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Swiss devrait suivre l'exemple belge

SN Brussels est bénéficiaire alors que Swiss est toujours dans le rouge (montage swissinfo). swissinfo.ch

La compagnie aérienne nationale affiche des pertes de plusieurs millions de francs depuis qu’elle est née des cendres de Swissair en 2002.

Ce contenu a été publié le 05 août 2004 - 08:09

En fait Swiss aurait beaucoup à apprendre de la compagnie belge SN Brussels, également lancée il y a deux ans et qui est déjà bénéficiaire.

SN Brussels a été créée à la suite de la disparition de la compagnie nationale belge Sabena en 2001, en même temps que 12'000 emplois.

Cette disparition avait été partiellement imputée à sa maison mère, Swissair Group, lequel détenait à l’époque 49,5% du capital de Sabena.

Le groupe, aujourd’hui également disparu, avait été accusé de ne pas avoir rempli les engagements pris envers le transporteur belge en lui refusant une aide d’urgence.

A l’image de la chute spectaculaire de Swissair, la faillite de Sabena, après 78 ans de bons et loyaux services, avait été considérée à l’époque comme une catastrophe nationale.

Mais alors que son successeur, Swiss, était lancé grâce à une injection de plusieurs milliards de deniers publics, SN Brussels était créé indépendamment des autorités belges.

Le prix à payer

Oliver Sutton, experts genevois du secteur, estime que Swiss est en train de payer le prix fort pour avoir reçu un important capital de départ du gouvernement.

«Quand Sabena a fait faillite, elle a fermé et la page a été tournée. Son successeur, SN Brussels, a dû surmonter un traumatisme complet», commente-t-il à swissinfo.

En Suisse par contre, la rupture n’a pas été assez nette après le crash. «Le gouvernement suisse aurait dû se retirer, comme la Belgique l’a fait de Sabena. Et aujourd’hui, nous aurions une compagnie très différente, qui serait probablement plus petite de moitié.»

Les analystes craignent que, malgré plusieurs restructurations pour réduire ses coûts, Swiss est encore trop grande pour son marché national. Si elle veut survivre, elle doit supprimer les destinations qui sont déficitaires.

Actuellement, la compagnie aérienne perd un million de francs par jour et les spécialistes s’attendent à ce que le rapport semestriel, qui doit être publié le 17 août, affiche des pertes substantielles.

Faire des bénéfices

Alors que le transporteur suisse se débat pour diminuer ses pertes, SN Brussels est en train de développer ses opérations et affichait même un modeste bénéfice de 924'000 francs en 2003.

Actuellement, Swiss dispose de 42 destinations en Europe et de 28 autres vers les Etats-Unis, l’Amérique du Sud, l’Asie, l’Afrique et le Proche-Orient. De son côté, SN Brussels a choisi de se concentrer sur 53 lignes en Europe et 15 destinations africaines.

Selon le patron de la compagnie belge, Peter Davies, SN Brussels a su reconnaître qu’elle opérait sur un petit marché indigène et s’est juré de ne pas répéter les erreurs de son prédécesseur.

«Nous voulons nous développer. Mais il faut le faire pas à pas, sans vouloir courir avant d’avoir appris à marcher», a-t-il déclaré.

Conséquent, Peter Davies a refusé à plusieurs reprises de reprendre des destinations déficitaires autrefois desservies par Sabena.

Expansion

Oliver Sutton relève que, alors que les restructurations périodiques opérées par Swiss n’ont réussi qu’à faire les gros titres de la presse, SN Brussels est en expansion dans les régions où elle est gagnante.

«L’ancienne Sabena avait certains vols bénéficiaires sur l’Afrique… que SN Brussels a repris. De manière générale, la direction a fait du bon travail et elle a su limiter les coûts», explique-t-il.

En 2003, Swiss a transporté 10,6 millions de passagers, plus du triple de SN Brussels la même année. Mais Oliver Sutton estime que Swiss devrait reconnaître que le nombre de passagers n’a aucune importance si elle continue de perdre de l’argent et doit se mettre au régime pour survivre.

«Le cas de SN Brussels prouve qu’il est beaucoup plus facile de créer une compagnie aérienne que d’en démanteler une… et Swiss est certainement en train de perdre beaucoup de temps pour arriver à la bonne taille.»

swissinfo Ramsey Zarifeh
(Traduction: Isabelle Eichenberger)

Faits

Swiss a 81 appareils et emploie 7865 personnes.
Elle a transporté 10,6 millions de passagers en 2003.
Elle a perdu 498 millions de fr. en 2003.
Elle est dirigée par Christoph Franz.

SN Brussels a 38 avions et emploie 1950 personnes.
Elle a transporté 3,2 millions de passagers en 2003.
Elle a fait un bénéfice de 924’000 fr. en 2003.

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