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G20: «Ni vainqueurs ni vaincus»

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Gris, rose, noir, blanc, vert, la presse suisse passe par toutes les couleurs ce vendredi. Soulagement ou frustration, au lendemain du G20, les commentaires se rangent en deux camps: les pessimistes qui choisissent de voir le verre à moitié vide, et les autres...

Ce contenu a été publié le 03 avril 2009 - 08:39

«Un nouvel ordre mondial», ce titre du Temps se veut optimiste au lendemain du G20, dont on avait craint qu'il n'accouche d'une souris. Gris souris, c'est par contre la couleur de la liste sur laquelle figure désormais la Suisse, devenue «un purgatoire fiscal» selon La Liberté.

Le G20 a été un «grand succès», dépassant «les expectatives les plus roses», s'écrie Le Corriere del Ticino de ce vendredi. Son concurrent tessinois, le Giornale del Popolo, estime au contraire que la réunion des grands de ce monde n'a pas «sorti de lapin de son chapeau».

Plus de 1000 milliards de dollars débloqués pour relancer l'économie mondiale et donner aux institutions financières internationales les moyens d'agir et de réguler. Ces chiffres qui «donnent le tournis» sont-ils «trop massifs pour être vrais»? Pour Le Temps, il s'agit bien d'un tournant politique: «La cour a bel et bien changé. Et il (Barack Obama) en est, avec le volontarisme américain qu'il incarne, une prometteuse locomotive.»

Le capitalisme est mort

«Le Sommet du G20 réussit son entrée dans l'histoire.» Pour la Tribune de Genève et 24 Heures, les décideurs du monde ont «soigneusement évité de laisser leurs divergences prendre le dessus» en accouchant d'un texte final qui «veut croire que la crise actuelle ne ressemblera pas à celle de 1929».

Pour le Tages Anzeiger, «le capitalisme des dernières décennies est mort parce qu'il n'était plus rentable». Et de saluer l'avènement d'une «nouvelle partie avec de nouvelles règles du jeu. Les profiteurs d'antan, y compris la Suisse, n'ont plus tous les atouts en mains». Et tout ça, se réjouit le quotidien zurichois, aurait été impensable encore très récemment.

«Ni vainqueurs ni vaincus», c'est la conclusion mesurée de La Liberté, pour qui l'enjeu était trop grand: «Les pays du G20 ont finalisé un document épais où chacun trouvera du grain à moudre». Autrement dit, chaque pays ou bloc économique pourrait à terme en faire une lecture personnelle.

«Le seuil d'un début de gouvernance mondiale a-t-il été franchi?» Le quotidien fribourgeois se garde bien de répondre, tant l'issue de la crise est incertaine.

Même scepticisme du côté de la Neue Zürcher Zeitung qui relève qu'on n'a pas trouvé de «remède vraiment fiable» à Londres.

Le Blick, lui, va droit à l'essentiel: «La recette du G20: ensemble et non plus les uns contre les autres, ça, Obama et les autres l'ont compris.»

Blanc, gris clair, gris foncé...

La Suisse sur liste grise, Le Matin dresse la liste de la grosse trentaine de pays qui tiennent compagnie à la Confédération. Mais aussi la liste noire des paradis fiscaux... qui ne compte plus que... quatre pays ne s'étant pas encore engagés à respecter les standards internationaux.

Si la Suisse veut être rayée de cette liste grise, à elle de montrer patte blanche en matière fiscale... «La Suisse se rêvait blanche. Elle est grise. Et un peu verte de rage», raconte l'envoyé spécial à Londres de La Tribune de Genève et 24 Heures.

Mieux vaut gris que noir, relèvent les autorités fédérales, et le quotidien bicéphale de conclure: «Ne reste plus à la Suisse qu'à passer du gris au blanc. En multipliant les démarches pour revoir tous ses accords bilatéraux de double imposition à la lumière de sa décision du 13 mars».

Le début de la fin...

Certes la Suisse a échappé à la liste noire, mais elle n'a remporté qu'une demi-victoire. Ce qui lui a manqué, «ce sont de bons amis au sein de l'UE avec qui elle aurait pu conclure un marché», regrette la Basler Zeitung, avant de conclure que «la Suisse doit maintenant faire le ménage: la bonne nouvelle d'hier c'est qu'elle sait ce qu'elle a à faire».

De son côté, Le Temps rappelle que qui dit règles dit droit: «La Suisse, dont les efforts récents ont payé, n'aurait rien à gagner à interpréter cette surveillance comme une mise à l'index», malgré «une méfiance palpable» au sein des pays européens du G20 envers son secret bancaire.

Le quotidien romand choisit de voir le verre à moitié plein: «La volonté nouvelle de transparence à l'échelle internationale est donc une arme à disposition, aussi, de la Confédération. Pour demander à son tour justice et équité.»

La Liberté estime que, même si la Suisse échappe au pire, elle devra imprimer dans sa tête les mots du premier ministre britannique: «Pour les paradis fiscaux, c'est le début de la fin...»

swissinfo, Isabelle Eichenberger

Le G20

3e. Après un premier sommet en novembre à Washington et celui de Londres, le G20 se réunira en septembre à New York, après l'assemblée générale annuelle des Nations unies.

Dialogue. Créé en 1999 après les crises asiatique et russe, le G20 se présente comme une plate-forme de dialogue entre pays développés et émergents au service de la stabilité de l'économie mondiale.

Renforcé. Son rôle est renforcé depuis le déclenchement de la crise financière et économique. Cette année, la présidence tournante est tenue par le Royaume-Uni.

Etats membres: Afrique du Sud, Allemagne, Arabie Saoudite, Argentine, Australie, Brésil, Canada, Chine, Corée du Sud, Etats-Unis, France, Inde, Indonésie, Italie, Japon, Mexique, Royaume-Uni, Russie et Turquie.

Plus un. Le 20e membre du club est formé par le FMI, la Banque mondiale et la Banque centrale européenne.

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