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Politique des transports: la Suisse doit impérativement changer de cap

Pour Francis-Luc Perret, président du groupe d’experts, le bilan n'est pas brillant. Keystone

Des chercheurs dressent un bilan sévère de la politique des transports en Suisse. Selon eux, elle ne permet aucun développement durable. Pour améliorer la situation, les scientifiques misent notamment sur les nouvelles technologies.

Ce contenu a été publié le 29 janvier 2001 - 19:19

Pendant quatre ans, la politique suisse des transports a été analysée sous l'égide du Fonds national de la recherche scientifique. Les résultats du programme national de recherche «Transport et environnement» (PNR 41) ont été rendus publics lundi à Berne.

Or, le bilan n'est pas fameux. «Si l'on ne corrige pas énergiquement le cap, on va au devant de sérieux problèmes financiers, environnementaux et en matière de transports», résume Felix Walter, directeur du PNR 41.

Les chercheurs relèvent notamment que l'actuelle politique des transports ne permet pas un développement durable, c'est-à-dire un développement qui réponde aux besoins du moment sans pour autant porter atteinte aux possibilités des générations futures.

Et la situation ne va pas en s'améliorant. Les analyses du PNR 41 montrent que les besoins économiques, principalement dans le transport des marchandises, la mobilité des loisirs et le trafic aérien, augmenteront massivement au cours des prochaines années. Du coup, les conflits avec les objectifs écologiques vont devenir plus aigus encore.

Les chercheurs illustrent leurs craintes, chiffres à l'appui. Ainsi, le transport aérien est actuellement responsable de 13% des atteintes climatiques; en 2020, il générera environ un tiers des émissions à effet de serre. Autre exemple: les coûts non couverts dus aux transports, qui s'élevaient à 10 milliards de francs en 1995, continueront d'augmenter jusqu'en 2005.

Les autorités suisses ont développé plusieurs réponses à l'augmentation constante du trafic. Elles ont ainsi développé une fiscalité défavorable aux usagers de la route (principe du pollueur-payeur). Elles ont également ouvert de nouveaux tronçons pour lutter contre les goulets d'étranglement du trafic.

Pour les scientifiques, ces mesures ne sont pas suffisantes. Pire: elles peuvent parfois être contre-productives. Ainsi, créer de nouveaux tronçons routiers peut dans un premier temps résoudre les problèmes de bouchons, mais, à terme, une plus grande offre des infrastructures routières augmente le trafic. «Il faut donc sortir de ce cercle vicieux», estime Francis-Luc Perret, président du groupe d'experts du PNR 41.

Les chercheurs estiment donc que l'offre des transports publics devrait être plus complète, ainsi que l'information fournie à leurs usagers. Et certaines pratiques devraient davantage être encouragées. C'est notamment le cas du «car sharing», un système de partage des voitures qui a un grand potentiel de développement.

Pour résoudre le problème des transports, les scientifiques misent également beaucoup sur les nouvelles technologies. De nouveaux moteurs pourraient par exemple faire baisser la consommation de carburant. Mais surtout, la solution passe par les technologies de l'information.

Les chercheurs constatent en effet que le public a de plus en plus accès à des techniques permettant une information en temps réel, comme les téléphones portables. Or, une information correcte permettrait aux automobilistes d'éviter les bouchons. L'utilisation du réseau routier pourrait ainsi être grandement optimisée.

Forts de ces études, les chercheurs du PNR 41 livrent donc aux autorités un catalogue de mesures pour assurer un développement durable des transports. Ils soulignent au passage que la solution passe uniquement par la mise en place de stratégies coordonnées.

Olivier Pauchard

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