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Travail rime avec mobilité et inégalité

70% des gens qui occupent une position dirigeante ont changé de métier dans leur vie. swissinfo.ch

En Suisse, près d'une personne active sur deux exerce aujourd’hui une profession différente de celle qu'elle a apprise.

Ce contenu a été publié le 09 novembre 2004 - 19:04

Basée sur le dernier recensement fédéral, une étude confirme en outre que les Suisses ne sont pas égaux devant la formation professionnelle.

La mobilité professionnelle gagne du terrain. Plus les personnes sont bardées de diplômes ou dans une position hiérarchique élevée, plus elles changent d'activité.

C’est ce que démontre une étude de l'Office fédéral de la statistique (OFS) intitulée «Formation et travail», publiée mardi.

«Plus de 70% des gens qui occupent une position dirigeante ont changé de métier dans leur vie», précise Yves Flückiger, l'un des deux auteurs de ce document. Et 55% des universitaires ont dû ou voulu se recycler.

En amont, «le système éducatif a su s'adapter aux nouvelles exigences du marché du travail», selon le sociologue zurichois Hanspeter Stamm, co-auteur d'une autre étude nommée «Evolution de la structure sociale».

Toujours plus d'universitaires

Entre 1980 et 2000, la part de la population résidente au bénéfice d'un diplôme de niveau universitaire a quasiment doublé, passant de 9,9% à 18,3%.

Pourtant, c’est encore insuffisant. Les entreprises sont toujours contraintes d'aller chercher du personnel qualifié à l'étranger, observe le sociologue.

Les statistiques du recensement 2000 confirment. Les immigrés en Suisse depuis moins de cinq ans sont 38,5% à détenir un titre universitaire ou équivalent, contre seulement 14,6% pour ceux qui résident dans le pays depuis plus longtemps.

Formation continue essentielle

Les personnes qui n'ont pas de diplôme postobligatoire «sont les perdantes de l'évolution actuelle», constate encore Hanspeter Stamm. Leur risque de se retrouver en marge du marché du travail est beaucoup plus élevé que la moyenne.

Le sociologue avance deux recettes pour se préparer à l'avenir. Premièrement: continuer à développer le système éducatif de base. Deuxièmement: miser sur la formation continue, dont le rôle est décrit comme «décisif» dans l’étude.

Jeunes rentiers plus nombreux

Sans formation continue, le risque est réel de se voir éjecter du circuit, via le chômage ou la retraite anticipée.

D’ailleurs, le nombre de salariés orientés vers la retraite anticipée a explosé. En 2000, 48,4% des hommes de 64 ans avaient pris une retraite anticipée contre 31,8% en 1990.

Inégalité des chances



L’étude publiée mardi montre encore que l'égalité des chances pour effectuer une formation de niveau universitaire n’est de loin pas atteinte.

En 2000, un enfant de parents ayant fréquenté une haute école avait cinq fois plus de chance de suivre cette voie qu'un jeune issu d'une famille ouvrière.

Toutefois, le professeur genevois Yves Flückiger voit «une certaine ouverture» avec la mise sur pied des hautes écoles spécialisées (HES) et de la maturité professionnelle.

Toujours plus de temps partiels

Autre phénomène évoqué dans les deux études: l’explosion du nombre d'emplois à temps partiel. Le taux est passé de 12% en 1970 à 19% en 1990 et 25,9% en 2000.

Cela dénote une insertion toujours plus importante des femmes dans le monde du travail, puisqu’elles sont plus nombreuses que les hommes à opter pour un temps partiel une fois qu'elles ont des enfants.

Enfin, l'analyse d’Yves Flückiger montre encore que les gens les mieux formés se lancent plus facilement sur la voie de l'indépendance.

Ils sont ainsi 20,8% chez les universitaires, 21% chez les diplômés d'une haute école spécialisée et 13,8% seulement chez les personnes qui n'ont pas de formation postobligatoire.

swissinfo et les agences

Faits

Plus de 70% des gens qui occupent une position dirigeante ont changé de métier dans leur vie.
55% des universitaires ont dû ou voulu se recycler.
En 20 ans, le nombre de diplômés universitaires a quasiment doublé.

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En bref

- Inégalité face à la formation: Un enfant de parents ayant fréquenté une haute école a cinq fois plus de chance de suivre cette voie qu'un jeune issu d'une famille ouvrière.

- Jeunes rentiers toujours plus nombreux: En 2000, 48,4% des hommes de 64 ans avaient pris une retraite anticipée contre 31,8% en 1990.

- Explosion du temps partiel: Le taux de personnes employées à temps partiel est passé de 12% en 1970 à 19% en 1990 et 25,9% en 2000.

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