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Suisse-Russie: rencontre dans l’ombre d’Überlingen

Le président de la Confédération est le premier membre de l'exécutif suisse à avoir rencontré le président Poutine. Keystone

Pascal Couchepin a rencontré Vladimir Poutine pour une visite de travail crispée vendredi au Kremlin.

Ce contenu a été publié le 11 juillet 2003 - 20:11

4e investisseur étranger, la Suisse est tout de même un acteur non-négligeable de la scène économique russe.

Après deux jours de visite officielle à Saint-Pétersbourg, le voyage du Président de la Confédération a pris fin, vendredi, à Moscou. L’occasion pour Pascal Couchepin de rencontrer le président russe Vladimir Poutine pour une réunion de travail.

Cela faisait de nombreuses années que les deux pays n’avaient pas eu l’occasion d’entretenir des relations à un tel niveau politique. Et compte tenu de l’actualité, la tension entre les deux délégations qui se sont rencontrées au Kremlin était palpable.

A commencer par la question de l’indemnisation des victimes du crash aérien d’Überlingen. Une question à laquelle le président russe semble attacher une attention particulière et à laquelle la Suisse n’a pas manqué de répondre.

Une actualité chaude

Assurant son entière sympathie aux familles des victimes, Pascal Couchepin a rappelé que la Suisse s’acquitterait entièrement de ses responsabilités. Il a ensuite assuré que tout était mis en œuvre pour trouver une solution rapide et non bureaucratique.

Mais il a encore rappelé que les montants d’indemnisations devaient être conformes aux normes en vigueur sur le plan international.

Le Président de la Confédération a en effet rappelé l’importance que la Suisse attachait au respect des droits de l’homme, partout dans le monde et en particulier en Tchétchénie, provoquant une réaction mesurée au sein de la délégation russe.

Dans le domaine économique et commercial, les deux pays se sont en revanche félicités de l’efficacité des règles mises en œuvre contre la criminalité financière. Vladimir Poutine a également plaidé en faveur d’une implication accrue de la Suisse dans l’économie russe, dans le secteur des PME surtout.

La Suisse en bonne position

Avec des investissements directs en Russie qui atteignent aujourd’hui 1,5 milliards de dollars, la Suisse arrive en quatrième position, derrière l’Allemagne, Chypre et les Etats-Unis.

450 entreprises suisses sont déjà implantées en Russie et les appels du pied de Vladimir Poutine risquent bien d’en attirer de nouvelles.

«Les secteurs qui en profitent le plus sont le pétrole, bien sûr, mais aussi le secteur des machines et le secteur forestier», précise Walter Fetscherin, ambassadeur de Suisse à Moscou.

Cet essor n’aurait pas été possible sans les réformes du gouvernement de Vladimir Poutine mais pas seulement.

«C’est surtout grâce à la détermination du Président et de son équipe dans la conduite de ces réformes et à la modification du système d’imposition des personnes physiques et morales», explique encore l’ambassadeur.

Des collaborations insoupçonnées



Mais l’expansion de l’économie russe – 4% en 2002 – ne donne pas sa pleine mesure. Les entreprises russes ont en effet beaucoup de mal à emprunter de l’argent pour pouvoir procéder aux investissements qui leur incombent.

En dépit d’une nette amélioration, le système bancaire et financier ne s’est pas encore totalement remis de la crise de 1998. Et, compte tenu de son savoir-faire, la Suisse participe activement à sa rénovation, la plupart du temps sur la base de collaborations informelles.

Depuis plusieurs années, la Russie sollicite l’aide de la Suisse à plusieurs niveaux. Que ce soit au niveau législatif, de celui de la Banque Nationale Suisse ou plus simplement auprès des banques privées. «A l’avenir ce type de collaboration devrait devenir encore plus étroit», se réjouit Walter Fetscherin.

Une note optimiste que Pascal Couchepin partage lui aussi. «On sait qu’une rencontre donne toujours des fruits, la seule question est de savoir s’il y en aura peu ou beaucoup», a conclu le Président de la Confédération.

swissinfo, Daniele Papacella et Jean-Didier Revoin, à Moscou

En bref

Pascal Couchepin et Vladimir Poutine se sont rencontrés vendredi à Moscou pour une visite de travail qui a fait le tour des relations qui unissent la Suisse et la Russie.

Outre les questions de l’indemnisation des victimes du crash d’Überlingen et des relations économiques et financières entre les deux pays, un accord cadre sur la coopération financière et l’aide humanitaire est en préparation.

La Suisse travaille également sur un projet qui permettrait de doter enfin la région de Moscou d’un cadastre.

L’aide suisse à la Russie se concentre sur l’amélioration de la situation économique, la protection de l’environnement et l’amélioration des relations entre l’Etat et les citoyens.

Au terme de cette séance de travail, Pascal Couchepin a invité Vladimir Poutine pour une visite en Suisse.

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