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Quel avenir pour les écoles suisses à l'étranger?

Les 17 écoles suisses à l’étranger accueillent au total 6000 élèves, dont 1800 Suisses. www.aso.ch

Elles sont peu connues dans la mère-patrie. Mais à l’extérieur des frontières, les écoles suisses à l’étranger sont des ambassadeurs de la qualité suisse.

Ce contenu a été publié le 08 juillet 2003 - 17:03

Pourtant, ces écoles manquent de financements. Elles doivent donc s’interroger sur leur avenir.

On dénombre actuellement 17 écoles suisses à l’étranger. Réparties sur les quatre continents, elles accueillent au total 6000 élèves, dont 1800 sont suisses.

Environ 500 professeurs dispensent l’enseignement. La moitié d’entre eux sont des Suisses.

Des diplômes reconnus en Suisse

Toutes ces écoles dispensent l’enseignement obligatoire (primaire et secondaire) et disposent d’une section maternelle. Une moitié d’entre elles permettent de faire le baccalauréat, clef indispensable pour entrer dans les universités des pays-hôtes.

Par ailleurs, le baccalauréat international s’impose de plus en plus. Il autorise l’entrée dans des universités du monde entier.

Les diplômes délivrés par les écoles suisses de Milan, Rome, Barcelone, Madrid, Bangkok et São Paulo sont de plus reconnus en Suisse. Ils ont la même valeur qu’un baccalauréat cantonal ou qu’une maturité fédérale.

L’allemand est enseigné dans toutes les écoles à côté de l’anglais, la seconde langue d’enseignement. Les écoles de Bogota et de Rio de Janeiro disposent en plus d’une section francophone.

Reconnues par la Confédération, ces écoles renforcent également la présence culturelle de la Suisse à l’étranger.

En même temps, elles prennent en compte les réalités et les exigences de pays-hôtes. Des pays où elles sont d’ailleurs bien ancrées et où elles présentent l’image d’une haute qualité pédagogique.

Une initiative des expatriés

Chaque école à l’étranger est due à l’initiative de Suisses expatriés. Les plus anciennes se trouvent en Italie. Elles remontent à la fin du 19e et au début du 20e siècle.

A l’époque, les Suisses alémaniques protestants voulaient en effet leurs propres écoles, neutres au plan confessionnel et avec l’allemand comme langue d’enseignement.

Une deuxième vague de fondation d’écoles a eu lieu pendant et peu après la Seconde Guerre mondiale. Elle est due au contexte de l’époque: des élèves allemands expatriés étaient alors exclus de certains établissements.

Le mérite de la troisième vague revient aux parents. Expatriés pour quelques années seulement, mais avec des enfants en âge de scolarité, ils recherchaient des écoles dont la langue d’enseignement et les matières enseignées permettaient à leur progéniture de s’adapter au système suisse lors du retour.

Un avenir hypothéqué

Ces dernières années, les écoles suisses de l’étranger ont été confrontées à des questions existentielles.

Ici et là, la situation économique précaire a remis en question la qualité de l’offre, remettant même en cause l’existence de certaines écoles à plus ou moins long terme, indique Rudolf Wyder, directeur de l’Organisation des Suisses de l’étranger (OSE).

Rudolf Wyder parle dans ce contexte d’un «désengagement de la Confédération». Au fil des ans, les contributions fédérales ont été réduites. En 2002, ces subventions ont baissé jusqu’à atteindre le niveau de 1991 (18,5 millions de francs).

Les cantons n’ont par ailleurs pu que partiellement combler ces diminutions. Ils sont en effet eux aussi confrontés à des difficultés financières.

«Depuis le milieu des années 90, les écoles réagissent à ces coupes par toute une série de mesures, déclare Rudolf Wyder. D’une part, elles ont cherché à augmenter leurs propres revenus via une augmentation de l’écolage et du nombre d’élèves. D’autre part, elles ont limité leurs dépenses.»

Perspectives pour 2010

L’OSE déploie des efforts dans plusieurs directions pour mettre un frein à cette érosion politique et budgétaire, ainsi que pour obtenir un changement d’attitude de la part de la Confédération.

C’est ainsi qu’un groupe de travail planche sur les perspectives – «Perspectives 2010» – à moyen terme de l’ensemble du système des écoles suisses à l’étranger. Politiquement, il en ressort trois axes principaux, indique Rudolf Wyder.

D’abord, la formation en général et les écoles suisses à l’étranger en particulier représentent un produit suisse d’exportation de première importance.

Ensuite, les écoles suisses à l’étranger sont un atout important pour renforcer la présence de la Suisse à l’étranger.

Enfin, ces institutions pédagogiques et culturelles contribuent à améliorer la compréhension et les échanges entre la Suisse et les pays où sont situées ces écoles.

En conclusion, ce sont ces trois axes principaux qui devraient aider les écoles suisses à l’étranger à trouver leur chemin vers l’avenir.

swissinfo, Jean-Michel Berthoud
(traduction: Olivier Pauchard)

Faits

La Confédération reconnaît 17 écoles suisses à l’étranger.
Elles sont réparties dans dix pays sur les quatre continents.
Quelque 6000 écoliers les fréquentent.
Environ 1800 d’entre eux sont de nationalité suisse.
En 2002, la Confédération a octroyé 18,5 millions de subventions.
Cette somme représente 37% des frais des écoles suisses de l’étranger.

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