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Elections européennes: un choc salutaire?

En France, le FN de Marine Le Pen, arrive en tête avec 25%. Keystone

La presse suisse de ce lundi revient sur la forte progression des eurosceptiques et des extrêmes à droite comme à gauche. Avec ce constat général: c’est malgré tout la droite qui est reconduite aux affaires et qui devra former une coalition…

Ce contenu a été publié le 26 mai 2014 - 11:00
Isabelle Eichenberger, swissinfo.ch

«Secousse europhobe», «séisme», ces mots reviennent à de nombreuses reprises dans les commentaires et les réactions à l’élection des 751 députés du Parlement européen. Pour 24 Heures (Lausanne), qui se concentre sur le vote dans l’Hexagone, «le choc des résultats est avant tout un événement franco-français». Car la France est «le seul grand pays de l’Union européenne où un parti souverainiste et antieuropéen, le Front national de Marine Le Pen, arrive en tête avec 25%.»

Le Matin va jusqu’à parler du «triomphe de Marine»: «Le Front national, parti d’extrême droite, a bénéficié de l’impopularité record du pouvoir socialiste et de la division de l’opposition de droite, dans un type de scrutin qualifié d’’élection-défouloir’ par les politologues. Mais il traduit aussi la montée de l’euroscepticisme chez les Français. Avec ce succès inédit, Marine Le Pen crée le choc et prend date pour la présidentielle de 2017.»

Poursuivre le débat sur l’UE

La montée de la droite populiste constitue le «thème dominant» des élections européennes, écrit l’Aargauer Zeitung, qui en déduit: «Maintenant, les partis pro-européens doivent trouver un modus vivendi avec leurs l'adversaires politiques ainsi renforcés». Maintenant, il s'agit «de poursuivre le débat sur les avantages et les inconvénients de l'UE, car les sympathies des électeurs pour la voie populiste indiquent que cette discussion ne peut pas être évacuée». Le quotidien argovien ajoute que «la participation misérable» (43%) constitue un argument supplémentaire.

Alors que plusieurs titres parlent de résultats prévisibles du scrutin de dimanche, Le Temps, lui, y trouve des surprises. «Aux Pays-Bas avec l’échec de l’extrême droite, en Grande-Bretagne avec la poussée spectaculaire des souverainistes, en France avec un coup de semonce historique de l’europhobie nationaliste made in France, pays fondateur, en Grèce avec la progression des extrêmes qui traduit un appel au secours».

«A gauche, le pari du centre gauche européen était de changer la politique européenne. Il a mené campagne sur l’alternative aux programmes d’austérité et à la relance par un desserrement des contraintes des dépenses publiques imposées par l’UE. C’est raté», commente 24 Heures. Mais le quotidien vaudois relève que la gauche résiste tout de même, en Italie, en Suède, au Portugal et en Espagne. Mais surtout en Allemagne où le parti socialiste a progressé à 27%. «Le candidat à la présidence de la commission, le social-démocrate allemand Martin Schulz, ne succédera pas à Manuel Barroso, mais il est crédité d’une excellente campagne qui a porté ses fruits dans son pays, le faisant apparaître comme le vainqueur du scrutin en Allemagne».

Dernières projections

L'écart se resserre entre le nombre de sièges obtenus par les conservateurs du Parti populaire européen (PPE) et les socialistes au Parlement européen. La dernières projection donne 25 sièges d'avance au PPE.
  

Le PPE aurait toujours 212 sièges, soit 61 de moins.

Les socialistes en auraient obtenu 187, soit un recul de 9 sièges.


Les Libéraux restent 3es avec 72 députés, soit 11 sièges de moins. Ils devancent les Verts qui obtiennent 55 députés (2 de moins).

La gauche radicale, avec 43 sièges, en gagne 8, et les conservateurs britanniques et polonais en obtiennent 45 (12 de moins).

Les europhobes autour de l'Ukip britannique de Nigel Farage obtiennent 35 sièges (+4).
  

Les non-inscrits du Parlement sortant, dont font partie le Front national français, le FPÖ autrichien et le PVV néerlandais, obtiennent 39 députés.

La rubrique "autres" regroupe les élus dont le parti n'était pas représenté dans le Parlement sortant, comme le Mouvement cinq étoiles de Beppe Grillo en Italie, les anti-euro d'AFD en Allemagne ou les néonazis d'Aube dorée en Grèce. Cet ensemble compte 63 sièges dans la dernière projection.

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Tirer les leçons pratiques

Certains titres relèvent qu’avec une centaine de députés sur les 751 du Parlement de Strasbourg, les eurosceptiques ne seront pas majoritaires, mais que le scrutin déterminera le nom du nouveau président de la Commission européenne. Le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, proposé par le PPE (centre droit), paraît bien placé, malgré le sérieux recul de son parti, pour l’emporter sur Martin Schultz.

«Mais plus crucial encore s’annoncent les leçons pratiques que vont en tirer les 28 capitales pour l’avenir de l’Union», relève L’Express-L’Impartial. «Pour redémarrer la machine économique, les conservateurs du PPE veulent conjuguer la rigueur au décloisonnement et à l’ouverture du marché, les sociaux-démocrates ne parlent pas ouvertement de relance, mais seraient prêts à desserrer l’étau budgétaire afin d’endiguer le chômage.»

Mais les deux journaux neuchâtelois pointent sur «un autre débat encore plus têtu qui se profile entre les capitales: faut-il revoir l’architecture et le fonctionnement même de l’UE?» Les 28 chefs de gouvernement s’empareront de la question mardi soir en parlant de la relève, et là il «faudra bien parler du programme avant de choisir les hommes».

Un moment décisif

La Tribune de Genève choisit de voir le verre à moitié plein, estimant que «le renforcement des eurosceptiques peut être une chance formidable pour le Parlement de Strasbourg de relancer l’Europe. Pourquoi? Simplement parce que la présence d’antieuropéens de tout poil forcera chacun à parler clair, à confronter ses idées à celles des autres. A préciser ses positions sur le projet européen. Une vie parlementaire avec de fortes oppositions pourrait donner un second souffle à l’assemblée et à la construction européennes. C’est tout le mal qu’on souhaite à l’UE.»

Le Temps estime pour sa part que «le dialogue institutionnel qui démarre aujourd’hui même entre le Conseil des ministres et le Parlement pour choisir le futur président de la Commission est un moment important, peut-être même décisif. Par essence, le Parlement européen porte en lui l’idée d’une Europe fédérale qui peu à peu se bâtit et gagne en indépendance, en souveraineté face aux Etats membres.» Conclusion: L’Europe n’est qu’au début de son histoire. Nous sommes tous concernés.»

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