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La bataille des tablettes tactiles

Avec iPad, Apple contrôle près de 90% du marché. Reuters

Presque inexistantes il y a un an, les tablettes tactiles sont en train d’envahir notre quotidien. Précurseur sur ce marché, Apple s’octroie la part du lion avec son iPad dont la version 2 arrive le 25 mars prochain en Suisse.

Ce contenu a été publié le 24 mars 2011 - 18:31
Luigino Canal, swissinfo.ch

«Ceci est une révolution.» Le 27 janvier 2010, lorsque Steve Jobs présenta son iPad, les analystes affichaient leur scepticisme face à l’enthousiasme du patron d’Apple. A mi-chemin entre un smartphone et un ordinateur portable, peu de gens prédisaient un grand succès à cette tablette tactile.

Ecran quasi illisible en plein soleil, pas de webcam, connectique lacunaire, absence de la technologie Flash qui permet de voir certaines animations sur Internet. Les lacunes de l’iPad sont nombreuses et l’accueil a été plutôt mitigé.

Mais les consommateurs ont donné tort aux spécialistes. Aujourd’hui, la firme de Cupertino annonce 15 millions d’exemplaires vendus entre avril et décembre 2010. Et ce n’est qu’un début.

Un marché en plein boom

Le cabinet Deloitte estime qu’il devrait se vendre 50 millions de tablettes cette année. A titre de comparaison, 390 millions d’ordinateurs devraient être écoulés dans le monde en 2011.

«Ce nouveau marché offre un incroyable potentiel de croissance», confirme JK Shin, responsable de la communication mobile chez Samsung. Conséquence, tous les principaux fabricants d’ordinateurs ou de téléphones se sont engouffrés sur ce créneau. Samsung, Acer, Toshiba, RIM, Nokia, Sony, HTC, Dell, HP ou encore Motorola ont ou vont commercialiser des tablettes tactiles.

L’offre est pléthorique, il y aurait actuellement 102 types de tablettes en vente, issues de 64 fabricants différents. Mais pas facile de rivaliser avec Apple car la concurrence arrive sur un marché qui a démarré sans elle. Face à la puissance de la pomme, ses rivaux sont à la peine, y compris au niveau du prix.

L’iPad est incontournable. Il est devenu la référence pour effectuer une comparaison. Pionnier sur ce segment, Apple contrôle près de 90% du marché.

La société a un coup d’avance, notamment au niveau des applications disponibles sur son App Store. Accessible via iTunes, l’App Store permet aux utilisateurs d’iPhone, d’iPod et d’iPad de télécharger des applications conçues pour leur terminal par des développeurs indépendants.

Provoquer la frustration, éveiller la curiosité

Gratuitement ou pour quelques francs, le client a l’embarras du choix entre des fonctionnalités ludiques ou pratiques, des jeux, des guides touristiques et même des encyclopédies.

L’App Store recense 350’000 applications. Plus de 65’000 sont optimisées pour l'iPad, contre seulement une centaine pour l’Android Market qui se positionne comme le concurrent le plus sérieux.

La force d’Apple, c’est sa recette: simplicité, efficacité et esthétique. Le tout saupoudré du génie marketing du géant américain qui est passé maître dans l’art de la communication destinée à provoquer la frustration et éveiller la curiosité.

Bien qu’ils aient diverses lacunes, les produits Apple véhiculent une image positive et la marque bénéficie d’un effet de mode.

Visiophonie sur Internet

 

Après le succès fulgurant de l’iPad, la société entend enfoncer le clou avec l’iPad 2 disponible dès le 25 mars en Suisse. RBC Capital Markets prédit qu’Apple vendra 28 millions de tablettes cette année.

Plus léger (601 grammes), plus fin de 33% et deux fois plus rapide que son prédécesseur, l’iPad 2 comble aussi quelques lacunes. Il dispose de deux caméras, avant et arrière (jugées médiocres par les premiers testeurs). Son autonomie est annoncée à dix heures.

L’iPad est très intuitif, facile à utiliser même pour une personne âgée réfractaire à l’informatique. «Ma mère de 81 ans n’a jamais réussi à s’adapter à la souris d’un ordinateur, avec l’iPad elle a appris à surfer sur Internet, à utiliser Skype et à envoyer des messages», explique un quinquagénaire.

Il précise qu’elle va acheter la version 2 car elle veut profiter des caméras pour voir ses interlocuteurs sur Skype ou utiliser Face Time, le logiciel de chat vidéo d’Apple. Idéal pour les grands-parents qui ne veulent pas d’un vrai ordinateur mais qui désirent contempler leurs petits-enfants à distance.

Un iPad dans le cockpit

 

Le terminal à la pomme est devenu un phénomène de société. Il est employé dans des écoles, par des artistes ou dans le monde des affaires. L’iPad était omniprésent début mars dans les stands des constructeurs lors du dernier salon de l’auto à Genève. L’appareil était utilisé pour toute sorte de démonstrations. Ironie, Ford présentait sur un iPad son nouveau système de guidage élaboré avec … Microsoft!

L’Administration fédérale de l’aviation vient de donner son feu vert à l’utilisation de l’iPad pour le plan de vol des pilotes. Plusieurs compagnies envisagent de remplacer par des tablettes les lourds volumes en papier contenant les directives de sécurité. Mais les passagers devront toujours éteindre leur terminal au décollage et à l’atterrissage.

De nombreux journaux et chaînes de télévision ont lancé une application spécifique pour l’iPad. Il est ainsi possible de lire son journal ou de regarder la télévision sur une tablette. Le groupe News Corp de Rupert Murdoch propose même depuis deux mois The Daily, un quotidien 100% iPad.

concurrents de l’ipad

Motorola. La Xoom de Motorola est actuellement la mieux placée. Avec deux caméras de 5 et 2 mégapixels, c’est le premier produit à fonctionner sous Android 3, spécialement conçu pour les tablettes. Une mise à jour supportera le format Flash.

Toshiba. La Toshiba Folio 100 possède un port USB, une sortie vidéo HDMI et un lecteur de carte SD. Avec Android 3 et deux caméra pour un écran 10 pouces 16/9.

Samsung. Galaxy Tab de Samsung est compatible avec Flash. Elle possède deux caméras et peut servir de téléphone grâce à sa connectivité 3G HSUPA. Mais sa diagonale n’est que de 17,8 cm contre 24,6 cm pour l’iPad.

Acer commercialise trois tablettes de 5, 7 et 10 pouces fonctionnant sous Android, plus une sous Windows 7. Pour les applications, le taïwanais propose sa propre boutique baptisée Alive.

BlackBerry. Mentionnons aussi, la large gamme de tablettes du français Archos, la Streak de Dell, la HP TouchPad et la PlayBook de RIM, fabricant du BlackBerry.

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records

Selon Deloitte, en 2011, il devrait se vendre dans le monde 375 millions de smartphones, 200 millions d’ordinateurs portables, 190 millions de PC, 50 millions de tablettes et 40 millions de netbooks.

La banque Morgan Stanley prévoit une croissance exponentielle des ventes de tablettes: de 16 millions en 2010 à 102 millions d’unités en 2013.

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L’ère du PC révolue?

La montée en puissance des tablettes bouscule l’écosystème du monde des ordinateurs qui dominent l’informatique depuis plus de vingt ans.

Le cabinet d’études Deloitte estime qu’en 2011, il se vendra plus de smartphones et de tablettes que de PC traditionnels. JP Morgan prévoit que 35% des tablettes vendues viendront cannibaliser les achats d’ordinateurs.

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