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SAirGroup: sortie de piste du conseil d'administration

La décision de décapiter SAir Group date du 2 mars déjà. Keystone Archive

Après les départs de Philippe Bruggisser et Paul Reutlinger, puis de Moritz Suter le fondateur de Crossair, c'est l''actuel conseil d'administration de SAirGroup qui jette l'éponge, à l'exception d'un seul de ses membres, Mario Corti. Le changement se fera en deux temps, et sera achevé au printemps 2002.

Ce contenu a été publié le 09 mars 2001 - 18:55

Ce nouveau coup de tonnerre a été lancé en début de soirée dans un communiqué. «Nous assumons nos responsabilités et nous mettrons tout en oeuvre pour assurer l'avenir de l'entreprise et de ses collaborateurs», a déclaré Eric Honegger.

Le président du conseil d'administration est cité dans un communiqué, qui précise que la décision ne donnera lieu «à aucun commentaire ni aucune déclaration».

Lors de l'assemblée générale de 2001, Gerhardt Fischer (au conseil depuis avril 2000), Paul-Antoine Hoefliger (1978), Thomas Schmidheiny (1980), Vreni Spoerri (1988) et Gaudenz Staehlin (1984) se retireront.

Lors de l'assemblée de 2002, ce sera au tour du président Eric Honegger (président depuis avril 2000, au conseil depuis 1993), de Bénédict Hentsch (1989), d'Andres F. Leuenberger (1995) et de Lukas Mühlemann (1995). Seul Mario Corti (avril 2000) gardera ses fonctions dans la nouvelle instance.

Le nouveau conseil d'administration devrait avoir huit membres - M. Corti compris - au lieu de dix. Trois nouveaux membres seront proposés lors de l'assemblée 2001, et quatre autres le seront lors de l'édition 2002.

Selon le communiqué de vendredi soir, la décision de renouveler dans un délai d'un an l'ensemble du conseil d'administration - à l'exception d'un membre - a été prise en séance le vendredi 2 mars déjà, soit il y a exactement une semaine.

Plus que jamais, le flou règne sur l'avenir de SAirGroup et de son fleuron Swissair. Rattrapé par la réalité du marché, le groupe aérien se doit désormais non seulement de se définir une nouvelle stratégie qui tienne la route, mais également de se trouver une nouvelle équipe pour piloter l'ensemble.

Les difficultés de ces derniers mois, en Belgique (avec Sabena), en France (AOM, Air Liberté, Air Littoral) et en Allemagne (LTU), font piquer du nez l'avion SAirGroup. Après le «débarquement» le 23 janvier du président de la direction Philippe Bruggisser, à l'origine de la stratégie de prises de participation, le groupe paraît aujourd'hui à la dérive.

Ce sentiment de cafouillage et d'amateurisme, relevé par de nombreux observateurs ces derniers jours, atteint désormais son paroxysme. Sabena sauvée provisoirement - de justesse - de la faillite, Paul Reutlinger, éphémère sauveur de la compagnie belge chargé de redresser le pôle français et qui jette l'éponge début février, et finalement le départ de Moritz Suter en ont constitué les faits majeurs.

Le fondateur de Crossair avait été nommé à l'éviction de Philippe Bruggisser à la tête de SAirLines, la division des compagnies aériennes du groupe. L'annonce de son départ mercredi est tombé alors même que le conseil d'administration avait décidé il y a une semaine déjà, le 2 mars précisement, de se saborder,
sans pour autant en piper mot.

Selon les observateurs, cette démission collective met globalement en lumière l'inadéquation entre la composition de ces organes de surveillance et les compétences de leurs membres. Pour Pierre Condom, directeur de la revue «Interavia», pas un des administrateurs de SAirGroup n'était un spécialiste du transport aérien.

Ce nouvel épisode du «drame» SAirGroup accroît la pression sur le groupe dans sa volonté de revoir sa stratégie, fondée sur un pôle aérien et un pôle pour les activités dérivées (catering, logistique, etc). La redéfinition veut avant tout faire du secteur aérien un centre de profit autonome, détaché de la volatilité qui le pénalise.

swissinfo et les agences.

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