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Rilke en Valais

Le Manoir de Muzot. rilke-online.de

Quelle relation Rainer Maria Rilke entretenait-il avec le Valais et le village de Muzot, où il vécut dès 1921?

Ce contenu a été publié le 20 août 2003 - 10:25

Tentative de réponse en quelques textes et propos.

Ma chère Princesse,

Juillet touche à sa fin et je ne suis pas auprès de vous. [...] mais ce qui me retient loin de vous, c'est ce merveilleux Valais. J'ai été passablement imprudent de laisser mon voyage me conduire dans cette vallée, vers Sierre et Sion. Je vous ai raconté la magie singulière que ces lieux ont exercée sur moi quand je les vis pour la première fois l'an dernier, au temps de la vendange. Ce qui, alors déjà, m'avait tout de suite frappé, ç'avait été de voir paraître dans cette contrée-ci, étrangement mêlées, l'Espagne et la Provence. [...]

Muzot se trouve à vingt minutes de Sierre, presque droit au-dessus, dans une contrée peu aride, riante, où bondissent beaucoup de sources, avec des échappées sur la vallée, sur les pentes des montagnes et dans les merveilleuses profondeurs du ciel.

Voilà ce qu’écrivait Rainer Maria Rilke à la princesse de la Tour et Taxis. C’était le 25 juillet 1921 à l’Hôtel Bellevue de Sierre, devenu depuis l’hôtel de ville de Sierre.

La solitude pour passion

Le Valais, Rilke en est manifestement tombé amoureux. Grâce à la nature valaisanne, à son ambiance méridionale. Et sans doute aussi, à sa rusticité d’alors.

«Si on imagine le Valais de 1920, c’était beaucoup plus sauvage et beaucoup plus tranquille que le Valais d’aujourd’hui. Aujourd’hui, il ne s’y serait peut-être pas arrêté!» commente René-Pierre Antille, président du festival.

La nature, les paysages, la solitude… «Il est venu ici pour écrire, donc pour s’isoler. Ce n’était pas quelqu’un d’extraverti, qui aurait cultivé les contacts avec les notables ou la population locale», ajoute-t-il.

Des propos confirmés par le témoignage de quelqu’un qui croisa Rilke dans son Valais d’adoption, l’écrivain français Edmond Jaloux:

«La première fois que je le rencontrai, je me souviens combien son apparence me déconcerta. Petit, maigre, chétif, avec un visage osseux et singulièrement étroit, un grand front admirable, un long nez pointu, des moustaches chinoises, un menton presque absent, et ces beaux yeux verts, singuliers, qui illuminaient toute sa physionomie. Il était d'une politesse cérémonieuse et raffinée… »

«Mais cette politesse dissimulait mal une sorte de gêne… La solitude était sa plus grande passion. Il habitait une petite tour en ruine, au-dessus de Sierre, qui domine la vallée du Rhône, dans le Valais…»

swissinfo, Bernard Léchot

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