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Sommet mondial sur l'information: levée de boucliers contre la Tunisie

L'organisation éventuelle par la Tunisie de la première conférence au sommet de l'histoire sur la «société de l'information» provoque une formidable levée de boucliers. Plusieurs organisations de défense des droits humains ont vivement protesté auprès de l'Union internationale des Télécommunications (UIT), patron de la future conférence.

Ce contenu a été publié le 17 janvier 2001 - 13:45

Au siège de l'UIT à Genève, on confirme être «assailli» de prises de position contre la Tunisie. Leitmotiv des messages envoyés: la Tunisie limite systématiquement la liberté d'expression, notamment en interdisant l'accès de sa population à de nombreux sites Internet. Et il serait paradoxal qu'on lui confie l'organisation d'une conférence qui doit justement symboliser la libre circulation de l'information.

C'est ce que relèvent en particulier Amnesty International et Human Rights Watch (autre organisation influente de défense des droits de l'homme). Mais aussi l'Association américaine pour le progrès de la science (AAAS), qui affirme être la plus grande fédération d'organisations scientifiques du monde avec ses 145 000 adhérents.

Déjà connu par son sigle (SMSI), le futur Sommet mondial sur la société de l'information - comparable par son impact potentiel à celui de Rio sur l'environnement - aura lieu en 2003 et sera prestigieux.

La plupart des chefs d'Etat de la planète devraient y assister. Et son ordre du jour sera un catalogue des questions à résoudre face au défi que représente, en ce début de millénaire, un système de relations planétaires où «l'interconnexion» jouera vraisemblablement un rôle essentiel.

Les auteurs des protestations adressées à l'UIT reconnaissent implicitement à cet égard que la Suisse - seul concurrent de la Tunisie pour l'organisation de la conférence - n'est pas a priori le candidat idéal.

L'un des sujets importants de la conférence sera en effet la «facture numérique», c'est-à-dire le fossé qui sépare les nations «informatisées» de celles qui ne le sont pas. Une situation qui risque, si l'on y prend garde, d'aggraver de manière inquiétante le fossé Nord-Sud.

Logiquement, les protestataires soulignent que par principe, il est souhaitable qu'un pays du tiers monde soit retenu pour l'organisation du sommet. Mais choisir la Tunisie serait selon eux catastrophique.

La candidature suisse - si elle était retenue - ne manque pas d'atouts. Car, Genève serait la ville organisatrice. Elle a l'habitude des conférences «mammouths» et de l'accueil de chefs d'Etat. Genève est déjà le siège de plusieurs organisations liées à la communication. En outre, «Telecom 2003», prochaine édition de la foire planétaire des télécommunications, aura lieu juste après le SMSI, à Genève.

C'est le secrétaire-général de l'UIT qui départagera les deux candidats. Le Japonais Yoshio Utsumi devrait se prononcer dans la dernière semaine de janvier, juste après le retour d'une mission d'information qu'il va envoyer en Tunisie.

Il semble que la candidature tunisienne ait perdu un précieux allié dans la course à l'organisation de ce sommet. De source bien informée, la France - malgré ses liens traditionnels d'amitié avec la Tunisie - aurait ouvertement pris position en faveur de Genève et contre la Tunisie.

Michel Walter

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