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Droits humains: l'espoir prudent de la Suisse

Malgré l'opposition américaine, l'Assemblée générale de l'ONU a accepté la création du Conseil des droits de l'homme le 15 mars dernier. Keystone

L'Assemblée générale de l'ONU élit, mardi à New York, les 47 pays membres du nouveau Conseil des droits de l'homme. La Suisse est candidate, comme 63 autres Etats.

Ce contenu a été publié le 09 mai 2006 - 09:17

La campagne électorale a été vive, note le ministère suisse des Affaires étrangères. Qui fait preuve d'un optimisme prudent sur les chances de la candidature helvétique.

«Rien n'est acquis. Mais je suis relativement optimiste. La Suisse a en effet des bons atouts à faire valoir auprès des 191 membres de l'Assemblée générale des Nations unies qui élisent les 47 membres du Conseil des droits de l'homme», confie Ulrich Lehner, responsable des organisations internationales au sein du ministère suisse des Affaires étrangères.

Pour mener campagne, la Suisse a mobilisé ses diplomates à New York et en Suisse, tout comme son réseau d'ambassades dans le reste du monde.

«Nous représentons la diversité par rapport à sept des neuf candidatures occidentales qui font, elles, toute partie de l'Union européenne », précise Ulrich Lehner en guise d'argument électoral.

Et d'ajouter: «Nous rappelons également notre engagement de longue date dans la défense des droits humains et dans la création du Conseil, sans oublier notre rôle de médiateurs sur la scène internationale».

Juriste à la section suisse d'Amnesty international (AI), Alain Bovard souligne, lui, les progrès de ce processus électoral.

«C'est une première, détaille Alain Bovard, la plupart des pays candidats se sont déclarés tôt. Et ils font campagne pour être élus. Ils doivent également prendre des engagements en faveur du Conseil et du respect des droits humains dans le monde et chez eux.»

Demander des comptes

La Suisse a annoncé plus d'une vingtaine de promesses qui concernent son action au sein du futur Conseil et des autres organismes onusiens impliqués dans la défense des droits humains, sans oublier la promotion de ces droits dans le monde et en Suisse même.

Ainsi, le gouvernement helvétique s'engage à revoir les traités internationaux ou certains de leurs protocoles relatifs aux droits de l'homme qui n'ont pas encore été ratifiés.

«La plupart des pays candidats rappellent dans leurs engagements ce qu'ils ont déjà accompli dans ce domaine. Mais une minorité, dont la Suisse, va plus loin en parlant de son action future», se réjouit Alain Bovard.

«Nous pourrons leur demander des comptes si leurs promesses ne sont pas tenues. Raison pour laquelle, souligne le juriste, nous regrettons que le gouvernement suisse ne mentionne pas la création d'une institution nationale des droits humains, un projet pourtant capital pour la Confédération helvétique.»

Les points noirs de la Suisse

Alain Bovard en profite pour pointer les points noirs de la Suisse en matière de respect des droits de l'homme.

«Amnesty international a dressé le bilan de l'ensemble des pays candidats au Conseil. Pour la Suisse, rappelle-t-il, les manquements découlent du durcissement de la législation à l'égard des étrangers.»

Amnesty international s'inquiète aussi des loi sur les étrangers et sur les requérants d'asile - deux textes qui doivent faire l'objet d'un scrutin populaire.

Cela dit, la Suisse - si elle est élue au Conseil - devra rendre des comptes, puisque chaque membre fera l'objet d'un examen durant son mandat.

Mauvais ou bons élèves?

Cette perspective a déjà fait fuir certains des pires Etats violateurs, selon Adrien-Claude Zoller.

Le directeur de l'ONG Genève pour les droits humains cite par exemple la Lybie, le Soudan ou le Zimbabwe. La présence et l'action de ces pays au sein de l'ancienne Commission des droits de l'homme avaient en effet largement contribué à discréditer cette institution.

Pour autant, le futur Conseil des droits de l'homme ne sera pas composé que de bons élèves.

L'ONG genevoise UN Watch dénonce ainsi tout particulièrement les candidatures de l'Arabie saoudite, de la Chine, de Cuba, de l'Iran et de la Russie dont l'élection minerait la crédibilité du nouvel organisme onusien.

Les autres ONG de défense des droits de l'homme estiment, elles, que la participation de ces Etats au Conseil des droits de l'homme peut être une chance pour les victimes de ces pays. Puisque leurs gouvernements devront rendre des comptes au sein du nouveau conseil.

swissinfo, Frédéric Burnand à Genève

En bref

- Le 9 mai, l'Assemblée générale des Nations Unies doit élire les 47 Etats membres du Conseil des droits de l'homme. La Suisse est candidate, comme 63 autres pays.

- Comme les autres candidats, la Suisse doit obtenir au moins la majorité absolue des 191 pays membres de l'Assemblée, soit 96 voix.

- La Suisse concourt au sein du groupe occidental qui a droit à sept sièges.

- Le 19 juin, le Conseil des droits de l'homme doit ouvrir sa première session à Genève.

- Ce nouvel organe des Nations unies se réunira au moins trois fois par année. Il pourra tenir des réunions d'urgence en cas de crise. Il remplace la Commission des droits de l'homme, largement discréditée.

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