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Premières victoires pour les défenseurs de La Poste

Une petite Poste écrasée par un tracteur devant la Chancellerie fédérale: action symbolique du syndicat transfair à l’appui du dépôt de sa pétition. Keystone

Une pétition munie de 20'000 signatures remise à la Chancellerie fédérale, l'ordre du jour du National chamboulé en dernière minute et une initiative parlementaire acceptée l'après-midi même: les défenseurs de la mission de service public de La Poste ont marqué des points lundi.

Ce contenu a été publié le 18 septembre 2001 - 09:43

«C'est une course contre la montre, s'inquiète Robert Métrailler, secrétaire de transfair, le syndicat chrétien des services publics. Actuellement en Suisse, on ferme pratiquement un bureau de poste par semaine. Si le monde politique attend encore pour réagir, il sera trop tard.»

C'est donc bien pour forcer le Parlement et le Conseil fédéral à agir que transfair a collecté en quelques mois les 20 000 signatures à l'appui de sa pétition. Des signatures venues des régions périphériques, mais qui, selon Robert Métrailler, auraient aussi bien pu être 100 000, si l'on avait pris en compte toutes les actions spontanées organisées dans les villages.

Pour les militants de transfair, la situation est claire: le service public ne peut pas être rentable. Les pouvoirs publics doivent donc subventionner La Poste pour les missions comme la distribution du courrier dans les régions périphériques. La loi actuelle les y autorise d'ailleurs déjà.

Motions en cascade

Le Parlement n'avait pas attendu les pétitionnaires pour s'émouvoir du sort des petits bureaux de poste. A la suite du chrétien-social fribourgeois Hugo Fasel, plusieurs députés ont lancé ces derniers mois motions et initiatives parlementaires pour tenter de freiner le démantèlement du réseau.

En déposant leur pétition lundi, les militants de transfair entendaient notamment accélérer le traitement de ces interventions qui, normalement, n'était même pas prévu à la présente session d'automne.

Coup de théâtre en début d'après-midi: Hugo Fasel vient annoncer aux pétitionnaires que leur première exigence est satisfaite. Le bureau du Conseil national vient de décider d'inscrire tous les objets concernant La Poste au menu de la session qui démarre.

Le temps presse

Le programme de l'après-midi ne permettra toutefois pas de venir à bout du paquet. Seule l'initiative parlementaire du socialiste grison Andrea Hämmerle a effectivement été traitée - et acceptée, par 90 voix contre 78.

Pour autant que le Conseil des Etats suive le National dans cette voie, le texte oblige les Chambres à modifier les lois sur les anciennes régies fédérales. Ceci afin de «garantir des places de travail et d'apprentissage dans toutes les régions du pays», non seulement à La Poste, mais aussi à Swisscom et aux CFF.

Mais ces modifications vont prendre beaucoup de temps. Tout comme l'initiative populaire pour la défense de La Poste, pour laquelle les mouvements de consommateurs et les syndicats viennent de lancer la récolte des signatures.

Les défenseurs du service public préfèrent miser sur les motions, comme celle d'Hugo Fasel, ou du socialiste jurassien Jean-Claude Rennwald, qui demande carrément un moratoire sur les fermetures de bureaux de poste. Mais lundi, le National a décidé d'en remettre le traitement à plus tard.

Marc-André Miserez

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