Dans le monde, près de 100 000 ouvriers vivent de ce travail», explique le porte-parole de Greenpeace Suisse.

«Un travail, a déclaré à swissinfo Matthias Wüthrich, qui est effectué pratiquement à la main, à pieds nus et sans aucune protection contre les résidus de pétrole, d'amiante ou autres produits chimiques.»

«Sur ces chantiers, poursuit l'écologiste, des accidents voire des explosions se produisent quasiment chaque jour.»

Une lacune de la législation



Naturellement, tout ce qui peut être récupéré l'est. Greenpeace ne nie d'ailleurs pas que ce commerce puisse être utile à des pays comme l'Inde ou le Bangladesh.

«Mais, précise à swissinfo Matthias Wüthrich, cela ne doit pas devenir un moyen détourné pour exporter des déchets spéciaux dans ces mêmes pays.»

Ce genre d'exportation vers les pays du Sud est interdit par la Convention de Bâle. Mais le texte de ce traité ne dit rien sur les bateaux qui sont envoyés à la casse.

Les compagnies maritimes profitent de cette lacune. Ce que confirme, en termes à peine voilés, le directeur juridique de Mediterranean Shipping Company (MSC).

«Actuellement, concède Christian Severin, aucune législation ne nous oblige à entrer en matière sur les accusations de Greenpeace.» Et la lacune n'est pas prête d'être comblée.

Et pour cause, selon les écologistes de Greenpeace, ces ventes de vieux bateaux à des ferrailleurs du Sud rapporteraient chaque année plus d'un milliard de dollars aux armateurs.

Une certaine bonne volonté

Mediterranean Shipping Company tient toutefois à faire preuve d'une certaine bonne volonté.

Christian Severin se dit «concerné» par le problème. Il promet que MSC «va s'engager par écrit à inspecter l'ensemble des navires qu'elle enverra à la casse.»

Pour mémoire, le 30 mai, dans le port d'Anvers, Greenpeace avait lancé une action contre l'armateur.

Des militants de l'organisation écologiste avaient occupé le cargo Insa afin d'obtenir sa mise en cale sèche et sa décontamination avant son envoi à la ferraille.

Mardi, à Genève, la direction de MSC a accepté de recevoir une délégation de travailleurs et de militants écologistes. Mieux, elle leur a promis de décontaminer l'Insa.

Plus de 20 porte-conteneurs

«Quoi qu'il en soit, souligne Christian Severin. Notre compagnie n'est pas la plus exposée. Composée de plus de 200 bateaux, notre flotte transporte avant tout des containers.»

Peu importe, pour les militants écologistes, le 2e plus gros transporteur de containers maritime au monde doit prendre ses responsabilités.

Depuis janvier 1999, rappelle Greenpeace, l'armateur MSC aurait fait démolir plus de 20 porte-conteneurs à Alang en Inde. Et cela sans les avoir décontaminés au préalable.

Pour l'organisation écologiste, de telles pratiques sont totalement inacceptables. Et elles doivent cesser immédiatement.

D'autant plus que la prochaine interdiction des pétroliers à simple coque risque de faire littéralement exploser le nombre de bateaux à démanteler durant les prochaines années.

swissinfo, Marc-André Miserez

Faits

Selon Greenpeace, en 2001, on aurait envoyé à la casse:
264 bateaux en Inde, 80 au Bangladesh, 75 en Chine, 22 au Pakistan et 6 dans d'autres pays.
L'organisation écologiste précise qu'elle n'a pas de chiffres sur la Turquie.

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