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Crise libyenne: optimisme modéré de la presse

L’otage suisse Rachid Hamdani a quitté la Libye, la presse s'inquiète du sort de son compatriote. Keystone

Alors que le départ de Libye de l’otage suisse Rachid Hamdani est confirmé par le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE), la presse suisse salue l’efficacité de la «stratégie Schengen». Mais elle se montre circonspecte sur le destin de l’autre otage.

Ce contenu a été publié le 23 février 2010 - 10:19

Prudence, prudence… Echaudée par les rebondissements et coups de théâtre durant toute «l’affaire libyenne», la presse suisse prend acte des nouvelles avancées intervenues ces dernières heures dans le dossier, mais ne tranche pas. A l’image du Matin, qui titre mardi «Rachid Hamdani, il est libre, mais…»

24 Heures situe l’humeur du moment entre l’espoir et l’angoisse. «Espoir de voir Rachid Hamdani, désormais muni d’un visa, rentre bientôt chez lui. Angoisse quant au sort de Max Göldi, emmené menottes aux poings vers une prison à la triste réputation»…

De fait, «le bout du tunnel n’a jamais paru aussi proche, juge le quotidien lausannois. Une lueur point. Lueur de la liberté recouvrée pour les otages. Celle de la fierté retrouvée pour leur pays. Ne reste qu’à tenir.»

Le Temps constate lui aussi que «les fronts ont en enfin bougé». Mais l’objectif du conseil fédéral de récupérer les deux otages n’est à ce stade «que partiellement atteint».

Max Göldi va en effet au-devant de quatre mois de prison. «Dans ce qui est devenu un marchandage, il restera la dernière carte en mains libyennes pour obtenir satisfaction à propos de l'arrestation (....) du fils du colonel Kadhafi», constatent l’Impartial-L’Express.

Cause internationalisée

A première vue, la «punition infligée à un homme innocent, une vengeance injuste et ignoble censée laver l’affront fait au fils Kadhafi lors de son arrestation à Genève, suggère que la pouvoir libyen continue de se moquer de la Suisse, admet Le Temps. Mais Berne peut se féliciter d’avoir réussi à internationaliser la cause des deux otages.»

L’Espagne et l’Allemagne encadrent le dossier et poussent les acteurs à négocier et sur place, Etats-Unis, France et Pays-Bas surveilleront les conditions de détention de Max Göldi.

Le gouvernement suisse a su recourir au «bon levier, confirme la Tribune de Genève, en privant le colonel Kadhafi et son clan des visas Schengen et, partant, de leur liberté de mouvement en Europe».

A Zurich, le Tages Anzeiger approuve. La Suisse a su changer de stratégie, après l’échec d’Hans-Rudolf Merz, en utilisant l’arme de Schengen. «Et ça marche. Surtout depuis que la Libye ne fournit plus de visas aux Européens. Les pays de l’Union européenne sont touchés et s’engagent de ce fait pour la Suisse, pays non-membre l’UE, mais heureusement de Schengen.»

«Payer» pour cette aide

«Pour Max Göldi le cauchemar continue. (…) L’Europe doit persister jusqu’à ce que Kadhafi libère son deuxième otage», poursuit le journal dans un édito partagé avec le Bund. Certes, mais lorsqu’un point final aura été mis à cette affaire, la Suisse devra «payer» cette aide européenne…

«Il lui sera plus difficile de justifier son manque de solidarité avec l’Union européenne, avertit le St Galler Tagblatt. (…) Certains pays ont laissé entendre hier qu’à l’avenir, ils exigeraient davantage de soutien de la Suisse, pas seulement dans la lutte contre l’évasion fiscale.»

La Neue Zürcher Zeitung revient, elle, sur la menace d’une intervention policière libyenne, qui a poussé plusieurs ambassadeurs européens à passer la nuit de dimanche à lundi à l’ambassade de Suisse, en signe de soutien.

La NZZ y voit un «officialisation de la prise d’orage» qui n’est pas une complète mauvaise nouvelle pour la Suisse. Elle la renforce alors que «la moitié des chefs d’Etat européens auront bientôt téléphoné à Kadhafi à propos de ces Confédérés insoumis.»

«Après 19 mois, les chose doivent être claires, juge toutefois le quotidien zurichois: un accord n’est possible que si Kadhafi dit oui. Et le deal n’est possible que si son fils obtient une forme de compensation.»

«Reste l’espoir d’une grâce, d’un grand geste que seul Kadhafi peut offrir. Ce sera aussi le dernier chapitre, écrit à une main. Personne ne peut le [Kadhafi] détourner de son scénario», assure en effet la Basler Zeitung.

Pierre-François Besson, swissinfo.ch

chronologie

15 juillet 2008: Hannibal Kadhafi et sa femme Aline, enceinte de neuf mois, sont arrêtés à l'hôtel Wilson à Genève. Ils sont soupçonnés d'avoir maltraité leurs deux domestiques. Le couple est remis en liberté contre une caution de 500'000 francs.

19 juillet: deux ressortissants suisses, Max Göldi et Rachid Hamdani, sont arrêtés en Libye. Tripoli leur reproche notamment des infractions aux lois sur l'immigration et le séjour.

20 août 2009: en visite à Tripoli, le président de la Confédération Hans-Rudolf Merz présente ses excuses au premier ministre libyen Al Baghdadi A. El-Mahmudi pour l'arrestation d'Hannibal Kadhafi. Accord pour rétablir les relations bilatérales et mettre sur pied un tribunal arbitral destiné à faire la lumière sur l'affaire. Selon H-R. Merz, Tripoli promet de relâcher les deux Suisses avant le 1er septembre.

1er décembre 2009: Max Göldi et Rachid Hamdani sont condamnés à 16 mois de prison ferme pour «violation des règles sur les visas».

31 janvier 2010: Rachid Hamdani est relaxé en appel pour «séjour illégal».

11 février: La cour d'appel libyenne réduit de 16 à quatre mois de prison la peine de prison de Max Göldi sur le volet «séjour illégal».

18 février: Le ministre espagnol des affaires étrangères Miguel Angel Moratinos rencontre Micheline Calmy-Rey et le chef de la diplomatie libyenne Moussa Koussa à Madrid. M.Moratinos fait état de «progrès» dans la crise entre la Suisse et la Libye.

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