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Pour un tourisme vert et équitable

Pâturages, forêts et roche calcaire... Le Chasseral est un massif typique des montagnes jurassiennes. swissinfo.ch

Le temps des vacances. Le rêve de partir, ici ou ailleurs. Mais tourisme et éthique ne vont pas toujours de pair.

Ce contenu a été publié le 20 juillet 2003 - 11:56

Avec le Parc régional du Chasseral, le Jura bernois espère précisément satisfaire les exigences des touristes, de la nature et des habitants.

Plages sauvages défigurées par les grands hôtels, piscines construites dans des régions qui manquent cruellement d’eau, villages entiers déplacés pour créer des réserves naturelles pour Robinson amateurs…

L’équilibre entre tourisme et respect de l’environnement est fragile. Surtout dans les pays en voie de développement. La question a été largement discutée, en mai, au Brésil, lors de la Conférence internationale sur le tourisme durable.

«Le tourisme équitable doit satisfaire les voyageurs et permettre un développement économique durable, tout en respectant les populations locales et l’environnement», définit Christine Plüss, directrice du groupe de travail «Akte».

L’exemple du Chasseral

C’est dans cet état d’esprit qu’est née l’idée du Parc régional du Chasseral, un massif culminant à 1500 mètres d’altitude. Petit joyau des montagnes jurassiennes.

«Nous ne voulons pas une réserve naturelle, ni un parc d’attraction genre Disneyland», lance Fabien Vogelsperger, coordinateur du projet.

«Simplement, nous espérons rendre la cohabitation harmonieuse entre les activités humaines – tourisme, agriculture, sylviculture – et l’environnement.»

L’une des activités majeures de la région est la production de lait. Un lait qui est à l’origine de deux fromages d’appellation d’origine contrôlée: la Tête de Moine et le Gruyère.

Le Chasseral est également riche en faune et en flore. On y trouve, par exemple, la sabline à grandes fleurs (arenaria grandiflora), une plante menacée en Suisse.

Le paradoxe du ‘citadin’

Malheureusement, les jours de forte affluence, il est aussi riche en… embouteillages! «Les gens viennent ici pour respirer l’air pur, loin de la ville, mais ils montent en voiture. C’est un paradoxe», regrette Fabien Vogelsperger.

Et souvent la ballade se limite aux quelques mètres qui séparent l’hôtel du sommet. Le sommet où se situe également l’antenne, ‘symbole’ du Chasseral.

A la recherche d’un tourisme vert, les promoteurs du Parc régional du Chasseral doivent tenter de résoudre cette contradiction.

Pour le coordinateur du projet, cela passe par l’information: «La montagne est encore mystérieuse. Il faut la valoriser, la faire connaître, sensibiliser les visiteurs, pour faire naître un nouvel intérêt pour cette nature tellement extraordinaire.»

Les promoteurs prévoient aussi d’augmenter l’offre en transports publics et d’améliorer les sentiers pédestres. Des parcours à thèmes sont également en cours de réalisation, comme celui sur la gentiane.

Des ressources pour l’avenir

Mais la protection de la nature n’est qu’un des aspects du projet. Il s’agit aussi de favoriser le développement économique.

Et le tourisme représente une belle opportunité pour les habitants de la région, qui sont de plus en plus nombreux à proposer des gîtes et des tables d’hôtes. Une alternative intéressante face aux difficultés croissantes de l’agriculture.

C’est encore l’un des objectifs du Parc régional: donner l’impulsion, encourager la population à développer de nouvelles idées, à mettre en valeur son miel ou son fromage.

Un objectif essentiel. «Certaines fermes pourraient bien disparaître, ces dix prochaines années, si l’on ne fait rien, explique Fabien Vogelsperger. Et cela aurait des conséquences dramatiques sur le paysage de la région.»

Tourisme vert

Sur la voie du tourisme ‘vert’, le Parc régional du Chasseral a toutes les chances de son côté. Il s’inscrit dans l’air du temps. En Suisse, 30% des personnes interrogées se déclarent «proches de la nature».

«Aujourd’hui, l’agritourisme marche bien, précise Fabien Vogelsperger. Il y a une dizaine d’années seulement, si quelqu’un avait parlé de passer une nuit sur la paille dans une ferme, il aurait sans doute passé pour un farfelu.»

Le tourisme ‘vert’ a la cote donc. Et pas seulement en Suisse. La directrice d’«Akte» confirme cette tendance au niveau mondial.

Mais, avertit-elle, il ne faut pas confondre le tourisme vert avec le tourisme écologique et équitable. Autrement dit, l’envie de découvrir les beautés de la nature et le respect de l’environnement.

swissinfo, Doris Lucini, Chasseral
(Adaptation: Alexandra Richard)

Faits

La demande en voyages équitables est en hausse de 60%, selon une association d'agences allemandes actives dans le secteur.
En Suisse, le touriste ‘vert’ est prêt à payer 10% à 20% plus cher (source: seco)

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