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Plus vite que l'ouragan

L'ouragan Lothar a montré les limites du système d'alerte. Keystone Archive

Comment tirer efficacement la sonnette d'alarme en cas d'ouragan? Un an après Lothar, le Conseil fédéral demande à MétéoSuisse de trouver une solution d'alerte unifiée.

Ce contenu a été publié le 19 décembre 2001 - 17:51

Il faut dire que la structure actuelle est complexe. En effet, trois organismes gèrent les alarmes en cas d'ouragans ou de graves intempéries: MétéoSuisse, l'Institut fédéral pour l'étude de la neige et des avalanches à Davos et l'Office fédéral des eaux et de la géologie.

Trop d'informations à gérer

«La tâche est effectivement ardue, affirme Peter Rauh responsable de la prévision des intempéries à MétéoSuisse. Même si tous les organismes actuels effectuent au mieux leurs tâches, le flot d'informations à gérer en cas de catastrophe est gigantesque»

Et c'est là que le bât blesse. Pour Peter Rauh, la gestion des alarmes lors de l'arrivée de l'ouragan Lothar a démontré ses limites. «Pour annoncer une tempête, chaque organe utilise ses propres canaux de diffusion», précise le responsable des prévisions.

Or, il faut prévenir en priorité la population afin qu'elle puisse prendre des dispositions rapides. Parallèlement, les autorités, les Offices fédéraux concernés et les médias doivent être tenus au courant de l'évolution, et ceci, sans délai.

«Lothar a été une véritable catastrophe pour le pays, explique Peter Rauh. Toutefois, une gestion plus rapide de l'information et une meilleure coordination entre les services auraient probablement évité certaines situations chaotiques.»

Mieux déléguer

Les structures actuelles sont-elles trop lourdes? «Absolument pas, rétorque Peter Rauh. Les trois organes ont des compétences différentes, mais complémentaires. Elles continueront à travailler de concert.»

Et le responsable des prévisions d'ajouter: «Le Conseil fédéral veut la solution de la centrale d'alarme unique. Cependant, elle n'est envisagée qu'en cas d'évènements d'ampleur nationale. Dans ces conditions, toutes les instances concernées délègueront le travail d'information à cette centrale.»

La centrale d'alarme de Zurich en point de mire

Si MétéoSuisse doit rendre son projet de rapport dans six mois, l'idée d'une centrale unique a déjà fait son chemin. En réalité, la structure existe déjà à Zurich, où se trouve la centrale nationale d'alarme (CENAL).

Ce centre travaille en collaboration avec les services de la Confédération, en cas d'alertes chimiques ou nucléaires. Elle avait d'ailleurs été mise sur pied après l'accident de Tchernobyl.

«Il est évident que la structure de la CENAL est la meilleure solution, affirme Peter Rauh. L'efficacité des canaux d'informations a été testée lors de plusieurs exercices. Et le succès semble au rendez-vous.»

Cela dit, d'autres scénarios sont envisageables. Pour Peter Rauh, la solution de Zurich paraît la meilleure. Mais MétéoSuisse va travailler avec les autres organes pour envisager d'autres possibilités.

«Nous devons encore étudier pour savoir quel est le système d'alarme le plus rapide», précise Peter Rauh. Une étude qui risque de prendre du temps, en raison de la multitude d'organes concernés.

En effet, en plus des trois organes de compétences actuels, l'étude doit se réaliser en collaboration avec le Département fédéral de la défense et le Département fédéral de l'environnement.

Jean-Louis Thomas

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