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Porte ouverte suisse à toute l'Union européenne

Reuters

A 59,6%, les Suisses ont dit clairement oui à l'extension de la libre circulation des personnes à la Bulgarie et à la Roumanie. Elle pourrait entrer en vigueur dès le 1er avril. Dans le camp des vainqueurs, gouvernement, économie et partis politiques jubilent.

Ce contenu a été publié le 08 février 2009 - 18:12

Elles sont trois femmes à venir dimanche soir se réjouir devant la presse de ce verdict sans appel: Micheline Calmy-Rey, Doris Leuthard et Eveline Widmer-Schlumpf, respectivement ministres des Affaires étrangères, de l'Economie et de Justice et Police.

«Je suis très fière d'être suisse. C'est le seul pays européen qui se prononce à chaque fois et qui dit oui à chaque fois. Les Suisses n'ont pas cédé à la peur et sont restés rationnels», déclare Micheline Calmy-Rey.

Rassurer la population

Eveline Widmer-Schlumpf tient quant à elle à rassurer ceux qui redoutent les effets éventuels liés à l'immigration. «Je peux vous assurer que nous continuerons de prendre leurs craintes au sérieux à l'avenir», affirme la ministre.

De son côté, Doris Leuthard attend des entreprises qu'elles recrutent d'abord en Suisse.

Tout en reconnaissant que le vote de dimanche ne facilitera pas forcément la mise sur pied d'un accord de libre-échange agricole avec l'UE, la ministre de l'Economie tient à souligner les effets positifs du oui pour l'économie d'exportation et les PME. La place économique suisse pourra continuer de profiter de bonnes bases, alors que la récession guette.

«Manipulation des droits populaires»

Chez les vaincus, Toni Brunner, président de l'UDC (droite nationaliste) considère avoir remporté un «grand succès d'estime» en dépassant les 40% de non, soit en allant nettement au-delà du potentiel électoral du parti.

De son côté, la députée UDC Jasmin Hutter brandit la menace d'une initiative populaire visant à restreindre la libre circulation des personnes en temps de crise économique.

Quant à l'ASIN (Association pour une Suisse indépendante et neutre), elle dénonce «une manipulation des droits populaires» et rappelle qu'elle déposera à l'été une initiative qui demande de soumettre à votation populaire les traités avec l'UE et les Etats étrangers.

Non à la voie solitaire

Dans le camp de la droite bourgeoise, Fulvio Pelli, président du parti libéral-radical, salue ce verdict, qui «balaie catégoriquement l'option de la voie solitaire pour la Suisse», laquelle a «définitivement choisi la voie bilatérale».

Pour les démocrates-chrétiens, le vainqueur du jour «est la place économique suisse», et «ceux qui ont lancé le référendum doivent enfin voir combien le peuple juge essentiel les bonnes relations avec l'UE».

«Sensation»

Satisfaction également au sein de la Fédération des entreprises, economiesuisse qualifie le résultat de «sensation». Pour son porte-parole Urs Rellstab, «La population suisse ne s'est pas laissé mener par les peurs du moment, mais a réfléchi sur le long terme».

«Une majorité du peuple suisse a reconnu que l'ouverture est la seule stratégie valable pour notre économie très dépendante de son commerce extérieur, surtout dans la période difficile que nous traversons», renchérit l'Union patronale suisse.

«Outrances xénophobes»

A gauche, le président du parti socialiste Christian Levrat salue «un choix de raison», par lequel les Suisses ont «refusé de s'enfoncer dans l'impasse où les isolationnistes tentaient de les conduire», et ceci malgré «une campagne à nouveau marquée par les outrances xénophobes de l'UDC».

Et d'ajouter que le résultat de la votation va permettre à la Suisse «d'étendre et de renforcer le dispositif de contrôle visant à empêcher la sous-enchère salariale et la dégradation des conditions de travail».

Un souci qui est également celui de l'Union syndicale suisse, pour qui «il importe que le gouvernement et les patrons tiennent leur parole et appliquent de manière plus stricte les mesures d'accompagnement».

Verdict surprenant

Au final, alors que tout le monde prédisait un résultat serré, le verdict des urnes surprend par son ampleur 59,6% de oui, avec une participation de 50,9%.

22 cantons sur 26 acceptent l'objet, avec des scores allant de 50,3% à Nidwald (le plus timide) à 70,1% dans le canton de Vaud (le plus enthousiaste). Tous les Romands disent également oui: Neuchâtel à 69,4%, le Jura à 66,9%, Fribourg à 64,5%, Genève à 62,4% et le Valais à 59,6%.

Comme prévu, les champions du non sont les Tessinois (65,8%), tandis que Schwytz, Appenzell Rhodes Intérieures et Glaris refusent également, mais moins nettement (entre 51 et 56%).

swissinfo et les agences

Les forces en présence

NON La reconduction et l'extension de la libre circulation étaient combattues par la droite nationaliste: UDC (Union démocratique du centre), Ligue des Tessinois et Démocrates suisses.

OUI Les autres partis de droite – le Parti libéral radical et le Parti démocrate-chrétien – préconisaient le «oui».
De même, la gauche politique et syndicale, malgré des inquiétudes à propos des effets sur le niveau des salaires, qui devraient toutefois être contrés par les mesures d'accompagnement.
Les grandes organisations économiques militaient également pour la libre circulation des personnes.

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