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Samba sauce helvétique

Sambrasiléia swissinfo.ch

Le carnaval, en Suisse c’est surtout la ‘Guggenmusik’. Pourtant, avec Sambrasiléia, le pays compte une véritable école de samba!

Ce contenu a été publié le 07 février 2005 - 17:34

Fondée par des Brésiliens, elle attire bon nombre d’Helvètes. Mais attention, les tambours sont parfois munis de sourdines… pour ne pas déranger les voisins.

L’école de samba Sambrasiléia donne des cours dans le plus pur style suisse… c’est-à-dire en silence.

Les membres se réunissent à Bâle, dans les sous-sols d’un immeuble. Mais le local est extrêmement bien isolé pour respecter des lois suisses, assez sévères en matière de nuisances sonores.

L’école n’a jamais reçu de plaintes de la part des voisins. Mais à l’intérieur du local, beaucoup répètent avec des protections pour les oreilles. En effet, le son des instruments peut atteindre 130 décibels.

L’école représente davantage qu’un endroit destiné à réunir des Brésiliens nostalgiques de samba. Comptant environ 35 membres, elle attire également de nombreux Suisses intéressés aussi bien à cette musique qu’à l’hospitalité brésilienne.

«J’ai vécu trois ans à Rio de Janeiro, raconte Karin Valota, une Suissesse de 40 ans. Quand je suis revenue en Suisse, je n’ai pas voulu perdre le contact avec la culture brésilienne.

A Rio, Karin a eu l’occasion de défiler avec la Mangeira, l’école de samba la plus traditionnelle du carnaval carioca et avec la Mocidada Independente de Patre Miguel, considérée comme la meilleure formation du carnaval brésilien.

«La chaleur humaine des Brésiliens me manquait, explique encore Karin. J’aime beaucoup la Suisse et j’y compte de nombreux amis. Mais les Latinos sont plus ouverts que les Européens.»

Difficile de prendre de rythme



S’entraîner à jouer le rythme de la samba n’est pas facile. Au lieu de distribuer des partitions aux membres de l’école, son directeur musical, Adilson de Almeida (45 ans), préfère insister sur le rythme.

«Au début, nous avons fait une formation pour que les gens assimilent le rythme de la samba, explique-t-il. Car ce qui est naturel pour un Brésilien se révèle beaucoup plus difficile pour un étranger.»

Mais si les étrangers n’ont pas vraiment le rythme dans le sang, ils possèdent d’autres qualités qui aident à faire du groupe une école de samba.

«Ils sont disciplinés, intéressés et ont la patience d’apprendre», relève le directeur musical. Il n’en reste pas moins que personne ne peut jouer d’un instrument, même de percussion, sans beaucoup de travail et de persévérance.

Une autre préoccupation de la direction de l’école est de créer une ambiance informelle et peu stressante. Pour le président de l’école, Paulo Vidal (42 ans), il est en effet important qu’il n’y ait pas un climat de tension, même lorsque les participants commettent des erreurs.

«Nous en rions, nous effectuons les corrections nécessaires et nous continuons à jouer, déclare-t-il. Les gens ont envie de se divertir, mais savent aussi qu’ils doivent apprendre à jouer juste dans la perspective d’une représentation.»

L’école s’est déjà produite dans plusieurs villes de Suisse, d’Allemagne et de France. Et toujours dans un esprit festif.

Mais depuis deux ans, le directeur musical exige un peu plus de ses élèves. «Maintenant, je tente de corriger la tenue des instruments ou d’autres détails, afin que nous devenions toujours un peu meilleurs», dit-il.

Attention aux voisins

Rolf Kron partage la vision de sa direction de l’école. Ce Suisse de 53 ans adore la samba et déclare que l’une des grandes émotions de sa vie fut de défiler en 2004 avec l’école Salgueiro à Rio de Janeiro.

Rolf ne manque jamais une répétition, mais avoue avoir des difficultés à apprendre le tambourin. «J’aime beaucoup danser, confie-t-il. A tel point que j’en oublie de jouer.»

Mais Rolf est tenace et s’entraîne même à la maison. Il veille cependant à ne pas déranger ses voisin. «J’enroule mon tambourin dans un linge et je joue seulement pour entraîner le rythme», indique-t-il. Même pris par la passion de la samba, la tranquillité reste une valeur bien helvétique…

swissinfo, Lourdes Sola, Bâle
(Traduction du portugais: Olivier Pauchard)

En bref

- Le carnaval bat son plein depuis le 3 février dans les cantons catholiques de Suisse.

- Le week-end dernier, des milliers de personnes ont fêté dans le Jura, en Valais et à Fribourg, ainsi que dans les régions catholiques des cantons de Bâle, Saint-Gall, Argovie et des Grisons.

- Dans les régions protestantes, le carnaval débute après le Mercredi des Cendres, soit dès le 10 février.

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