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Porto Alegre, une expérience stimulante

Liliane Maury Pasquier et Daniel Bolomey: deux des délégués suisses prêts à engranger les moissons du Forum. swissinfo.ch

Intéressant, émouvant, utile: tels sont les qualificatifs qui reviennent à l'heure du bilan de la délégation suisse au 5e Forum social mondial.

Ce contenu a été publié le 31 janvier 2005 - 14:19

Un Forum qui l'an prochain quittera le Brésil pour se scinder en trois rendez-vous continentaux. Et redeviendra mondial en 2007, en Afrique.

«Mon sentiment est le même que l’an dernier, constate Liliane Maury Pasquier, députée genevoise. Ce Forum dégage beaucoup d’énergie. Et ce que nous avons vécu ici est très utile pour retourner en Suisse, défendre des préoccupations qui sont portées par des dizaines de milliers de gens.»

Même si elle sait que ces propositions ont très peu de chances d’être acceptées, la parlementaire socialiste se battra avec une énergie renouvelée pour l’aide au développement et pour une attitude plus engagée de la Suisse en faveur de la réduction de la dette des pays les plus pauvres.

Liliane Maury Pasquier insistera également pour que dans les négociations internationales, son pays «ne considère pas que les intérêts de son industrie pharmaceutique ou agro alimentaire, mais qu’il ne perde pas de vue la réduction de la pauvreté dans le monde».

Moisson fructueuse également pour Daniel Bolomey, secrétaire général pour la Suisse d’Amnesty International. A l’heure du premier bilan, il a proposé que la délégation se rencontre à nouveau dans un ou deux mois pour mettre ce qu’elle a appris en commun.

«Ce serait un bilan plus politique, explique Daniel Bolomey. Le Forum est tellement énorme, les gens de la délégation sont allés à différents endroits et il faut mettre ces expériences en commun pour voir ce qu’on peut en tirer pour notre travail concret, de tous les jours.»

La réalité du terrain

Outre le Forum, l’ensemble de la délégation a été fortement impressionné par le programme que E-Changer et la Communauté de travail des œuvres d’entraide - les deux ONG organisatrices du voyage -, lui avait préparé pour les trois premiers jours de son séjour au Brésil.

Qu’il s’agisse des Femmes paysannes, du Mouvement sans terre ou du congrès continental des «catadores», ces chiffonniers des trottoirs d’Amérique Latine, chacun a pu prendre conscience de la réalité des luttes sociales dans un continent où les inégalités sont encore criantes.

Les Suisses ont également été impressionnés par la qualité des interlocuteurs qu’ils ont pu rencontrer, comme Frei Betto et Leonardo Boff, deux figures légendaires de la théologie de la libération.

Ou Chico Whitacker, membre du Conseil international du Forum social mondial, qui est venu leur rappeler que ce grand rassemblement est avant tout un «incubateur d’idées». Et qu’il permet aussi à la société civile de faire la démonstration de sa force.

A titre d’exemple, le vieux sage a cité les manifestations du 15 février 2003 contre la guerre en Irak. Idée née au Forum social européen de Florence, reprise à Porto Alegre puis diffusée mondialement par Internet.

«Cela n’a pas empêché la guerre, admet Chico Whitacker mais on peut se demander si les gouvernements français et allemand n’ont pas tenu compte de cette mobilisation pour définir leurs positions. Et on peut se demander aussi ce qui se serait passé si le gouvernement anglais avait fléchi un tout petit peu…»

Des Forums partout et un manifeste pour tous

Sa force, la société civile devrait la montrer l’année prochaine dans trois Forums régionaux. Sachant que Porto Alegre réunit 80% de Brésiliens et qu’à Bombay, les participants étaient indiens à 80% également, le mouvement veut maintenant essaimer sur plusieurs continents à la fois.

Le Maroc, la Corée du Sud et le Vénézuela (dont le président Hugo Chavez a fait à Porto Alegre un passage très remarqué) sont sur les rangs pour ces Forums 2006. Et en 2007, ce sera un nouveau Forum mondial en Afrique, dans un pays qui reste à définir.

En attendant, et pour répondre à ceux qui disent que le mouvement altermondialiste ne propose rien de concret, 19 intellectuels, dont Frei Betto, Ignacio Ramonet et Riccardo Petrella ont lancé samedi 12 propositions pour un autre monde.

Ce «Manifeste de Porto Alegre» n’est pas l’émanation du Forum, mais ses auteurs estiment que le mouvement peut parfaitement s’y retrouver. Bien plus ambitieux que les objectifs du Millénaire des Nations Unies, il constitue le programme de l’utopie du 21e siècle.

swissinfo, Marc-André Miserez à Porto Alegre

Faits

Le Forum social mondial de Porto Alegre s'est achevé lundi.
En six jours, cette 5e édition a réuni plus de 150’000 personnes de 135 pays: une participation record.
Près de 7000 journalistes ont couvert la manifestation.
Les travaux du Forum se sont répartis sur plus de 2500 ateliers liés à des problèmes globaux et régionaux.

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En bref

- La délégation suisse à Porto Alegre 2005 a été la plus nombreuse et la plus diversifiée depuis les débuts du Forum social mondial.

- Elle se composait de 6 députés du parlement fédéral (tous roses rouges et verts), de la co-pésidente des femmes socialistes, de 7 syndicalistes, 15 représentants des ONG, 3 fonctionnaires de la DDC (agence nationale de la coopération et de l’aide au développement) et 12 journalistes.

- Durant les trois jours précédant l’ouverture du Forum, la délégation a pu visiter des mouvements sociaux dans leur action sur le terrain et rencontrer leurs dirigeants, tant au niveau brésilien qu’à celui de toute l’Amérique latine.

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