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Thabo Mbeki ne fait pas table rase du passé

Le Président suisse Pascal Couchepin accueille Thabo Mbeki, le président de l'Afrique du Sud. Keystone

En visite officielle mardi en Suisse, le président d'Afrique du Sud a déclaré vouloir se concentrer sur l'avenir de son pays.

Ce contenu a été publié le 11 juin 2003 - 08:20

Thabo Mbeki a rappelé que son gouvernement ne soutenait pas les plaintes collectives des victimes de l'apartheid sans pour autant renier le passé.

«L'Afrique du Sud a encore beaucoup de défis à relever, beaucoup de problèmes à résoudre, comme la lutte contre la pauvreté et contre le sida. Nous devons regarder vers l'avenir», a souligné Thabo Mbeki.

Le président sud-africain a eu des entretiens à Berne avec le président de la Confédération Pascal Couchepin ainsi que les ministres Joseph Deiss (économie) et Micheline Calmy-Rey (Affaires étrangères).

Mais il n'a pas pour autant fait table rase du passé. Il est au contraire revenu sur la période du régime de l'apartheid dans son pays.

Le président Mbeki a rappelé que c'est la Commission Vérité et Réconciliation qui avait travaillé sur ce passé et livré ses recommandations dans un rapport.

Le parlement doit encore en débattre et le gouvernement en tiendra compte, a assuré Thabo Mbeki.

En revanche, il a rappelé que le gouvernement sud-africain ne soutenait pas les plaintes collectives des victimes de l'apartheid, expliquant notamment que parmi les entreprises accusées d'avoir soutenu le régime de l'époque, certaines aidaient aujourd'hui l'Afrique du Sud dans son développement.

Non à l'ingérence



Thabo Mbeki a relevé que son pays préférait discuter directement avec les pays ou les groupes de plaignants concernés. Ce n'est pas aux tribunaux américains de régler nos problèmes et notamment la question des réparations, a-t-il dit en substance.

Plusieurs plaintes collectives des victimes de l'apartheid suivent actuellement leur cours. Elles sont pour la plupart défendues, mais séparément, par les deux avocats américains Ed Fagan et Michael Hausfeld.

Ces plaintes visent des banques et des sociétés internationales, dont neuf en Suisse: UBS, Crédit Suisse, Novartis, Nestlé, Schindler, Holcim, Unaxis, Sulzer et Ems Chimie.

Nouvelles formes de coopération



Les entretiens officiels entre les deux pays ont aussi été l'occasion de discuter de nouvelles formes de coopération et de questions d'intérêt commun en matière de politique internationale. Les développements récents dans la région des Grands Lacs ont été parmi les thèmes abordés.

Mais aucune demande particulière n'a été formulée à la Suisse concernant la situation en République démocratique du Congo (RDC), selon le président sud-africain.

De son côté, Pascal Couchepin a salué le «rôle stabilisateur» de l'Afrique du Sud pour tout le continent africain, soulignant l'engagement de son hôte dans le cadre du Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD).

Participation au Sommet de l'information

La fracture numérique et le Sommet mondial sur la société de l'information (SMSI) ont aussi été au centre des discussions. Thabo Mbeki a confirmé à Pascal Couchepin la participation de l'Afrique du Sud à ce sommet en décembre à Genève.

A l'occasion de cette visite, une déclaration d'intention commune de coopération renforcée a été signée. Ce «cadre de travail» vise notamment à promouvoir le secteur privé, à faciliter le commerce régional et à mener des opérations de déminage.

Lors de la conférence de presse, Thabo Mbeki a invité Pascal Couchepin à se rendre en Afrique du Sud.

Thabo Mbeki est, depuis 1999, président de l'Afrique du Sud. Il a succédé à Nelson Mandela.

Contrairement à son prédécesseur, cet ancien communiste reconverti au néo-libéralisme est parfois perçu comme «élitiste» aux yeux de la population sud-africaine.

Il a étudié à Londres et a vécu de longues années en exil durant l'apartheid.

swissinfo et les agences

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