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Rocambolesque prise d'otages à Berne

L'unité spéciale de la police bernoise donnant l'assaut. Keystone

Les trois hommes armés, auteurs de la prise d’otages au consulat d’Espagne à Berne lundi, sont recherchés par la police suisse.

Ce contenu a été publié le 07 février 2005 - 19:05

Les locaux de la mission diplomatique étaient vides lorsqu’une unité d’élite a donné l’assaut en début d’après midi.

Un cambriolage raté au consulat d'Espagne à Berne a tenu les policiers suisses en haleine durant sept heures lundi. Ceux-ci ont cru à une prise d'otages avant de constater – au moment de la prise d’assaut - que les malfaiteurs avaient quitté les lieux depuis longtemps.

Les assaillants, trois jeunes hommes armés de couteaux et d'une arme à feu et partiellement masqués, se sont en effet échappés du bâtiment avant même l'arrivée des forces de l'ordre, a expliqué le chef de la police de sécurité de la ville de Berne, Peter Theilkaes.

«Nous pensons qu'ils ont tous les trois quitté le bâtiment avant 08h00 (07h00 GMT) et l'arrivée de la police. Le mobile pour nous n'est pas clair: cela va du cambriolage à la prise d'otages classique», a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

Rappel des faits

Toujours selon le chef de la police de sécurité de la ville de Berne, les malfaiteurs ont pénétré de force dans le consulat situé dans le quartier du Kirchenfeld où se trouvent plusieurs représentations diplomatique.

Peu avant huit heures lundi matin, deux employés qui arrivaient sur place ont été sommés par les cambrioleurs d'ouvrir le coffre-fort. Ils ont ensuite tenté de forcer un troisième employé à entrer dans le bâtiment, mais ce dernier s'est défendu.

L'un des agresseurs l'a alors frappé d'un coup de couteau à la tête. L'homme a réussi à prendre la fuite et à donner l'alerte à une patrouille de police qui passait dans le quartier des ambassades.

Entre-temps, les voleurs avaient enfermé les deux premiers fonctionnaires dans une pièce du consulat et ils ont eu tout juste le temps de s'échapper avant le bouclage du quartier par les forces de l'ordre.

Pensant que les trois individus se trouvaient toujours à l'intérieur du bâtiment diplomatique, la police, appuyée par des blindés et des tireurs d'élite, a ensuite encerclé le consulat.

Les deux fonctionnaires bloqués dans une pièce séparée au premier étage sont parvenus à faire signe aux policiers par la fenêtre. Ils ont été évacués trois heures plus tard par l'arrière de la villa.

A Madrid, au même moment, le ministre espagnol des Affaires étrangères Miguel Angel Moratinos indiquait que tous les employés de la mission étaient hors de danger.

Les policiers suisses ont également obtenu de Madrid l'autorisation de pénétrer dans le bâtiment. Ils ont alors ordonné alors (par haut-parleur) aux individus de quitter les lieux, puis 12 membres des forces de sécurité sont entrés dans les locaux.

Ce n'est qu'à 15h00 que la prise d'otages a officiellement été considérée comme terminée.

Des passeports et des timbres pour visas

A noter que l'état du fonctionnaire blessé est jugé «moyennement» grave, selon Peter Theilkaes. Quant au butin, il est inexistant. «Ils n'ont rien pris», a déclaré le policier.

Selon des employés du consulat, les inconnus voulaient s'emparer de passeports ou de timbres pour visas qui se négocient au marché noir entre 6’000 et 8’000 francs la pièce.

Plusieurs tentatives d'effraction ont déjà eu lieu au consulat d'Espagne, ont précisé les employés.

Les trois hommes, qui parlaient français et étaient en partie masqués, sont actuellement recherchés. Les enquêteurs partent du principe qu’il s’agit d’un acte à caractère criminel et non politique, conclut un communiqué de la police.

A noter que cette prise d'otages a nécessité pour la première fois depuis six ans la mobilisation de l'Etat-major «Prise d'otage et chantage», qui venait justement d'effectuer un exercice avec plus de 150 personnes en novembre dernier.

Son responsable, le ministre de la justice Christoph Blocher a été immédiatement informé et a interrompu ses vacances pour venir à Berne. En tant que président de la Confédération, Samuel Schmid a également été alerté.

swissinfo et les agences

Faits

Pour la première fois depuis six ans la mobilisation de l'Etat-major «Prise d'otage et chantage» a été nécessaire.

Pour intervenir dans le consulat d’Espagne, la police bernoise a dû demander une autorisation au gouvernement espagnol.

Selon la Convention de Vienne (signée en 1961 et entrée en vigueur en Suisse en 1964), les représentations étrangères sont considérées comme territoires inviolables.

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En bref

Les précédentes incidents dans les missions diplomatiques en Suisse:

- 16 février 1999: des militants kurdes occupent les représentations grecques à Zurich et Muri (près de Berne) ainsi que le siège du Parti socialiste genevois, prenant plusieurs personnes en otages.

- 14 décembre 1988: six opposants iraniens non armés prennent quatre personnes en otages au consulat de leur pays à Genève.

- 12 juillet 1988: des Kurdes occupent le consulat honoraire d'Allemagne fédérale à Bâle, prenant deux personnes en otages.

- 6 septembre 1982: un commando armé occupe l'ambassade de Pologne à Berne et prend treize personnes en otages.

- 14 février 1955: six anticommunistes roumains occupent l'ambassade de leur pays à Berne après avoir abattu le concierge

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