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Saddam Hussein: La Suisse contre la peine de mort

La justice irakienne a prononcé son verdict contre l'ancien dictateur Saddam Hussein. Keystone

La Suisse critique la sentence de mort prononcée dimanche contre le président irakien déchu Saddam Hussein. Le Haut tribunal pénal irakien a condamné l'ancien Raïs à la pendaison.

Ce contenu a été publié le 05 novembre 2006 - 19:39

Sur la scène internationale, les réactions sont diverses à propos du verdict rendu public dimanche.

«La peine de mort n'est pas justifiable, même pour les crimes les plus graves», a déclaré le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) après le verdict condamnant Saddam Hussein à la pendaison.

Mais Berne salue le fait que le procès contre les ex-responsables de la dictature irakienne a été mené à son terme.

«L'ancien président irakien devait être sévèrement puni vu la gravité de ses actes», reconnaît le DFAE dans un communiqué. Or d'après le droit pénal irakien, la plus lourde sanction prévue est la peine de mort.

Mais «pour la Suisse, la peine de mort n'est pas justifiable, même pour les crimes les plus graves. Cette position fondamentale vaut également dans le cas de Monsieur Saddam Hussein».

Pour un Etat de droit

«La Suisse ne connaît pas la peine de mort, interdite explicitement dans la Constitution fédérale depuis 1999. Elle s'engage pour l'abolition de cette sanction dans tous les forums internationaux, de même que dans des interventions diplomatiques bilatérales», précise encore le département.

Le DFAE espère que les procès menés contre les anciens responsables de la dictature irakienne contribueront à surmonter les épreuves du passé et à instaurer un Etat de droit. Il se dit néanmoins «très préoccupé par la situation d'insécurité dramatique qui continue de prévaloir en Irak».

Les réticences européennes

Les pays occidentaux ont exprimé leur satisfaction de voir l'ancien président irakien Saddam Hussein condamné pour ses crimes. Mais, comme la Suisse, les Européens ont fait état de leur réticence face à la peine capitale.

La France a dit «prendre acte de la sentence prise par la justice irakienne», tout en rappelant que l'Union européenne (UE) était pour l'abolition de la peine de mort.

Une position répétée par la présidence finlandaise de l'UE qui a appelé l'Irak à ne pas appliquer la peine de mort prononcée à l'encontre de l'ancien président irakien Saddam Hussein. L'UE s'est déclarée opposée à la peine capitale «en toutes circonstances».

Les félicitations de Washington

La Maison Blanche a, pour sa part, félicité le système judiciaire irakien pour son indépendance dans le procès de Saddam Hussein et a nié toute intervention du gouvernement de George Bush pour obtenir un verdict avant les élections cruciales de mi-mandat de mardi aux Etats-Unis.

«La justice opère indépendamment. Nous devons lui rendre hommage pour avoir accompli son travail et ce, de la façon qui lui a paru appropriée», a déclaré le porte-parole présidentiel Tony Snow.

En Iran et au Koweït, deux pays qui ont souffert directement du régime de Saddam Hussein, une satisfaction sans réserve était aussi de mise.

Mise en garde à Moscou

Commentaire différent à Moscou, où le président de la commission des Affaires étrangères Konstantin Kossatchev a mis en garde contre les «conséquences catastrophiques» qu'aurait pour l'Irak la pendaison de l'ancien président irakien.

Le Haut commissaire de l'ONU chargé des droits de l'homme, Louise Arbour, a d'ailleurs appelé le gouvernement irakien à observer un moratoire sur l'exécution pour permettre à toutes les procédures d'appel d'avoir lieu.

Tout en déplorant également la peine de mort, l'organisation de défense des droits de l'homme Amnesty International (AI) estime que le procès est: «marqué par de graves failles qui remettent en question la capacité du tribunal à administrer une justice juste, en conformité avec les normes internationales».

Le Vatican enfin a critiqué la sentence de la peine de mort. Pour le cardinal Renato Raffaele Martino, le verdict se place dans la logique de la Loi du Talion : «Œil pour œil, dent pour dent».

swissinfo et les agences

Faits

Saddam Hussein a pris le pouvoir en Irak en 1979.
L'ancien Raïs a été capturé par les forces américaines en 2003.
Son procès pour crimes contre l'humanité a débuté le 19 octobre 2005.

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En bref

Le président irakien déchu Saddam Hussein a été condamné à mort par pendaison dimanche par le Haut tribunal pénal irakien pour sa responsabilité dans l'exécution de 148 habitants chiites du village de Doujaïl dans les années 1980, en représailles à un attentat contre son convoi.

Deux autres condamnations à mort ont été prononcées, l'une contre un demi-frère de Saddam, Barzan al-Tikriti, patron des renseignements au moment des faits, l'autre contre l'ancien président du tribunal révolutionnaire, Awad Ahmed al-Bandar. L'ancien vice-président, Taha Yassine Ramadan, a été condamné à la
prison à vie.

Selon l'organisation Human Right Watch, 200'000 opposants potentiels ont été tués sous le règne de Saddam Hussein, de 1979 à 2003.

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