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Promiscuité et morale publique

Sur les rives du Léman en 1914. none

Aujourd’hui, le fait que femmes et hommes fréquentent ensemble bains et piscines semble une chose évidente.

Ce contenu a été publié le 08 août 2003 - 14:26

Mais encore dans les années 30 et 40, nombreux étaient ceux qui jugeaient une telle promiscuité contraire à la morale et à la pudeur.

Dans les années trente, les pasteurs protestants de Bâle ont tenté de s’opposer aux cours de natation mixtes pour les élèves.

Mais la polémique a été encore plus vive à Fribourg, terre catholique. En 1945, la question des bains mixtes a fini devant le Tribunal fédéral.

Initialement, la piscine de la Motta à Fribourg était ouverte pour les deux sexes, mais à des heures différentes. Au cours des années 30, on a cependant commencé à tolérer la présence simultanée d’hommes et de femmes à la pause de midi et après 17h00.

En été 1944, sous la pression du clergé fribourgeois, la municipalité a imposé aux gérants des bains d’interdire l’accès simultané des deux sexes. La société qui gérait la piscine a recouru contre cette décision auprès du gouvernement cantonal.

Lequel gouvernement a confirmé l’interdiction: l’exiguïté des lieux et la forte affluence durant les chaudes journées d’été constituait, à ses yeux, un danger pour la morale publique.

Recours au Tribunal fédéral

Les gérants de la piscine se sont alors résolus à recourir auprès du Tribunal fédéral, la plus haute instance judiciaire du pays.

Ils ont invoqué la liberté du commerce face à une législation aux connotations obscurantistes. Les gérants estimaient que cette interdiction imposée par la ville de Fribourg constituait un cas de discrimination, vu que la «promiscuité» balnéaire était tolérée au bord de la Sarine et sur les rives fribourgeoises des lacs de Neuchâtel et de Morat.

Ce point de vue a été partagé par les juges fédéraux qui ont finalement considéré que des bains mixtes ne pouvaient être considérés comme une offense à la morale publique.

swissinfo, Marco Marcacci
(traduction: Olivier Pauchard)

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