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UBS expose son plan de redressement

Face aux actionnaires, le président d'UBS Peter Kurer s'est montré rassurant. Keystone

Le géant bancaire suisse est en bonne voie de rétablissement, ont assuré jeudi ses dirigeants aux actionnaires réunis à Bâle en assemblée générale extraordinaire. Il devrait même retrouver les chiffres noirs dès le troisième trimestre.

Ce contenu a été publié le 02 octobre 2008 minutes

UBS, qui a perdu près de 50 milliards de francs suisses dans la crise du «subprime» aux Etats-Unis, ne parle plus de dépréciations d'actifs supplémentaires, ni de nouvelles suppressions d'emplois.

Cette troisième assemblée de l'année 2008 avait été convoquée pour annoncer les détails de la nouvelle orientation stratégique de la banque et pour élire quatre nouveaux membres au Conseil d'administration, soit Sally Bott, Rainer-Marc Frey, Bruno Gehrig et William Parrett.

Le président Peter Kurer a affirmé qu'UBS bouclerait le troisième trimestre sur un «faible» excédent de recettes et s'attendait à une année 2009 globalement bénéficiaire.

Selon le successeur de Marcel Ospel, UBS a réussi à se sortir «raisonnablement bien» des dernières turbulences des marchés financiers, mais le travail de réparation n'est pas encore terminé. «Nous devons entièrement rétablir notre réputation aussi vite que possible. Nous voulons redevenir un leader accepté» a dit le président.

En août, UBS avait annoncé son intention de restructurer son mangement et de revoir sa politique d'indemnisation. La banque sera désormais organisée en trois divisions distinctes: gestion de fortune, investissements et gestion d'actifs.

Critiques

Cette assemblée a été nettement plus calme que les deux qui l'avaient précédé cette année. Mais certains actionnaires n'ont pas manqué de critiquer à nouveau les salaires et les bonus élevés que touchent les hauts cadres de la banque.

«Il ne fait pas de doute que l'avidité des managers est une des principales causes des problèmes. Elle a failli faire disparaître UBS», a lancé un des actionnaires. Un autre a demandé à ce que l'assemblée puisse voter sur la politique d'indemnisation de la banque.

Certains sont venus au secours du management, en rappelant les efforts qu'il vient de faire pour sauver la banque.

Peter Kurer a annoncé que les bonus seraient désormais indexés sur les résultats financiers de chaque division, ce qui créera un système plus transparent, destiné à «récompenser le management lorsqu'il crée de la valeur durable».

Le système est donc en révision, mais «le sujet est très complexe», a expliqué le président. La réforme ne sera donc pas achevée avant la fin de l'année.

Action en hausse

Cette annonce d'un «faible» bénéfice au troisième trimestre 2008 contredit quelque peu les analystes, dont certains attendaient une perte de l'ordre du demi-milliard de francs.

Du coup, la perspective a réjoui la Bourse suisse, où l'action UBS bondissait de plus de 11% vers 15h50, dans un marché en hausse de 0,8%.

Selon les intervenants, un «faible» bénéfice signifie que de nouvelles corrections de valeur ont certes été effectuées, pour un montant estimé entre 1 et 3 milliards, mais inférieur aux 2 à 5 milliards craints.

Les comptes définitifs d'UBS au troisième trimestre seront publiés le 4 novembre.

swissinfo, Matthew Allen à Bâle
(Traduction et adaptation de l'anglais: Marc-André Miserez)

Les malheurs d'UBS

Le numéro un bancaire helvétique a traversé une année 2007 difficile et ne se trouve guère en meilleure forme en 2008, en raison de la crise de crédits hypothécaires pourris aux Etats-Unis.

En juillet 2007, le directeur général Peter Wuffli démissionne, après l'effondrement de Dillon Read Capital Management, un «hedge fund» géré par la banque.

En octobre 2007, UBS annonce 1500 suppressions d'emplois dans sa branche banque d'investissement, dont le chef s'en va également.

En avril 2008, c'est le président Marcel Ospel qui s'en va, après que la banque a annoncé des dépréciations d'actifs pour près de 50 milliards de francs à cause de la crise du «subprime».

UBS a également fait l'objet d'une enquête aux Etats-Unis pour avoir aidé de riches clients à frauder le fisc grâce à des boîtes aux lettres offshore. Une affaire qui a amené la banque à s'excuser devant le Sénat et à promettre des mesures pour que cela ne se reproduise plus.

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