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Swissair Group à l'agonie

Mario Corti, patron de Swissair Group. Keystone

Swissair Group est au bord du gouffre. Selon son patron Mario Corti, le groupe n'est pas en mesure de garantir les salaires du mois d'octobre. Son endettement est supérieur à 15 milliards de francs. Samedi, les conseils d'administration de Swissair et Crossair ont tenu séance. Mais aucune information n'a filtré.

Ce contenu a été publié le 30 septembre 2001 - 11:10

«Les liquidités sont gérées au jour le jour», a affirmé, vendredi soir, M. Corti, lors de l'émission de la télévision alémanique DRS «Arena». Toutefois, le patron de Swissair est resté prudent, voulant éviter qu'on lui reproche dans le futur d'avoir menti.

Rainer Maier, le porte-parole de Swissair Group, a indiqué, samedi, que l'échéance des salaires tombait le 25 octobre. Il a précisé que tous les salaires de septembre avaient été versés.

Crédit bloqué

Par ailleurs, M. Corti a ajouté que le crédit d'un milliard de francs, promis par le Credit Suisse First Boston, Citibank et Deutsche Bank, et dont le groupe a un urgent besoin, lui restait inaccessible. Ces dernières semaines, la situation de Swissair s'est notablement détériorée. Et cela de manière inattendue.

M. Corti a attribué cette nouvelle dégradation aux effets des attentats du 11 septembre aux Etats-Unis sur le secteur du transport aérien. Mais les maux du groupe zurichois sont antérieurs à ces événements.

Faillite catastrophique

Le patron du groupe a aussi mis l'accent sur les «suites catastrophiques» que pourrait avoir une faillite de Swissair. Il faut s'imaginer ce qui se passe quand un avion reste bloqué à l'étranger, dans l'attente d'argent liquide pour payer le kérosène, a-t-il fait remarquer.

Samedi après-midi, les conseils d'administration de Swissair ainsi que de la compagnie aérienne régionale du groupe Crossair ont tenu une séance. Aucune information n'a filtré. «Pour l'heure, il n'est pas possible de communiquer le résultat des discussions», a dit M. Maier.

Le porte-parole n'a pas souhaité indiquer si les administrateurs du groupe avaient pris une décision concernant les 200 millions qu'il doit verser lundi à Sabena. Swissair détient 49,5 % de la compagnie belge.

Situation tendue

Swissair livrera de plus amples informations lorsque les discussions aboutiront à un résultat définitif, a noté M. Maier. La situation financière du groupe est des plus tendues. Les rumeurs d'un éventuel dépôt de bilan gonflent chaque jour davantage.

Selon les dernières informations de M. Corti, le groupe avait 17 milliards de francs de dettes à fin août. Il a besoin de deux à trois milliards pour poursuivre ses activités. Interrogé samedi par la radio alémanique, Kaspar Villiger a indiqué que le sauvetage de Swissair représentait une mission importante.

Le conseiller fédéral a ajouté que la Confédération contribuerait à l'assainissement du groupe à hauteur de sa part de 3 % au capital du groupe ou d'»un montant un peu plus important». Toutefois, cette aide reste conditionnée à un engagement de l'économie suisse et des banques, a rappelé le ministre des finances.

Groupe Bremi réuni

La part de la Confédération devrait être plus proche des 100 millions que du milliard de francs. Le groupe de travail pour le refinancement de Swissair a tenu sa première séance vendredi sous la direction de l'ex-conseiller national radical Ulrich Bremi.

Il comprend 21 personnes issues de la Confédération, du canton de Zurich, de l'économie et de la politique. Mario Corti doit soumettre ses premières propositions le 9 octobre prochain.

swissinfo avec les agences

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