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Sergei Aschwanden, un samouraï suisse en argent

Sergei Aschwanden a été mis au tapis par l'Allemand Florian Wanner. Keystone

Champion d’Europe en titre, le judoka vaudois a terminé deuxième de sa catégorie vendredi aux Championnats du monde d’Osaka, au Japon.

Ce contenu a été publié le 12 septembre 2003 - 17:46

Sergei Aschwanden assure ainsi sa place aux JO d’Athènes. Grâce à lui, le judo suisse vit une période d’euphorie.

Le rêve de Sergei Aschwanden - décrocher l’or mondial dans le berceau même du judo, le Japon - s’est évaporé après seulement 73 secondes d’une finale prévue en cinq minutes.

Dans sa catégorie des moins de 81 kilos, le Vaudois a subi la loi de l’Allemand Florian Wanner, vainqueur par ippon. Non sans regrets.

«C’est toujours un peu difficile de terminer une compétition sur une défaite mais je suis tout de même satisfait», précise à swissinfo Sergei Aschwanden.

Médaillé de bronze des Mondiaux de Munich en 2001 et double champion d’Europe (2000 et 2003), Sergei Aschwanden a tout de même amélioré sa meilleure performance personnelle lors de ce rendez-vous mondial au pays du soleil levant.

Il y a également décroché son ticket pour les prochains Jeux olympiques. A Athènes, il pourrait d’ailleurs devenir le premier judoka suisse distingué dans les trois compétitions majeures (Mondiaux, Européens et JO).

«Les Jeux olympiques d’Athènes sont vraiment le grand objectif de toute ma carrière, se réjouit-il. Cette médaille d’argent et cette défaite en finale, ici à Osaka, vont m’être très utiles pour préparer ce rendez-vous majeur.»

Un nouveau retour de blessure gagnant

«Cette défaite en finale laisse comme un goût d’inachevé. Mais le fait qu’il se soit fait contrer sur un de ses mouvements favoris prouve que les autres athlètes se méfient de lui et étudient son judo», explique Alberto Manca, partagé entre une profonde tristesse et une grande satisfaction.

Et le manager de Sergei Aschwanden de poursuivre: «Mais il ne faut pas oublier que ce que vient de faire Sergei est vraiment une superbe performance. Cela d’autant qu’il s’est blessé lors de son titre européen à Düsseldorf et qu’il n’a pas pu s’entraîner correctement avant de se rendre au Japon.»

Mais de cela, Sergei en a l’habitude. Ses quatre plus grandes distinctions (ses deux titres européens et ses deux médailles mondiales) ont été acquises alors qu’il se relevait d’une blessure.

Peut-être moins en confiance que lorsqu’il est en pleine possession de ses moyens, il parvient alors à augmenter sa capacité de concentration et à profiter au maximum de son explosivité.

Le phénomène Sergei

Ainsi, depuis l’an 2000, entre blessures et coups d’éclat, Sergei Aschwanden permet au judo suisse de surfer sur la vague du succès au niveau international.

Seule ombre au tableau, son élimination précoce lors des derniers Jeux olympiques de Sydney. A Athènes, le Vaudois se chargera de laver l’affront australien.

«Le phénomène Sergei est gentiment en train de se mettre en place, reconnaît Alberto Manca. La réussite de ce jeune homme de mère Kennyanne et de père Uranais est une grande source de motivation pour tous les jeunes judokas. Et, grâce à lui, ce sport sort un peu de son anonymat dans notre pays.»

A ses côtés, la Biennoise Lena Göldi, vice-championne d’Europe en titre, et le Morgien Dominique Hischier sont aspirés par ce courant ascendant.

«Lors des grands rendez-vous, la délégation suisse n’est jamais impressionnante. Mais nos athlètes qui se déplacent font toujours très bonne figure», confirme-t-on du côté de la Fédération suisse de judo.

Pur hasard ou lien de cause à effet, lors des quatre dernières années le nombre de judokas licenciés en Suisse est passé de treize à dix-sept mille.

swissinfo, Mathias Froidevaux

Faits

Le judoka suisse Sergei Aschwanden a remporté la médaille d’argent des Championnats du monde d’Osaka dans la catégorie des moins de 81 kilos.
Le Vaudois avait déjà remporté le bronze mondial en 2001 à Munich. A son palmarès figurent également deux titres de Champion d’Europe.
Cette nouvelle performance de choix réalisée à Osaka lui ouvre les portes des Jeux olympiques d’Athènes de l’an prochain.
Cela faisait dix ans (Eric Born) qu’un judoka suisse n’avait pas disputé une finale lors de Mondiaux.

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En bref

- Seuls deux athlètes suisses disputent les Mondiaux de judo d’Osaka: soit Sergei Anschwanden chez les messieurs et Lena Göldi chez les dames.

- Troisième qualifié, Dominique Hischier s’est malheureusement blessé et est privé de compétition.

- Les deux meilleurs judokas du pays présents au Japon s’étaient respectivement parés d’or et d’argent lors des récents Championnats d’Europe de Düsseldorf il y a quatre mois.

- S’il s’empare d’une médaille aux JO d’Athènes, Sergei Aschwanden deviendrait le premier judoka suisse à avoir obtenu une distinction lors des trois compétitions majeures (Mondiaux, Européens et Jeux olympiques).

- La Fédération suisse de judo compte aujourd’hui 17'000 licenciés (il n’y en avait que 13'000 il y a quatre ans).

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