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Swiss, 700 emplois et 20 avions de moins

Le personnel de cockpits et de cabines perd 400 postes de travail. Et 17 avions régionaux sont touchés par la réduction de la flotte. Keystone

Swiss réduit drastiquement la voilure. Elle va supprimer 700 emplois. En plus des 300 déjà annoncés en novembre.

Ce contenu a été publié le 25 février 2003 - 22:12

La flotte sera réduite de 15% - vingt avions.

Lorsque André Dosé, patron de Swiss, s'est excusé au début de la conférence de presse convoquée mardi en fin d'après-midi pour les désagréments causés par l'heure tardive, on ne pouvait s'empêcher de penser qu'il était tout autant désolé du message qu'il avait à présenter.

Après avoir répété tout au long de ces derniers mois que l'objectif du «business plan», à savoir l'équilibre financier en 2003, restait valable, André Dosé a dû revoir tous les pronostics à la baisse.

Après avoir longtemps soutenu qu'il n'y aurait pas de réduction de la flotte, il a dû annoncer l'immobilisation de vingt avions.

Vingt appareils seront retirés de la flotte, soit 15% du nombre total d'avions. Swiss aura encore 111 appareils.

«L'équilibre ne sera pas atteint. Il était déjà difficile d'atteindre ce but auparavant, mais c'est devenu encore plus difficile», a déclaré André Dosé devant les médias à Zurich.

Liquidités saines

En cause: la concurrence mais aussi la conjoncture économique, qui fait par exemple que 30 000 emplois ont été supprimés à Londres dans le secteur financier, pourvoyeur de «bons» passagers pour les compagnies d'aviation.

Le patron se dit néanmoins persuadé que le redressement va aboutir, car Swiss dispose de liquidités saines. Pour mémoire: la Confédération est actionnaire à hauteur de 20,5%.

«Mais nous mangeons notre cash, a dit le président du conseil d'administration Pieter Bouw. Nous devions réagir vite.»

Un dixième du personnel

Les mesures annoncées mardi entreront en vigueur pour le nouvel horaire d'été, le 30 mars, soit une année après le premier vol aux couleurs «Swiss».

En plus des 300 suppressions de postes annoncées en novembre, 700 places supplémentaires seront rayées des effectifs.

Les pilotes (de l'ex-Crossair) et le personnel de cabine perdent 400 postes de travail (200 chacun). De leurs côtés, la direction et le personnel au sol en perdent 300.

Les réductions touchent donc un dixième du personnel, qui était de quelque 10 000 personnes au lancement de la compagnie.

Swiss promet de chercher les solutions les plus acceptables socialement pour les collaborateurs concernés, en collaboration avec les syndicats. Un plan social est en préparation. Les fluctuations naturelles devraient réduire le nombre de licenciements.

Bâle très touchée

La restructuration affecte tous les aéroports suisses. Bâle, port d'attache de l'ancienne Crossair développé pour et par le trafic régional, est le plus touché. Dix destinations sont supprimées (parmi lesquelles Toulouse, Bordeaux ou Bilbao) et huit autres verront leur desserte réduite.

Ce réajustement se traduit par une réduction de 31% du nombre de sièges-kilomètres proposés. En comparaison, ce taux est diminué de 12% à Zurich (onze destinations supprimées) et de 11% à Genève (trois destinations supprimées: Alicante, Séville, Berlin-Tempelhof).

«En tant qu'ancien cadre de Crossair, je suis personnellement touché par la décision de réduire nos vols à Bâle. C'est difficile, mais nécessaire. Et il faut savoir se couper du passé», a-t-il déclaré.

Répondant à certaines rumeurs publiées ces derniers jours par la presse, André Dosé a précisé qu'aucun vol n'était transféré de Bâle à Zurich. En clair: Bâle n'est pas sacrifié.

«Les suppressions ont été déterminées en fonction de critères purement économiques, sans considérations régionales ou politiques», dit le communiqué.

Autre affirmation réfutée par la direction de la compagnie: les vols long-courriers sont bel et bien rentables («comme chez les autres compagnies»), contrairement aux court-courriers, qui ont encore perdu des parts de marché ces derniers mois.

Doutes

«André Dosé jongle un peu avec la vérité, estime Sepp Moser, spécialiste en aéronautique. Il ne ment pas, mais ne dit pas tout. Les long-courriers ne sont pas aussi rentables que le prétend Swiss, mis à part quelques destinations, en Afrique notamment.»

Pour Sepp Moser, les mesures présentées mardi ne suffiront pas à sauver la compagnie. «La direction s'attaque aux symptômes, et non aux causes de la maladie», estime-t-il.

La direction de Swiss prend en revanche soin de préciser que la crise qu'elle traverse touche tout le secteur aéronautique. André Dosé cite un responsable de British Airways, selon lequel «ceux qui survivront à cette année seront des héros.»

En cas de guerre en Irak, Swiss pourrait pourtant profiter d'un certain «effet neutralité». Durant la guerre du Golfe, les avions à croix blanche avaient ainsi été particulièrement recherchés à destination d'Amérique du Nord, rappelle André Dosé.

swissinfo, Ariane Gigon Bormann à Zurich

Faits

Swiss va supprimer 700 emplois et réduire sa flotte de 20 avions.
La mesure entrera en vigueur le 30 mars avec le nouvel horaire.
Les liaisons régionales et de courte durée sont franchement dans le rouge.

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En bref

- 1er octobre 2001: selon le plan Phœnix des grandes banques suisses, Swissair est absorbé par Crossair.

- 19 décembre 2001: le conseil d´administration de la «nouvelle Crossair» adopte le modèle 26 moyen-courriers et 26 long-courriers. André Dosé, patron de la compagnie, indique que les impératifs de coûts doivent être strictement respectés.

- 31 mars 2002: Swiss prend le relais de Crossair. Swissair disparaît définitivement.

- 1er avril 2002: envol de Swiss.

- 16 septembre 2002: Swiss annonce des pertes de 447 millions de francs pour son premier semestre d´existence. Avec 1,754 milliard de francs, le chiffre d´affaires dépasse nettement le 1,209 milliard inscrit au business plan.

- 19 novembre 2002: Swiss réduit sa flotte de huit avions et doit supprimer 300 emplois. La compagnie crée d'autre part 200 postes dans le secteur de la technique et des technologies de l´information.

- 17 janvier 2003: avec 11,6 millions de passagers sur ses vols en 2002, Swiss a transporté 1,8 million de personnes de plus que prévu dans le business plan.

- 27 janvier 2003: André Dosé annonce «une année 2003 difficile» pour Swiss.

- 24 février 2003: le syndicat du personnel au sol (GATA) mobilise contre d´éventuelles suppressions d´emplois.

- 25 février 2003: Swiss annonce la suppression de 700 emplois et la réduction de sa flotte de 20 avions, dont 17 régionaux, sur une flotte de 132 appareils. La mesure doit prendre effet le 30 mars.

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