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UBS joue à quitte ou double en Chine

Manipulée par la pègre, la bourse chinoise est jugée plus aléatoire qu'un casino. Keystone Archive

Depuis mercredi, UBS est la première grande banque étrangère à effectuer des transactions dans la bourse chinoise.

Ce contenu a été publié le 09 juillet 2003 - 16:51

Réservée jusqu’ici aux seuls investisseurs locaux, la bourse chinoise est plus dangereuse qu’un casino.

La Chine a ouvert sa bourse à UBS. Celle qui utilise le yuan, la monnaie locale, pour acheter et vendre des actions du type A, jusqu’alors inaccessibles aux investisseurs étrangers. Sa valeur est estimée à 500 milliards de dollars.

La banque suisse a effectué mercredi les premières transactions pour le compte de ses clients, à la Bourse de Shanghaï, où sont cotées 1.200 entreprises chinoises, a-t-on appris jeudi auprès d’UBS.

Selon l'ATS, les premiers titres achetés par l'UBS ont terminé jeudi en forte hausse, en raison de la demande des investisseurs chinois.

Très risqué

«Si vous regardez la Chine, aujourd’hui, son histoire est remarquable et irrésistible», souligne Rodney Ward.

Le président d’UBS Asia à Hong Kong sait où il met les pieds. «Certes, de nombreuses embûches et difficultés nous attendent. Mais les fondamentaux sont des plus attractifs».

La bourse chinoise est en effet considérée comme plus aléatoire qu’un casino. Elle est manipulée par la pègre. Les entreprises qui y sont cotées ne sont pas les plus performantes du pays.

Le rapport cours/bénéfice annuel de leurs titres est de plus de 40 en moyenne contre 15 à Hong Kong.

«C’est très risqué», reconnaît Yang Liu, une responsable d’Atlantis Investment à Hong Kong.

Un marché attractif

Mais, dit-elle, «j’envisage de passer par UBS pour obtenir des actions de sociétés chinoises que je ne peux pas acheter à Hong Kong. Comme dans les secteurs de la vente au détail, du divertissement, des matières premières».

UBS joue à quitte ou double. La bourse chinoise et ses 1200 titres cotés à Shanghai et à Shenzen est déjà la plus grande d’Asie après celle de Tokyo.

La banque suisse aura un accès privilégié aux entreprises cotées et aux autorités financières chinoises. Mais elle ne sera pas pour autant à l’abri des scandales, des pièges.

Jouer la transparence

«L’entrée de grandes institutions étrangères comme la nôtre dans la bourse chinoise devrait la rendre, à terme, plus transparente. Et son effet sur la gouvernance des entreprises ne manquera pas d’être positif», ajoute Rodney Ward.

Cet avis est partagé par Goldman Sachs, Nomura et Citigroup, ces autres géants de la finance mondiale, qui doivent emboîter le pas à UBS.

Jusqu’ici, la Chine ne leur offrait qu’un nombre limité de titres, ceux du type B, d’une valeur totale de 11 milliards de dollars.

Elle élargit son éventail avec l’espoir de rendre un jour sa bourse aussi transparente que celle de Wall Street.

UBS emploie actuellement, une vingtaine de personnes en Chine, à Shanghaï et Pékin.

Il s'agit de courtiers et d'analystes financiers, dont le but est de couvrir d'ici la fin de l'année une cinquantaine de sociétés chinoises

UBS emploie environ 6% de ses effectifs de 69’000 personnes en Asie.

Dans cette partie du monde, la première banque suisse, qui est aussi le numéro 1 mondial de la gestion de fortune, est présente à Hong Kong, au Japon, en Corée, à Singapour, Taïwan, en Thaïlande, aux Philippines, en Malaisie, en Indonésie, en Inde, en Nouvelle-Zélande et en Australie.


swissinfo, Georges Baumgartner, Tokyo

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