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Satisfaction suisse après le sommet de la Francophonie

OIF

Crises alimentaire et financière, français, environnement: le XIIe Sommet de la Francophonie est, officiellement du moins, une réussite. Chef de la délégation suisse, le Secrétaire d'Etat Anton Thalmann le juge même «très réussi».

Ce contenu a été publié le 20 octobre 2008 - 00:02

«Une réussite éclatante, à tous les points de vue», assure, lui aussi, Abdou Diouf au terme du sommet de Québec. Pour le Secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), la crise financière n'a pas éclipsé les autres enjeux.

«Très équilibrées, les discussions ont donné des directions de solutions sur les crises environnementale, alimentaire, financière comme pour les points chauds de l'espace francophone».

Au final, ce sommet accouche d'une Déclaration de Québec (sept pages et quatre chapitres) et de quatre résolutions.

Les Etats membres offrent par exemple leur appui unanime au principe d'une conférence internationale pour rénover le système financier mondial. Un sommet qui pourrait avoir lieu sur le site onusien de New York avant la fin de l'année.

La Francophonie soutient aussi l'idée d'un partenariat mondial sur l'alimentation et l'agriculture. Elle veut pêle-mêle renforcer partout le soutien au français et «garantir sa pleine reconnaissance sur la scène internationale», doper TV5, faire plus pour la démocratie et les droits humains et de l'enfant. Ou, encore, envoyer davantage de forces francophones pour les opérations de maintien de la paix.

Les membres de l'OIF s'engagent également à mettre au point des politiques nationales en vue d'une réduction globale de moitié d'ici 2050 des émissions mondiales de gaz à effet de serre.

Se regarder dans les yeux

Côté suisse, c'est la satisfaction après ce sommet qualifié par Anton Thalmann de «très réussi». Le Secrétaire d'Etat salue le choix des Canadiens de renoncer aux grandes plénières et leurs alignées d'interventions pour des huis-clos, des tables rondes et des séances thématiques permettant de «décrypter la situation et se regarder dans les yeux.»

A Québec, la Suisse a redit son attachement au mouvement francophone. «Il y a complémentarité entre ce qui se passe dans la Francophonie et les autres enceintes du type ONU. La Francophonie a l'avantage d'être une sorte de club restreint qui permet de mieux se parler», selon Anton Thalmann.

Parmi les thèmes abordés qui tenaient à cœur de la Suisse: l'environnement et la biodiversité, les droits de l'homme, l'Etat de droit, la promotion de la paix, la crise alimentaire.

La Suisse est satisfaite car «il s'est dégagé un certain consensus sur de nombreux points, explique Anton Thalmann. La Déclaration et les résolutions n'ont pas une signification opérationnelle partout. Mais elles façonnent la conscience collective des Etats, qui trouvent des repères ensemble.»

Avec les pays du Sud

Pour le Secrétaire d'Etat, «la Francophonie est, pour les pays en développement, la possibilité d'obtenir une attention qu'ils n'ont pas facilement ailleurs.»

Du sommet, il ressort d'ailleurs l'engagement des pays du Nord qu'ils ne laisseront pas ceux du Sud se débrouiller seuls face à la crise financière et ses conséquences. Une manière aussi, pour la Suisse, de «renouveler [son] engagement à tenir [ses] obligations en matière d'aide au développement.»

Chef du Service de la Francophonie aux affaires étrangères (DFAE), Patrick Pardo observe une «Francophonie qui, sous l'aspect politique, s'affirme plus que par le passé et envoie des messages forts, notamment en matière de crise financière.»

Pour lui, «la Francophonie souhaite que dans les solutions qui seront proposées à l'avenir pour la crise et la réorganisation du système financier, les intérêts des pays du Sud soient beaucoup plus pris en compte.»

Une absence remarquée

A Québec, l'absence de Pascal Couchepin, resté à Berne en raison de la crise financière, n'est pas passée inaperçue. Mais selon Anton Thalmann, cette «absence du Président de la Confédération n'implique pas du tout que la Suisse fléchit dans ses engagements pour la Francophonie.»

«J'ai pu expliquer la situation à Québec. Le Premier ministre [canadien] Harper et le Secrétaire général de l'OIF Abdou Diouf, notamment, ont très bien compris. Je n'ai pas eu l'impression que c'était un problème.»

Couverts par 770 journalistes largement confinés au sein du centre média, à l'affut des rares apparitions de décideurs, ce sommet a duré moins de 48 heures. Mais tout avait commencé avant même l'ouverture officielle.

Nicolas Sarkozy – la star pressée du moment– et Jose Manuel Barroso, président de la Commission européenne, ont participé vendredi à un mini-sommet Union européenne-Canada. Résultat: la perspective d'un partenariat économique «renforcé».

Le grand jeu sécuritaire

Dans un centre-ville de Québec sous haute surveillance policière, avec large déploiement d'hommes, de moyens techniques et d'hélicoptères, France et Québec ont aussi signé un accord sur la reconnaissance des qualifications professionnelles. Une approche qui intéresse, côté suisse, a indiqué la présidente du gouvernement jurassien Elisabeth Baume-Schneider.

Ces préalables au sommet proprement dit ont surtout été marqués par le discours historique du leader français devant l'assemblée nationale québécoise. Une intervention interprétée par la presse québécoise comme partisane.

En estimant que le monde n'a pas besoin «d'une division supplémentaire», Sarkozy aurait choisi le Canada uni plutôt que la souveraineté du Québec.

swissinfo, Pierre-François Besson à Québec

Le sommet

Ce XIIe Sommet de la Francophonie réunissait une trentaine de chefs d'État et de gouvernement des 56 pays membres et 15 pays observateurs de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF).

A Québec, l'Arménie a été admise comme membre permanent de l'OIF, financée à 80% par la France (133 millions d'euros). La Thaïlande et la Lettonie se sont jointes à l'organisation à titre d'observateurs.

Madagascar a été choisi comme organisateur du XIIIe sommet de l'organisation (son organe suprême) en 2010.

Fondée sur un ensemble de valeurs universelles, l'OIF, qui réunit des pays francophones ou francophiles, mène une action politique en faveur de la paix, de la démocratie et des droits de l'Homme.

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LA SUISSE ET L'OIF

Membre de l'OIF depuis 1989, elle participe à plusieurs organisations comme l'Agence universitaire de la Francophonie (AUF), l'Association internationale des Maires francophones (AIMF), TV5 Monde, l'Université Senghor d'Alexandrie.

La Suisse est aussi représentée au sein de l'Assemblée parlementaire de la Francophonie (AUF), de la Conférence des ministres de la Jeunesse et des sports des pays francophones (CONFEJES) et de celle des ministres de l'éducation des pays francophones.

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