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Suisse-ONU, en attendant le 10 septembre

Devant le bâtiment des Nations Unies à New York. Le 10 septembre, il y aura deux drapeaux de plus. Keystone

Trois mois après le vote historique, le gouvernement fait le point. Et prépare activement l'entrée de la Suisse à l'ONU, prévue le 10 septembre.

Ce contenu a été publié le 22 mai 2002 - 17:03

Acceptée en vote populaire le 3 mars dernier, l'entrée officielle de la Suisse à l'ONU figurait à l'ordre du jour de la séance spéciale que le gouvernement a eu mercredi à la Chartreuse d'Ittingen, dans le canton de Thurgovie. Mais le sujet sera encore examiné plus en détail la semaine prochaine.

La procédure suit son cours normal, dit-on du côté des Affaires étrangères. Dans un premier temps, il fallait attendre la validation officielle des résultats de la votation. C'est chose faite depuis le 14 mai, date de la publication de l'arrêté d'adhésion dans le Recueil officiel des lois fédérales.

Neutralité ONU-compatible

Le texte de la demande formelle qui doit être adressée à l'ONU est prêt et connu depuis longtemps. Il figurait d'ailleur en toutes lettres dans la documentation fournie aux citoyens suisses en même temps que leur bulletin de vote.

Le gouvernement y rappelle notamment que «la Suisse est un État neutre dont le statut est consacré par le droit international». Que cette neutralité «est compatible avec les obligations découlant de la Charte et qu'elle contribue à la réalisation des buts des Nations Unies».

Le document, signé de la main même du Président de la Confédération, Kaspar Villiger, sera transmis dans quelques semaines à l'ambassadeur Jenö Staehelin. Et c'est l'observateur permanent de la Suisse auprès de l'ONU à New York qui le remettra personnellement au Secrétaire général Kofi Annan.

Vue de New York, la procédure est également limpide. Le Conseil de sécurité sera alors saisi de la demande suisse. Après discussion, il communiquera sa recommandation à l'Assemblée générale à qui revient en définitive la décision d'admettre ou non les pays candidats.

Traditionnellement, c'est à l'agenda du premier jour de la session annuelle de l'Assemblée que l'on inscrit ce genre de décision. On en trouve d'ailleurs confirmation au point 20 des propositions d'ordre du jour de la 57e session ordinaire qui s'ouvrira le mardi 10 septembre à New York.

Le 191e État membre

Ce jour-là - veille d'un jour qui à New York sera tout entier dédié au souvenir des victimes des attentats terroristes du 11 septembre 2001 - la Suisse ne sera pas seule à faire son entrée officielle à l'ONU.

Lundi passé, après la proclamation de l'indépendance du Timor oriental, les parlementaires de cet État - le plus jeune du monde - ont voté leur première loi et approuvé sa demande d'adhésion aux Nations Unies.

On dit à New York que, lors de la séance du 10 septembre, le Timor oriental pourrait être reconnu membre de l'ONU avant la Suisse. Un point de vue partagé à Berne par l'ambassadeur Erwin Hofer.

Le chef de la division des organisations internationales du Département fédéral des Affaires étrangères estime en effet que «les Timorais sont pressés. Qu'ils veulent la confirmation par la communauté internationale. Qu'ils sont vraiment indépendants». Et qu'ils ont en quelque sorte la priorité.

Ce qui signifie que la Suisse sera probablement admise en tant que 191e membre de l'Organisation. L'ambassadeur Hofer y voit la conclusion heureuse d'un cycle d'élargissement de l'ONU: «C'est quelque chose qui nous va très bien!»

Des forces supplémentaires pour un nouveau rôle

Cette entrée à l'ONU appelle quelques ajustements de la diplomatie suisse. Sur le fond, Joseph Deiss, patron des Affaires étrangères, a déjà fait savoir que l'adhésion n'entraînerait pas de bouleversements de politique étrangère et qu'elle lui donnerait sans doute davantage de visibilité.

C'est dans le domaine des capacités de travail que des aménagements ont d'ores et déjà été décidés. Huit postes ont été créés, trois à Berne, trois à New York, un à Genève et un à Vienne, soit la moitié du possible contingent annoncé par le gouvernement avant la votation.

A Berne, il s'agit d'abord de consolider les capacités de coordination des activités multilatérales. A New York, l'ambassadeur Staehelin a surtout besoin de renforts pour suivre les débats politiques de l'ONU et pour assurer une meilleure présence au sein de la Commission qui traite des questions sociales et humanitaires.

C'est sur ce terrain-là que la Suisse doit se montrer active: «Nous avons reçu des signaux extrêmement positifs, précise l'ambassadeur Hofer. Nous sommes reconnus pour nos compétences dans le domaine humanitaire, dans le règlement pacifique des conflits et dans la coopération au développement. La communauté internationale attend que nous renforcions nos programmes qui vont dans ce sens».

Rendez-vous le 10 septembre

Ce sera, sans doute, la réponse à cette attente que la Suisse annoncera au premier jour de la prochaine Assemblée générale de l'ONU.

La composition de la délégation helvétique n'est pas encore connue dans le détail. Un chos est sûre: Kaspar Villiger, président de la Confédération, et Joseph Deiss, ministre des Affaires étrangères, seront du voyage à New York.

Mais on parle aussi de la Genevoise Liliane Maury Pasquier et du Fribourgeois Anton Cottier, présidents respectifs des deux Chambres du Parlement.

La Suisse, ce jour-là, aura-t-elle quelques égards particuliers pour le peuple du Timor oriental? Saisira-t-elle cette occasion pour manifester une plus grande solidarité avec un pays qui attendait son indépendance depuis des siècles et qui l'a payée au prix d'innombrables victimes?

On pourrait imaginer que naître le même jour dans la communauté onusienne tisse des liens profonds et durables. Et que cette rencontre - qui doit beaucoup au hasard des calendriers politiques - se traduise dans des gestes de partage que seuls connaissent vraiment des frères jumeaux.

swissinfo/Bernard Weissbrodt à Genève

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