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Pour Denner, la baisse des coûts des médicaments passe par l'ouverture des frontières

Les médicaments peuvent être jusqu'à 50 pour cent plus cher que dans les pays voisins. Keystone

Le 4 mars, les citoyens devront encore se pencher sur l'épineux problème des coûts de la santé. Le distributeur Denner apporte, une nouvelle fois, sa propre solution par le biais de son initiative intitulée «pour des médicaments à moindre prix».

Ce contenu a été publié le 02 février 2001 - 14:02

Denner propose que tous les médicaments autorisés à la vente dans les quatre pays limitrophes puissent être disponibles sur le marché suisse sans autorisation particulière. En raison du droit communautaire qui comprend une réciprocité des reconnaissances, ce serait en fait l'ensemble des médicaments reconnus dans l'Union européenne qui pourraient être vendus en Suisse sans contrôle.

Cette pratique pourrait faire baisser les prix. Il ne serait en effet plus nécessaire de procéder à une coûteuse expertise pour chaque nouveau médicament vendu en Suisse.

L'initiative propose ensuite de promouvoir l'utilisation de médicaments génériques. Ces médicaments, pour lesquels il n'est plus nécessaire de payer de droits aux inventeurs, sont moins chers que les médicaments originaux de dernière génération. Et, pour promouvoir les génériques, le distributeur zurichois suggère deux méthodes.

Concrètement, l'initiative propose que les génériques soient systématiquement vendus lorsque les deux sortes de médicaments sont disponibles et que le patient ne paye pas lui-même la préparation originale. Ensuite, lorsque les caisses-maladie sont tenues de payer, les médecins doivent systématiquement prescrire le remède le meilleur marché, tel qu'il ressort de la liste publiée chaque année par les assureurs.

Le distributeur Denner souligne que les médicaments représentent un dixième des coûts de la santé, soit quelque 4,5 milliards de francs. Avec son initiative, ces frais pourraient être diminués de 5%, ce qui contribuerait à baisser les coûts des primes d'assurance maladie.

Sur le fond, le Conseil fédéral approuve l'objectif de l'initiative. Avec le soutien de la majorité de la classe politique, il recommande toutefois au peuple la refuser. Car il estime qu'elle va trop loin.

Les opposants à cette initiative avancent en premier lieu l'argument de la sécurité. Avec la proposition de Denner, le marché helvétique serait inondé de dizaines de milliers de médicaments qui n'auraient été ni contrôlés ni autorisés par les autorités sanitaires helvétiques.

Autre problème: avec cette initiative, la liberté des médecins serait mise à mal. Ils devraient notamment abandonner des médicaments qu'ils connaissent bien au profit de produits moins chers, mais dont ils maîtrisent moins bien l'utilisation. Ce système ne serait d'ailleurs pas sans dangers pour les patients. En effet, ils se verraient remettre les médicaments les moins chers et non pas ceux qui leur conviennent le mieux.

Les opposants avancent aussi des arguments économiques. Si l'initiative était acceptée, les chercheurs et l'industrie perdraient tout intérêt à développer et à faire enregistrer de nouveaux médicaments en Suisse. La vocation traditionnelle du pays comme pôle de recherche serait donc compromise, ce qui menacerait des emplois très qualifiés.

Enfin, les opposants doutent que l'initiative Denner puisse faire baisser les prix de la santé.

Olivier Pauchard

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