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Réfugiés kosovars: pour des retours raisonnables

Alors que Berne s’apprête à renvoyer 20 000 Kosovars sur 40 000 au 31 mai, l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés préconise une politique plus «réaliste et humaine»: échelonner les retours et épargner les personnes vulnérables.

Ce contenu a été publié le 14 mars 2000 - 11:39

Alors que Berne s’apprête à renvoyer 20 000 Kosovars sur 40 000 au 31 mai, l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés préconise une politique plus «réaliste et humaine»: échelonner les retours et épargner les personnes vulnérables.

Au Kosovo, la situation demeure très tendue. Les forces internationales peinent à assurer l’ordre et ne sont pas en mesure de protéger les minorités. L’économie est en miettes avec un taux de chômage de 80 pour cent. La destruction de 2000 villages a provoqué un exode vers Pristina, dont la population a doublé à 600 000 habitants. En outre la Serbie continue de miner le processus de paix et menace à présent le Monténégro.

Malgré ce constat, près d’un million de réfugiés kosovars sont déjà rentrés. Les renvois ayant été suspendus pour l’hiver à la demande de l’ONU, le mouvement devrait reprendre et donner le coup d’envoi à la reconstruction des quelque 100 000 logements détruits par la guerre.

«Malgré l’instabilité et le marasme économique, la majorité des Kosovars, notamment les hommes jeunes et valides, devrait pouvoir rentrer.» C’est ce qu’a déclaré mardi à Berne le secrétaire central de l’OSAR, Markus Loosli. Mais le nombre important de renvois prévus est problématique. L’OSAR demande donc à l’ODR d’assouplir «une attitude trop rigide qui risque de durcir le débat et de ralentir les retours volontaires». A ce jour, on en dénombre 19 000, un succès.

Mais l’organisation de défense des réfugiés demande des exceptions à propos de trois catégories de requérants: les membres de minorités (les Roms, les Slaves musulmans, les Albanais du sud de la Serbie et les «collaborateurs»), les familles installées en Suisse depuis plus de quatre ans ainsi que les cas humanitaires, c’est-à-dire les malades, les vieillards ou les mineurs seuls, les femmes seules avec enfants.

Ces propositions sont soutenues par le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés. Son représentant en Suisse, Philippe Leclerc, estime que «la sécurité des minorité s’est aggravée», mais qu’il faut «encourager les retours volontaires». Et de préciser que des départs forcés feraient l’objet de négociation avec la Suisse.

De son côté, l'Office fédéral des réfugiés se dit prêt à entrer en matière à propos des deux premières catégories. Du reste, ce mardi toujours, l'ODR a annoncé qu'il renonçait pour l'instant à renvoyer les quelques 600 Roms du Kosovo. Bonne nouvelle, mais il reste à définir avec précision les cas humanitaires. Ce sera plus délicat, alors que le temps presse.

Isabelle Eichenberger

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