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Polanski: une arrestation qui fait du bruit

Keystone

Le cinéaste franco-polonais Roman Polanski a été arrêté samedi à son arrivée en Suisse, en raison d'une procédure américaine lancée il y a 30 ans pour une affaire de mœurs. Une action qui suscite de fortes réactions.

Ce contenu a été publié le 27 septembre 2009 - 18:35

L'Office fédéral de la justice (OFJ) a confirmé l'arrestation de Roman Polanski samedi soir à son arrivée en Suisse sur mandat américain. Le cinéaste franco-polonais est en détention provisoire en attente d'extradition, mais peut faire appel de la décision, selon l'office.

Roman Polanski a été arrêté en 1977 à Los Angeles à la suite de la plainte des parents d'une adolescente de 13 ans. Il avait plaidé coupable de «relations sexuelles illégales». Envoyé en «évaluation» en prison pendant trois mois, il y avait passé 47 jours.

Fin janvier 1978, au lendemain d'une réunion entre ses avocats et un juge lors de laquelle ce dernier avait laissé entendre qu'il allait le renvoyer sous les verrous, Roman Polanski avait pris un avion pour l'Europe.

La procédure courant contre lui à Los Angeles n'a jamais été annulée et le cinéaste n'a pas remis les pieds depuis plus de 30 ans sur sol américain.

En raison d'un mandat international lancé en 2005 et des accords passés avec Washington, la Suisse n'avait pas d'autre solution que d'arrêter Roman Polanski, a affirmé Eveline Widmer-Schlumpf. La ministre de la justice a contesté qu'il s'agisse d'une affaire politique.

«La Suisse n'a pas subi de pression des Américains, a déclaré la Grisonne. La politique n'a rien à voir là dedans.» Et d'insister sur le fait que les règles juridiques et les accords internationaux doivent s'appliquer, et s'appliquer à tous de la même manière.

L'Association suisse des scénaristes et réalisateurs de films proteste contre cette arrestation. Elle estime que c'est un «scandale juridique qui nuira à la réputation de la Suisse à travers le monde» et une «claque dans le visage de tous les producteurs de culture en Suisse».

Frédéric Mitterrand a exprimé dimanche sa «stupeur» et sa «profonde émotion» après l'arrestation de Roman Polanski, citoyen français et polonais. Le ministre français de la Culture a fait savoir qu'il s'était entretenu avec Nicolas Sarkozy, qui souhaite dit-il aussi «une résolution rapide de la situation» permettant au réalisateur de «retrouver les siens au plus vite».

Le ministre français des Affaires étrangères «Bernard Kouchner s'est entretenu avec Mme Micheline Calmy-Rey (conseillère fédérale en charge des Affaires étrangères). Il lui a fait valoir le souhait des autorités françaises que les droits de M. Polanski soient pleinement respectés et que cette affaire trouve rapidement une issue favorable», a indiqué le ministère français des affaires étrangères.

Le chef de la diplomatie polonaise Radoslaw Sikorsk a indiqué qu'il s'adresserait avec son homologue français Bernard Kouchner à la secrétaire d'Etat américaine Hilary Clinton «pour que la partie américaine demande à la Suisse de libérer Roman Polanski détenu en attente d'extradition, et pour qu'elle envisage la possibilité de recours au droit de grâce par le président Barack Obama».

La remise du prix est reportée à une date indéterminée, a indiqué dimanche dans un communiqué le Festival du film de Zurich. Le cinéaste de 76 ans aurait dû recevoir un prix d'honneur pour l'ensemble de son œuvre.

swissinfo.ch avec les agences

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