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Traitements contre le sida: efficaces partout?

Les thérapies sont plus efficaces si le sida est diagnostiqué rapidement. Keystone

Les nouvelles thérapies fonctionnent dans les pays du Sud, mais les taux de mortalité y restent plus élevés qu'ailleurs. Une étude suisse analyse le phénomène.

Ce contenu a été publié le 11 mars 2006 - 12:04

Ce rapport, dû au département de médecine sociale et préventive de l'Université de Berne, est publié ce samedi dans le journal médical britannique «The Lancet».

Dans les pays en voie de développement, les thérapies antirétrovirales hautement actives (HAART) – la combinaison de différents médicaments antirétroviraux – a abaissé le taux de mortalité des malades atteints du sida de 90%. Mais jusqu'à ce jour, on ne savait pas grand-chose du taux de réussite dans les divers pays concernés.

«Nous savions à travers différentes études que ces traitements réduisent considérablement la mortalité, mais nous souhaitions savoir s'ils fonctionnent de la même façon en Afrique, en Asie et en Amérique latine», explique Matthias Egger, du département de médecine sociale et préventive de l'Université de Berne.

Celui-ci a constaté que dans les pays en voie de développement, les personnes atteintes entament le traitement quand la maladie est à un stade beaucoup plus avancé que dans les pays développés. Leur système immunitaire est donc déjà beaucoup plus endommagé.

«Le taux de mortalité au cours des premiers mois de traitement est 5 à 8 fois plus important dans les pays en voie de développement que dans les pays du Nord», constate-t-il.

Conséquences

On peut espérer que le projet, mené sur deux ans, va permettre de définir comment les traitements pourraient être introduits le plus rapidement et le plus systématiquement possible, et comment son efficacité peut être maximisée.

Pour Matthias Egger, l'étude aura deux implications principales pour les programmes de traitement dans les pays en question. «Il s'agit d'amener les gens à bénéficier plus rapidement des traitements. Par ailleurs, plus d'attention doit être portée aux complications concomitantes, comme la tuberculose», dit-il.

Selon lui, les médecins doivent traiter ces problèmes de santé connexes avant de commencer à traiter le sida lui-même – «ce qui n'est possible que si le diagnostic intervient plus tôt».

Ce que le rapport de l'Université de Berne a également mis en lumière, c'est que si les personnes atteintes du sida devaient payer leurs médicaments, les taux de mortalité seraient presque deux fois plus élevés.

«En Afrique, les personnes touchées commenceraient les traitements, mais elles manqueraient rapidement de moyens et, par conséquent, l'interrompraient. Alors elles mourraient, ou disparaîtraient du programme de recherche».

Et d'ajouter: «Cela paraît évident, mais il est très important de pouvoir analyser réellement ce qui se passe».

Rendre ces programmes viables

«Le lancement de ces nouveaux traitements a été tout à fait étonnant», constate Matthias Egger. «Aujourd'hui, c'est un million de personnes au moins qui sont traitées dans les pays du Sud. Cela ne représente peut-être que 15% des cas qui auraient besoin de ces traitements, mais c'est un changement crucial, si l'on compare la situation à celle d'il y a deux ou trois ans.»

En dépit de ces progrès, pour Mathhias Egger, le défi reste gigantesque. «Après le soutien enthousiaste qui a été manifesté par des institutions comme le l'Organisation mondiale de la Santé ou le Fonds global envers ces programmes de traitement, il s'agit maintenant de rendre ces initiatives réellement viables», dit-il.

«Il serait terrible de voir l'Occident s'engager dans cette démarche, payer pendant quelques années, puis perdre tout intérêt et laisser les gens mourir à nouveau – ce serait une perspective vraiment déprimante et il faut à tout prix empêcher cela».

Matthias Egger est-il confiant dans la viabilité de ces programmes? «Je suis plein d'espoir», répond-il.

swissinfo, Thomas Stephens
(Traduction de l'anglais: Bernard Léchot)

Faits

Une étude menée par le département de médecin sociale et préventive de l'Université de Berne a mené une comparaison quant au taux de mortalité chez des patients infectés par le sida dans les pays développés et dans les pays en voie de développement.
Le taux de mortalité au cours des premiers mois est 5 à 8 fois plus important dans les pays en voie de développement.
Si les patients devaient de surcroît payer pour les médicaments, le taux de mortalité serait presque deux fois plus élevé.

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En bref

- La tendance globale en matière de transmission du sida est à la hausse.

- Il y a eu environ cinq millions de nouvelles infections en 2005.

- Plus de 40 millions de personnes sont séropositifs.

- Sur les trois millions de personnes qui sont mortes de maladies liées au sida l'année dernière, 500.000 étaient des enfants.

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