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Scrutin ouvert aux étrangers: le Jura donne l'exemple

Porrentruy présente sept candidats, Delémont six (photo), Bassecourt trois, et Les Bois quatre. picswiss.ch

Une vingtaine d´étrangers, dont la moitié de femmes, briguent dimanche un mandat dans quatre législatifs jurassiens. C´est une première suisse. Le Jura veut donner l´exemple en matière d´intégration, et attirer les populations étrangères.

Ce contenu a été publié le 24 novembre 2000 - 17:58

Le canton du Jura aura peut-être son premier étranger élu à un conseil de ville ce week-end. Si cela devait se confirmer, les droits civiques auront franchi un grand pas en Suisse.

Mais, il aura fallu plus de 20 ans - depuis la naissance du canton - pour que cette idée se concrétise. Après le rejet du peuple par référendum en 1996 du droit d'éligibilité des étrangers, le Parlement a fait le forcing auprès des communes pour en arriver à cette possibilité.

En attendant que les étrangers puissent être élus à un exécutif ou au Parlement cantonal, les conseils de villes auront probablement un ou deux de ces nouveaux candidats en leurs rangs.

Ce ne sont pas moins de 20 candidats, sans passeport à croix blanche, qui se présentent dans les quatre villes de Porrentruy, Delémont, Bassecourt et Les Bois. Seules ces communes du canton comptent un conseil de ville.

La ville de Porrentruy présente sept candidats, Delémont six, Bassecourt trois, et Les Bois quatre. La représentation est uniquement européenne, soit des Italiens - en majorité -, mais aussi des Espagnols, des Portuguais et des Français.

Tous les milieux sociaux sont représentés, du chef d'entreprise à l'étudiante, en passant par l'ingénieur, le serrurier et la secrétaire. D'ailleurs, les femmes ont la part belle, puisque sept d'entre elles sont sur les listes. En outre, tous les partis sont représentés, avec un panel «gauche-droite» bien équilibré.

Reste à savoir si un «outsider» aura une place sur les bancs d'un conseil de ville lundi matin. Il revient, bien entendu, aux électeurs de trancher. Car, une grande marge sépare l'acceptation affichée d'un candidat étranger et son élection effective.

Les citoyens jurassiens sont conscients des enjeux. A l'image de Luigi Viesti, un Italien sur les listes de Bassecourt: «certains étrangers et certains Suisses voteront pour nous, explique-t-il, mais une frange de la population n'acceptera jamais de voter pour un étranger. Mais c'est le jeu de la démocratie».

Les autorités jurassiennes attendent le résultat de cette élection avec impatience. «Notre objectif est de démontrer que notre canton est en avance en matière de politique d'intégration, souligne Jean-Louis Sangsue, chef du Service jurassien des communes. «De plus, notre canton est excentré et compte seulement 69 0000 habitants. Nous devons le rendre plus attractif aux étrangers».

Après les élections de ce week-end, il y aura sans doute des perdants et des gagnants. Quoi qu'il en soit une chose est sûre: les Jurassiens auront fait preuve d'une ouverture exemplaire.

Jean-Louis Thomas

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