Navigation

Tohu Bohu collectif

Tohu Revue, détail de la couverture. Dupuy/Berberian, Humanoïdes Associés

La Collection Tohu Bohu, publiée par les Humanoïdes Associés, sort le premier numéro de sa «Tohu Revue». Wazem et Tirabosco sont de la partie.

Ce contenu a été publié le 04 novembre 2001 - 17:11

Il y a déjà quatre ans que les éditions «Les Humanoïdes Associés», installées à Paris et dirigées par le Suisse Fabrice Giger, ont lancé une collection originale: «Tohu Bohu». Parmi les auteurs qui la constituent, Dupuy et Berberian, Bess, Robin, mais aussi les Genevois Tom Tirabosco et Pierre Wazem.

Format plus proche du roman que de l'album BD, couverture invariablement rouge-rouille, cette collection a pour but d'offrir «un espace d'expression à de jeunes talents». Dans cette optique, elle mélange habilement deux genres: le professionnalisme d'une grande maison d'édition, et le registre stylistique auquel nous ont habitués des entreprises plus marginales, et souvent artistiquement audacieuses.

Brèves histoires

La «Tohu Revue», dont la parution sera annuelle, regroupe les histoires de créateurs Tohu Bohu, mais aussi de jeunes talents venus d'ailleurs. Et si elle reste principalement vouée à la bande dessinée, elle n'exclut pas pour autant le texte sans dessins. Ce premier numéro en compte deux, signés Anna Rozen et Matthieu Rémy.

Les récits BD publiés dans «Tohu Revue», s'apparentent à la nouvelle. Brièveté et unité de l'intrigue, choc, parfois, de sa conclusion. Le noir-blanc est de mise, et se décline dans une grande variété de styles: de la simplicité infantile de Lucie Durbiano au réalisme noir de Christian de Metter, pour prendre les extrêmes.

L'humour est présent. Avec Lucie Durbiano, qui nous raconte un conte de fée décalé et absurde. Ou avec Grégory Mardon, qui s'offre le plaisir d'un pastiche de western, «A Wild West Tragedy». Les deux Helvètes présents jouent également cette carte-là.

Tom Tirabosco, dans une ambiance très «Pieds Nickelés», disserte sur l'amour. Alors que Ribouldingue ne fait que passer, Croquignol-Tirabosco écoute Filochard dire de grandes choses, par exemple: «Zoé ne pouvait pas être la femme de ma vie, car précisément la femme de ma vie est celle que je ne connaîtrai jamais.»

Quant à Pierre Wazem, au travers d'un dessin aérien et détaché, il raconte une journée d'apparent désœuvrement, beaucoup plus productive qu'on pourrait le croire. Discrète poésie.

Le goût du noir

Mais la tonalité globale de «Tohu Revue» n'est pas à la franche rigolade. D'autant moins que certains récits font dans le sombre, très sombre. Ainsi «4 Putains de sacs Poubelles», de Grégory Mardon, est dur, très dur. Ou «Seule avec lui» de David Scrima, où la dépression l'emporte sur la légèreté.

Alexis Robin, avec «L'âge tendre», réussit un joli coup. Son dessin apparemment naïf, typé 'années 50', raconte une histoire anodine, véhiculant les clichés d'un récit sur la jeunesse campagnarde. Mais l'horreur d'un drame à l'actualité permanente - l'abus sexuel parental - donne soudain un éclairage terrible à son récit.

Bernard Léchot

Cet article a été importé automatiquement de notre ancien site vers le nouveau. Si vous remarquez un problème de visualisation, nous vous prions de nous en excuser et vous engageons à nous le signaler à cette adresse: community-feedback@swissinfo.ch

En conformité avec les normes du JTI

En conformité avec les normes du JTI

Plus: SWI swissinfo.ch certifiée par la Journalism Trust Initiative

Joignez-vous à la discussion

Partager cet article

Changer le mot de passe

Souhaitez-vous vraiment supprimer votre profil?